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Gary Cooper, un acteur qui se sentait comme chez lui à Cuba
Par Leonardo Depestre Catony Traduit par Alain de Cullant
Ami d’Ernest Hemingway – il est l'un des habitués de la Finca Vigia, dans la banlieue de La Havane.

L’acteur Gary Cooper a visité l'île de Cuba plusieurs fois, ses visites n’étaient pas de travail, mais tout le contraire : l'acteur était en quête de la bonté du climat, de la compagnie d’amis de longue date et d’un peu de calme dans sa vie trépidante.

On sait qu’il est venu à la fin du mois de décembre 1950 et pour ses liens avec Ernest Hemingway ‒ il a joué dans les versions cinématographiques  de Pour qui sonne le glas et L’adieu aux armes – il est l'un des habitués de la Finca Vigia, dans la banlieue de La Havane, où l'écrivain nord-américain avait sa résidence et recevait ses amis. Après plusieurs décennies, il n'est pas difficile d'imaginer les deux hommes, dégustant un daiquiri, assis au bar du restaurant Floridita dans la Vieille Havane.

Il semble que la dernière visite de l'acteur a coïncidé avec le premier Grand Prix d’Automobile de La Havane, en février 1957, à cette occasion il a signé des autographes à ses admirateurs alors que les havanais regardaient courir les as mondiaux du volant et spécialement le champion de l’époque, Juan Manuel Fangio.

L’acteur avait 56 ans, son visage et sa physionomie révélaient les traces de fatigue et le mauvais état de sa santé, Gary Cooper n’a vécu que soixante ans.

Bien que ses qualités comme cavalier lui aient ouvert les portes des studios de cinéma, Gary Cooper a démontré être un acteur en mesure de convaincre les metteurs en scènes, les critiques et de très nombreux admirateurs. Il a été très longtemps une des étoiles les plus populaires.

La preuve de son acceptation par les connaisseurs sont les Oscars qu’il a remporté comme meilleur acteur dans le film Sergent York (1941) et Seul face au danger (1952) ; un troisième Oscar lui a été remis en 1960, à titre honorifique, pour ses interprétations mémorables et son apport à l'industrie cinématographique. En outre, il a été nominé à trois reprises : en 1936 pour Le secret de la vie ; en 1942 pour L’orgueil des Yankees et l'année suivante pour le film Pour qui sonne le glas.

Un véritable acteur

Il a travaillé avec ses parents au ranch avant d'être acteur. Il a abandonné ses études universitaires d’art, en Iowa, et il s’est installé à Hollywood où il a débuté en 1925 dans L’heure maudite ; il a également pris part à plusieurs courts-métrages et enfin il a interprété des seconds rôles dans les westerns. Il a pris le pseudonyme de Gary Cooper (son véritable nom est Frank James Cooper) quand il a travaillé pour la compagnie Paramount. Il a eu son premier grand rôle en 1926 dans le film The Winning of Barbara Worth, dirigé par Henry King pour la Metro-Goldwyn-Mayer. Puis sont venus les films Les Ailes, The Virginian…et  il devient bientôt l'un des acteurs plus populaires des films parlants à Hollywood.

Il a travaillé avec les plus cotées et belles actrices : Clara Bow, Gloria Swanson, Marlene Dietrich, Helen Hayes, Claudette Colbert, Jean Harlow, Ida Lupino, Barbara Stanwyck, Merle Oberon, Ingrid Bergman, Lilli Palmer, Sara Montiel, Grace Kelly, Audrey Hepburn, Mary Schell ou Rita Hayworth, parmi de nombreuses autres.

S'il s'agit de metteurs en scènes, il a travaillé sous les ordres de Victor Fleming, King Vidor, Frank Capra, Cecil B. Mille, Michael Curtiz, Fred Zinnemann, Robert Aldrich, Billy Wilder ou Anthony Mann, parmi d'autres.

Naturel et sobre dans son interprétation, grand et mince avec une personnalité scénique le projetant comme un homme du commun, dans ses nombreux films Gary Cooper nous a laissé la sensation de vivre ses personnages, l'une des conditions premières du bon acteur.