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Yolanda Wood. Une invitation à repenser la Caraïbe depuis l'art
Par Mildrey Ponce Traduit par Alain de Cullant
La Caraïbe est peut-être un des territoires du monde où l’on voit la plus grande quantité de stéréotypes et d’images déformées.
Illustration par : David Kessel

Plus de vingt ans dédiés à l'étude de la région de la Caraïbe, ont doté la reconnue professeur et investigatrice cubaine Yolanda Wood d’une sagesse impressionnante sur l'étude du développement culturel et artistique de cette zone géographique. Son plus récent texte, Islas del Caribe. Naturaleza-arte y sociedad, le confirme.

Considéré par de nombreux spécialistes comme un texte de grande importance, sans précédent dans l'historiographie de l'art de ce territoire, aussi bien à Cuba que dans le reste de la région, cette étude détaillée est un parcours sur l'art caribéen insulaire depuis les origines préhistoriques jusqu’à nos jours.

Comme une partie des activités du programme de la Onzième Biennale de La Havane, le livre a été présenté au public intéressé qui, aux dires de son auteur, « recueille plus de 60 œuvres d’artistes de la région », en même temps qu'il offre de nombreuses lumières sur les particularités qui définissent la région de la Caraïbe comme espace culturel, et où se combinent l’histoire, la société et l'environnement. »

Selon le Docteur José Antonio Baujin, Doyen de la Faculté des Arts et des Lettres de l’Université de La Havane et éditeur de l’ouvrage « La Caraïbe est peut-être un des territoires du monde où l’on voit la plus grande quantité de stéréotypes et d’images déformées. L'art de la Caraïbe, tel que la Docteur Yolanda Wood le démontre, est devenu un espace de la résistance. […] On ne doutera pas d’affirmer que ce livre constitue un point de repère dans les études de l'histoire de la Caraïbe. Il s’étend sur l'art de toutes nos îles avec leur diversité et leurs différences. Il résulte donc une voie pour mieux nous connaître, pour nous présenter au monde avec le visage que nous identifions nous-mêmes ».

Lors de la rencontre, Yolanda Wood a offert ses remerciements à tous les artistes rassemblés dans son livre pour avoir accepté de répondre à ses questions et de faciliter les droits de leurs œuvres reflétées dans Islas del Caribe. Naturaleza-arte y sociedad. Elle a aussi ajouté :

« J'ai décidé de faire une étude de l'histoire de l'art de cette région, une histoire de l'art qui ne pourrait pas être comme celle que j’avais appris à l'Université ou comme celle que j’avais de l'art en Europe ou en d'autres parties du monde. Cela devait être une histoire de l'art imminente, qui sort de lui-même la particularité des peuples qui y habitent. C'est ce que j'ai fait durant vingt-cinq  ans dans mes cours systématiques à l'Université, et non seulement à Cuba, mais dans d'autres pays. »

Yolanda Wood, a également accepté de m'offrir des déclarations exclusives, que je suis heureuse de partager avec les lecteurs de Cubanow.

Considérez-vous ce livre comme le sommet de votre longue carrière d’investigatrice ?

Bien que j’aie beaucoup de désirs de faire plus, je pense que ce chef-d’œuvre puisse être déjà écrit ou qu’il ne soit pas encore conçu. Je crois que l’important est de suivre ce chemin des études de recherche et pouvoir apporter une documentation aux futurs historiens de l'art où se place la valeur de la production artistique de cette région si riche mais vue aussi, en de nombreuses occasions, à travers un prisme chargé de stéréotypes et de regards faussant la richesse et la diversité que nous possédons. Donc je continuerai.   

Combien de pays avez-vous parcouru et combien de temps vous a pris la compilation des informations nécessaires pour réaliser ce livre ?   

Je n'ai pas voyagé pour le faire mais ce sont plutôt les voyages qui m’ont servi pour écrire le livre. Ce fut un voyage d'études très long pendant lequel j'ai uni des informations et où j'ai réalisé un travail systématique avec les artistes, avec les peintres de la région. C’est un livre qui accumule une connaissance de vingt ans, un livre que J’ai écrit en quelques mois mais qui n’est rien d’autre que le résultat du travail de nombreuses années. 

Pourquoi cette passion pour la Caraïbe ?

Tout d'abord pour prendre conscience que nous appartenons à cette région. Parfois nous ne sommes pas si conscient que nous appartenons à cette région, ni qu'il s'agit d'une appartenance culturelle, essentiellement culturelle. La façon dont se tissent les fils de cette relation reliant les territoires, les pensées, la culture, m'a toujours beaucoup attiré. Ensuite, quand j'ai terminé mes études universitaires, je me suis rendue compte que le mot Caraïbe avait à peine été mentionné au long de ma carrière et j’ai pensé que pour une historienne de l’art il était essentiel de placer aussi un point de proximité artistique sur ces îles voisines faisant partie d'un archipel commun.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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