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Un toast pour le 195e anniversaire du Floridita
Par Miriam Valdés Casamayor Traduit par Alain de Cullant
À 195 ans de son ouverture, le Bar Restaurant Bar El Floridita maintient sa réputation mondiale comme « Le Berceau du Daïquiri.
Illustration par : Mariano Rodríguez

À 195 ans de son ouverture, le Bar Restaurant Bar El Floridita maintient sa réputation mondiale comme « Le Berceau du Daïquiri », des raisons qui nous invitent à porter un toast pour les saveurs et les secrets de cet endroit du centre historique havanais.

Un panneau rectangulaire identifie l'installation à l'intersection des rues Obispo et Monserrate et sur le visage de ceux qui le regardent apparaît une expression d'admiration et de curiosité pour l'histoire qui a donné la renommée à cet endroit centenaire.

El Floridita a été fondé en 1817, très proche de l'une des portes de la muraille de La Havane. À cette époque c’était seulement une taverne où venaient des musiciens, des militaires et des comédiens pour déguster les délicieux cocktails à base de genièvre, le typique vermouth « volontaire », le cherry brandy ou la liqueur d’ananas.

Des chroniqueurs référent que des dames venaient aussi jusque là, dans leurs quitrines (cabriolets), sous leur ombrelles de soie, pour déguster des pâtes de fruits, des sorbets et des verres de savoureux jus de fruits cubains.

C’est à partir de ce moment que la taverne, alors appelée La Piña de Plata, a atteint une certaine réputation.

De taverne à bar restaurant

Selon les sources journalistiques, après l'intervention militaire des États-Unis, la demeure aux grandes fenêtres est devenue le point de rencontre d'une large clientèle nord-américaine. À l’instauration de la République, la taverne La Piña de Plata a reçu le nom de La Florida, mais se sont les clients qui ont commencé à l'appeler Floridita. Un tel changement permettait aux clients de différencier la taverne avec le bar de l'hôtel Florida, lui aussi célèbre et à proximité, à l'angle des rues Obispo et Cuba. Aujourd'hui, les deux sites du centre historique havanais ont gardé leurs noms.

Constante, l’inventeur du Floridita

Grâce à l'ingéniosité de ses barmans, le Floridita proposait de nouvelles offres en plus des simples boissons primitives, donnant à l’endroit un air de modernité du XXe siècle. Le Catalan Constantino Ribalaigua Vert est arrivé avec cette nouvelle vague en 1914, comme employé, et quatre ans plus tard il a acheté le bar avec deux autres travailleurs.

Constante, comme l’appelaient ses amis, a convaincu ses associés de lui vendre leurs parts. Plus tard, il a acheté la propriété du Floridita par son esprit d'entreprise et son initiative comme barman, acquise dans certains des meilleurs bars de la capitale.

Constante, durant vingt ans, à fait un rite professionnel de son art et, quand il est mort à La Havane, en 1952, Ernest Hemingway a écrit : « Le maître des barmans est mort. Il a inventé le Floridita. »

Entre les secrets et les saveurs

Sur le seuil, un rideau de velours rouge donne la bienvenue au Bar Restaurant El Floridita. Dans le centre, deux piliers de marbre séparent le célèbre bar de la salle à manger se distinguant par les variés plats de fruits de mer et de poissons. Plus que l'offre, le visiteur curieux recherche et découvre à l'extrémité gauche du bar l’hommage permanent à Ernest Hemingway qui a immortalisé le lieu avec sa présence habituelle et ses écrits.

Le Floridita conserve un hommage au célèbre auteur du roman Le vieil homme et la mer. Sur le mur de son coin préféré, on peut admirer un buste de l'écrivain étasunien, placé par des amis en 1954, après qu’il a reçu le Prix Nobel de Littérature. On peut également apprécier une série de photographies de l'écrivain avec ses amis, comme un témoignage que venir au Floridita était le meilleur cadeau, en plus de trinquer avec un daïquiri « Papa Doble » - sans sucre et avec une double dose de rhum - préparé par Constante.

L’attention du visiteur est attirée par la statue en bronze d’Ernest Hemingway, grandeur nature, à l’endroit où il avait l’habitude de s’asseoir. On le voit sur son tabouret, appuyé sur le bar, dégustant son daïquiri, un cocktail que les disciples de Constante élaboraient chaque jour. L’œuvre a été réalisée en 2003 par José Villa Soberón, reconnu pour ses sculptures de John Lennon et du Chevalier de Paris, le plus célèbre vagabond de La Havane.

José Villa Soberon a réalisé la sculpture d’Ernest Hemingway en se basant sur des portraits et des photos de l'écrivain, qui a vécu longtemps à Cuba, depuis les années trente jusqu'au début des années soixante, un an avant de se suicider dans sa maison en Idaho.

Grâce au professionnalisme de ses travailleurs, à 195 ans de son ouverture, le Bar Restaurant El Floridita maintient sa réputation mondiale, des raisons qui nous invitent à porter un toast pour les saveurs et les secrets du « Berceau du Daïquiri ».