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L'histoire est l'amande de son écriture
Par Carmen Suárez León Traduit par Alain de Cullant
Pedro Pablo Rodríguez López : Prix National d'Histoire 2010
Illustration par : Alain Kleinmann

Le prix que confère annuellement l'Union Nationale des Historiens de Cuba (UNHIC) vient d'être accordé à Pedro Pablo Rodríguez López, docteur en sciences historiques, académicien émérite de l'Académie des Sciences de Cuba et, surtout, directeur et responsable de l'édition critique des œuvres complètes de José Martí, dans le Centro de Estudios Martianos de La Havane. Il a déjà dédié de nombreuses années à ce travail et il en dédiera encore quelques-unes, en prenant en compte le fait que nous avons 22 tomes publiés sur approximativement les 40 qui contiendront toute l'œuvre de l’illustre cubain et classique de la littérature universelle, accompagnés des indices et des notes qui facilitent et enrichissent sa lecture. Ses études sur la vie et l'œuvre de José Martí l’ont accompagné depuis ses débuts, ainsi, son premier article, publié dans Pensamiento Crítico en 1973, s’intitule : « La idea de liberación nacional en José Martí » (L'idée de libération nationale chez José Martí).

 

Plusieurs savoir-faire ont occupé sa vie, entre eux le journalisme dans les plus divers médias, l’enseignement ou la recherche. Dans tous, l'histoire est l'amande de son écriture, du scénario pour la radio à la chronique, de l'article d'opinion à celui d'investigation, quand il offre un cours, une conférence ou quand il nous présente un de ses livres. Il a obtenu le prix UNEAC (Union des Écrivains et des Artistes de Cuba) de littérature « Enrique José Varona » en 1986 pour son essai La primera invasión (La première invasion), où il dévoile une analyse soigneuse de l'invasion de Guantánamo en 1871 par les troupes du Generalísimo Máximo Gómez. Avec ce texte, il a offert un nouvel apport à l'historiographie cubaine sur un thème à peine touché par les historiens. Et en 2003 son livre De las dos Américas (Des deux Amériques) a gagné le prix de la critique, pour ne citer seulement que deux des reconnaissances et des prix reçus. L'année dernière on lui a conféré le Prix des Sciences Sociales et Humanistes 2009.

 

Il a été créditeur de plusieurs décorations le long de sa carrière. Entre elles nous pouvons mentionner : la Distinction « Pour la Culture Nationale » (1996), la Médaille Alejo Carpentier (2003), l’Ordre Carlos J. Finlay (2005), la Distinction « La utilidad de la virtud », accordée par la Société Culturelle José Martí (2006) et la Distinction « Pensar es servir » accordée par le Centro de Estudios Martianos. (2010).

 

Ceux qui travaillent avec lui dans l'équipe de chercheurs qui réalisent l'édition critique des œuvres complètes de José Martí, nous nous sentons aussi honorés par tous ses mérites, et nous apprécions surtout son esprit de collaboration constante, et sa condition chronique de maître, mais de maître toujours disposé à apprendre de tout le monde. À travers les années nous avons partagé des intenses journées de travail, débordant franchement les limites du journalisme et de l'histoire dans le sens strict de chacune de ces disciplines, pour mener à bien des tâches d’édition et les persistances philologiques indispensables et constantes pour notre travail avec les textes imprimés ou manuscrits de José Martí. Sa bonne humeur préside de si méticuleuses, épuisantes et bénies persistances, capables d'offusquer n’importe qui, mais pas Pedro Pablo, dont la patience résiste gaillardement aux plus ardues crises éditoriales et de recherche.

 

Dans son domaine il a une grande bibliographie, non seulement conformée par son œuvre exclusive, mais par des anthologies qui rassemblent ses travaux et ceux de ses compagnons, offrant ainsi des textes de grande valeur pédagogique pour les enseignants et les étudiants. Constamment assesseur, il mène à bien des tutelles de thèse et de maîtrise. En fin que nous sommes devant un professionnel de la culture possédant un spectre très vaste, ayant apporté de notables contributions à l'historiographie nationale à travers l'écriture et l'enseignement, dont l'œuvre est justement reconnue avec le Prix National d'Histoire.