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Ernán López-Nussa: « L’illuminateur des nouveaux talents ».
Par José Dos Santos Traduit par Alain de Cullant
Veinte pianos est un disque qui peut être lu et un livre qui l’on peut écouter sur un support numérique.
Illustration par : Mariano Rodríguez

Combiner le texte, les images et les sons avec une pédagogie interactive, dans un domaine inédit, brise les obstacles et oblige à parler d'un avant et d’un après de l’œuvre lauréat du  Grand Prix Cubadisco 2012 et du Premier Prix Discographique de l’ALBA.

Veinte pianos (Vingt pianos), est un disque qui peut être lu et un livre qui l’on peut écouter sur un support numérique, c’est un multimédia qui a commencé comme une idée de texte d’ Ernán López-Nussa  et qui, grâce à l'imagination et l’audace de Martha Bonet, l’actuelle directrice de la maison discographique Colobrí, est devenu l'album le plus primé de ces dernières années à Cuba, enregistré dans les studios Abdala.

Le pianiste, compositeur et leader musical, a souligné que son objectif initial était de faire un livre avec des partitions pour l'enseignement artistique, avec « l’intention d’approcher les étudiants à la musique populaire » à travers des œuvres qu'il a écrites au long de sa carrière, dont certaines conçues pour les jeunes en particulier. C'est le cas de ses neveux, Harold et Ruy López-Nussa.

L'idée a grandi et a donné lieu à un disque avec 20 de ses œuvres interprétées par 16 artistes, la majorité des étudiants de différents niveaux de l'éducation musicale, dont un grand nombre sont déjà diplômés.

Le matériel sonore conventionnel, de la maison Cinquillo, se somme à un DVD contenant, en trois langues, le tournage des rencontres d’ Ernán avec chacun de ses jeunes interprètes, un documentaire sur la réalisation de ce rêve sonore et pédagogique intitulé Revelaciones, d’Ileana Rodriguez, et un multimédia avec les partitions et d'autres contenus comme le graphique.

J'ai eu un contact avec l'œuvre monumentale lors des travaux du jury Cubadisco 2012, dans lequel il a remporté trois catégories (Didactique, CD-DVD et Documentaire) et où il aspirait à d’autres telles que Design, Note Discographique (à la charge de Roberto Chorens) et Enregistrement.

Dès le premier moment j'ai été impressionné par l'ampleur de l'objectif : apporter la création d'un solide artiste académique, mais fortement impliqué dans la musique extra classique - des ballades au jazz – à ceux qui ne reçoivent pas de tels enseignements dans les salles de classe.

Je sais ce que fait Ernán depuis de nombreuses années et je ne suis pas surpris par son ambitieux dessein pour éduquer ceux qui suivent ses empreintes, leur fournissant des outils pour déployer leurs ailes. La chose remarquable était de connaître un segment important de l'immense flux de talents qui sont déjà sur ce chemin.

Le haut niveau technique et artistique de ses élèves a été complété par une dynamique particulière. Ils ont assimilé les conseils et les instructions de l'auteur et tuteur, mais ils n'étaient pas de simples récepteurs des enseignements. Ils interagissaient avec leurs critères pour transformer le matériel qu’on leur confiait… et qui, pour moi, est le jazz, a dit Ernán.

La rigoureuse et compétente Nery Gonzalez Bello, musicologue et président du jury du Cubadisco a expliqué, je cite l’Agencia de Información Nacional : « Veinte pianos est un produit très complet et une œuvre nécessaire pour les écoles de musique grâce au répertoire sélectionné et son objectif d’apporter des pièces contemporaines d'auteurs cubains dans les salles de classe ».

La donation de cet ouvrage de la part d’Ernán et de Cilibrí aux écoles d’art du pays revêt une signification spéciale, une invitation de facto pour être utilisés au-delà des programmes d'études axés sur la préparation des étudiants sur le côté classique de la musique.

Tous ceux qui, d'une façon ou d’une autre, ont été en contact avec la formation et/ou le développement musical à Cuba, ont ressenti l'absence de ponts dans les conservatoires, les écoles et  les autres institutions liant l'étude des classiques et d'autres variantes, ce qui est de plus en plus incompatible avec le potentiel créatif des Cubains. Même une chaire de musique populaire n'est pas encore suffisante dans un monde où des sphères telles que le jazz compte des écoles au niveau latino-américain, sans parler des autres zones géographiques.

La maturité précoce des jeunes qui se joignent au projet d’Ernán converti en disque polyvalent, possible grâce au moment technologique que nous vivons actuellement, élève l’esprit et élargit les horizons de la bien nommée « musique de concert contemporaine cubaine ».

Le moment où le classique et le populaire se donnent la main dans les salles de classe cubaines est-il venu ? Dans l'affirmative, dans le futur, il faudra parler de Veinte pianos comme un tournant entre un hier et un demain encore plus prometteur pour la musique cubaine.

José Juan Ortiz Brú, représentant de l'Organisation des Nations Unies pour l’Enfance à Cuba, lors d'une rencontre avec les journalistes, a offert des antécédents moins connus du travail du créateur cubain, dont la valeur a été reconnue par l'UNICEF en le désignant comme l'un de ses cinq Ambassadeurs de Bonne Volonté de Cuba, les autres étant Raul Paz, Lizt Alfonso, La Colmenita et X Alfonso. José Juan Ortiz Brú a donné le meilleur titre que l’on puisse conférer aujourd'hui à Ernán López-Nussa: « L’illuminateur des nouveaux talents ».