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Lettres de Cuba : Février 2011
Par Martha Sarabia Romero Traduit par Alain de Cullant
Ce numéro de la revue Lettres de Cuba se centre fondamentalement sur deux événements de grande importance dans notre pays
Illustration par : Antonio Vidal

Ce numéro de la revue Lettres de Cuba se centre fondamentalement sur deux événements de grande importance dans notre pays : la 52ème édition du Prix Littéraire Casa de las Américas et la Foire Internationale du Livre Cuba 2011, dédiée cette année à Jaime Sarusky, Prix National de Littérature 2004, et à Fernando Martínez Heredia, Prix National des Sciences Sociales 2006. Cet événement rendra aussi hommage au Bicentenaire de la première indépendance d’Amérique Latine, au 220ème de la Révolution Haïtienne et à la première déclaration de l'abolition de l'esclavage, et aura, comme invité d’honneur, les cultures des pays membres de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique (ALBA) – Nicaragua, Venezuela, Bolivie, Équateur, Dominique, Antigua et Barbuda, Saint-Vincent et les Grenadines et Cuba-.

 

Les œuvres qui illustrent notre revue appartiennent à Antonio Vidal, Prix National des Arts Plastiques 1999, pour qui la conception de l’abstractionnisme est née d’une légitime nécessitée expressive.

 

Dans Rencontres nous présentons les deux interventions qui ont eu lieu dans la salle Che Guevara de la Casa de las Américas, le 17 janvier, où le vice-président de l’Etat Plurinational de Bolivie, Álvaro García Linares était l'orateur invité, définissant la Casa comme un grand laboratoire, une grande usine de production des idées et un lieu fondamental et unique dans la construction d'une culture universelle des Latino-américains durant les cinquante dernières années. À son tour, Roberto Fernández Retamar, président de cette prestigieuse institution, a donné la bienvenue aux intellectuels membres du jury et a annoncé que la Casa entreprend un nouveau Programme qui s'occupera des cultures originaires d’Amérique, y compris du Canada et des Etats-Unis. Il a souligné qu'il s'agit d'aborder les cultures des descendants des uniques authentiques découvreurs de ce qui allait être nommé l'Amérique ; et qu'il est fondamental de le mener à bien en prenant en compte non seulement leur histoire, mais surtout leur présence.

 

L'interview a été réalisée par Ciro Bianchi Ross à Jaime Sarusky. Le journaliste reconnaît que Jaime Sarusky a été la personne la plus difficile à interviewer de sa déjà longue carrière. Il rapporte que durant les cinq heures de l’entrevue, distribuées en deux sessions de travail, Jaime Sarusky ne s’est pas détendu un seul moment et qu’il a toujours été sur la défensive. Il a éludé des questions, il a éliminé des adjectifs, il a insisté sur ce qui lui paraissait le plus nécessaire et il a eu recours à des textes écrits pour armer ses réponses, mais, toutefois, il ne lui a pas permis de les annoter.

 

Dans Lettres nous publions un fragment du roman Rebelión en la octava casa, de Jaime Sarusky, publié pour la première fois en 1967, qui s'inscrit dans la littérature qui a développé la thématique de la lutte clandestine contre la dictature de Fulgencio Batista. Cette œuvre a été valorisée par Alejo Carpentier, signalant : « Le roman de Sarusky est d'une originalité remarquable. Il a pour protagoniste le danger de ce que signifie la rue pour deux révolutionnaires ; mais aussi un danger indéfini, mystérieux, rare, astral de ce qui signifie la maison où ils ont été accueillis. Il y a des moments où le danger de la maison devient plus angoissant que le danger circonstanciel »

 

Dans Trésors, comme nous l’avions déjà annoncé au mois de janvier, nous continuons à aborder l'histoire de Baracoa. Alejandro Hartman, en prenant en compte  les chroniques des conquérants et sur les recherches de prestigieux archéologues, anthropologues et scientifiques, nous décrit les Indiens de la première ville fondée à Cuba en 1511.

 

Avec la rigueur de l'analyse et la recherche, Fernando Martínez Heredia nous signale en premier lieu le rôle de la Révolution Haïtienne dans l'histoire de notre continent. Il valorise que la grande leçon d'il y a deux siècles est que seulement la violence révolutionnaire a pu être efficace pour obtenir que les individus et les groupes sociaux refusent et transcendent leur situation de colonisés ou leur condition servile et agissent en conséquence, pour qu’ils soient très subversifs dans leurs pratiques, qu’ils se sacrifient, qu’ils persistent pendant les circonstances les plus difficiles, qu’ils s'organisent militairement et politiquement, qu’ils surpassent jusqu'où cela a été nécessaire les divisions dans les castes qu’ils avaient et dans les idées et les sentiments correspondants, qu’ils changent ou se rééduquent eux-mêmes en bonne mesure, qu’ils créent de nouvelles institutions et des relations, qu’ils vainquent leurs ennemis et qu’ils instituent des pays qui seraient reconnus et appréciés comme tels et des masses de personnes qui étaient ou aspiraient à être leurs citoyens.

 

La présence d'immigrants français à La Havane métropolitaine (1901-1930) de Michael Cobiella García, chercheur de la Fondation Fernando Ortiz aborde une des vagues migratrices qui est profondément en relation avec l'histoire sociopolitique, économique et ethnoculturel de Cuba durant les époques moderne et contemporaine.

 

Dans Les Arts, la Docteur Graziella Pogolotti dans son article Technocratie, humanisme et culture nous invite à la réflexion sur la nécessité de s’engager dans la refondation nécessaire de l'humanisme qui n'est pas une pure spéculation des rêveurs. Elle souligne que la culture est la mémoire vivante des peuples, porteuse de son devenir historique, de son imaginaire, de ses croyances, de ses valeurs et de ses coutumes, de son identité.

 

La journaliste et critique d'art Virginia Alberdi accentue la répercussion de l'œuvre d’Antonio Vidal, Prix National des Arts Plastiques 1999. Un homme qui, pour son œuvre et sa propre personne, constitue un témoignage vivant de la façon dont se créolise, avec des caractéristiques propres, un des mouvements esthétiques d'une plus grande amplitude dans les arts plastiques du XXème siècle, il devient une référence indispensable de l'art abstrait cubain.

 

Le dramaturge et écrivain Nicolás Dorr présente le plus récent film du réalisateur Lester Hamlet, basé sur l'œuvre théâtrale La Casa Vieja d'Abelardo Estorino. Selon Nicolás Dorr, ce fut, sans aucun doute, la première pièce combative et interrogative du théâtre révolutionnaire cubain.

 

Dans la section Lire Martí nous continuons avec la onzième partie de la chronique La Fête de la Statue de la Liberté.