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La présence des immigrants français dans La Havane métropolitaine (1901-1930)
Par Michael Cobiella García Traduit par Alain de Cullant
Cuba a reçue une très nombreuse immigration et une influence des ethnies et des cultures venues de quasi tous les continents du monde.
Illustration par : Antonio Vidal

Cuba est une nation qui, comme produit de sa position géographique stratégique, dans la Mer des Caraïbes, à l'entrée du Golfe du Mexique, et près des côtes des Etats-Unis, du Mexique et d'autres petites îles des Antilles, a reçue une très nombreuse immigration et une influence des ethnies et des cultures venues de quasi tous les continents du monde. Différents peuples, ayant des composants ethniques variés et diverses traditions et identités culturelles, ont contribué à la formation de la nationalité et de la nation cubaine. Le présent article a l'objectif d'aborder une des vagues migratrices qui est profondément en relation avec l'histoire sociopolitique, économique et ethnoculturel de Cuba durant les époques moderne et contemporaine. Cette migration, concrètement, est la française. Toutefois, dans ce travail on abordera essentiellement un versant très peu connu et étudié, jusqu'à présent, sur l'immigration française à Cuba. Dans le spécifique on prétend faire connaître certaines manifestations de la présence des composants français établis temporairement, ou de façon permanente, dans la ville de La Havane durant les trois premières décennies du XXème siècle.

 

La fin de la domination espagnole sur Cuba en 1898, la période d'occupation militaire étasunienne de 1899 à 1902 et la proclamation de la République cubaine le 20 mai 1902, a ouvert une nouvelle étape pour l'immigration française qui, bien qu'elle ait continué à affluer pendant les trois premières décennies du siècle, ne l'a pas fait avec la magnitude du XIXème siècle. La zone géographique ayant reçu ces nouveaux immigrés français a été la province de La Havane et, spécialement, la capitale. Les principales raisons étaient historiques et économiques. La Havane métropolitaine était la ville idéale pour le développement des principales activités économiques et commerciales et même culturelles qui se développaient le long de tout l'archipel cubain. La grande ville, en elle, présentait toute une série de caractéristiques qui se conciliaient avec les objectifs du capital industriel et financier français et de la colonie des immigrants français qui y était établie.

 

Les recensements officiels de la république rassemblent des chiffres et d'autres données quantitatives d'intérêt sur la présence des composants ethniques français à Cuba, et spécifiquement à La Havane, pendant les trois premières décennies du XXème siècle. Le recensement de 1907, le premier de l'époque républicain, présente le chiffre de 1476 immigrants en provenance de France et établis à Cuba. De cette quantité, un total de 620 (308 hommes et 312 femmes) étaient établis à La Havane. Le recensement de 1919, pour sa part, enregistre la quantité de 2 340 résidents français dans le pays, dont 640 vivant dans la capitale : 271 hommes et 373 femmes. Finalement, le recensement de 1931 fait apparaître le chiffre de 1 495 français établis dans le pays, avec un total de 792 à La Havane. Regrettablement ce dernier recensement ne ventile pas la population française résidante dans la capitale selon son genre.

 

Durant les deux premières décennies du XXème siècle, l’immigration française a constitué le second composant ethnique européen qui a le plus immigré à Cuba, derrière les composants ethniques hispaniques, spécialement des Galiciens et des Asturiens. Apparemment, pendant la troisième décennie du siècle, l'immigration française qui arrivait à Cuba, et à La Havane, a diminué progressivement, même si on ne compte pas de chiffres démographiques spécifiques sur cette immigration, dans la période allant de 1920 à 1930, pour soutenir ce critère. Mais nous pouvons établir qu'au début de la quatrième décennie du XXème siècle – vers 1931 – les immigrants français étaient alors le troisième groupe ethnique européen établi à Cuba, surpassés seulement par les Hispaniques et les Britanniques. Dans la période comprise entre 1901 et 1930, les immigrants français ont continué à arriver à La Havane métropolitaine provenant principalement des régions méridional et occidental de la France, spécialement des départements côtiers, des importantes villes portuaires comme Bordeaux, Nantes, Marseille ou Toulon, et de grandes villes de l'intérieur comme Paris, Lyon, Toulouse, Rouen, Saint-Lô, Tourcoing, etc.

 

D'autre part, dès le début du XXème siècle, l'immigration française en association avec les nombreuses entreprises et sociétés commerciales ayant des maisons mères en France, dont un grand nombre avaient une représentation commerciale directe ou indirecte dans la ville, a contribué significativement à la culture générale de la capitale, surtout dans le secteur de l’appelée culture matérielle, bien qu'ayant d'importants liens dialectiques avec la culture spirituelle. Au début du XXème siècle, et un peu après, avec l'établissement de la République bourgeoise en mai 1902, la France, ou plutôt, le capital des investissements et le commerce français occupaient une position d'avant-garde dans l'économie cubaine, seulement dépassés par la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l'Espagne. Les investissements français étaient dirigés fondamentalement vers les secteurs des finances, les institutions bancaires et d'assurances ; l'industrie, les industries sucrière et sidérurgique ou mécanique ; l'agriculture, les propriétés agricoles liées à la culture de la canne de sucre principalement ; ainsi que vers le secteur des services et des propriétés d’immeubles.   

 

De ces investissements, ceux liés avec le secteur de l'industrie, de l'agriculture sucrière ou pas et des services publics (communications par câbles), se trouvaient hors de la scène havanaise. Dans le cas des investissements liés avec le secteur des finances et des propriétés d’immeubles, les plus importantes pour la quantité du capital investi, ils se concentraient logiquement à La Havane. Le capital bancaire français avait une présence directe à travers la Banque de La Havane, fondée en 1906. De même, vers la première décennie du XXème siècle, la participation individuelle existait, comme celle des directeurs et des actionnaires, au moins de deux investisseurs français à la Banque Espagnole de l'Île de Cuba. Ce furent les cas des connus Pablo Boulanger et Enrique Schueg. L'autre présence française dans le secteur financier, et de fait la plus importante et stable diachroniquement, était dans le secteur des assurances privées. Dans ce domaine plusieurs compagnies françaises se sont lancées à la conquête du marché havanais, en concurrence ouverte avec les puissantes maisons d’assurances britanniques, étasuniennes, allemands et cubaines. Ainsi, deux des principales sociétés d’assurances françaises présentes dans la capitale pendant cette période étaient la Société Française des Assurances Mutuelles et L’Union.

 

Toutefois, malgré l'existence en rien négligeable des investissements de capitaux français dans un secteur si important, et l'économie havanaise toujours croissante, la présence économique des immigrants français s’appréciait beaucoup plus dans l'activité commerciale des commissions et de l’import-export réalisée dans la capitale par un groupe pas très nombreux de commerçants français, mais puissant et ayant une très bonne renommée et de bonnes relations. Ces individus, dont certains vivaient même à La Havane depuis la moitié ou la fin du XIXème siècle, ont laissé une véritable empreinte dans les activités commerciales et de commissions de cette ville durant toutes ces années. Leurs activités dans le domaine économique et commercial, et leur position sociale, leur ont permis de représenter juridiquement un grand nombre d’organismes corporatifs français, ayant une maison mère en France ou à La Havane. En plus du fait que beaucoup d’entre eux sont parvenus à constituer leurs propres compagnies, généralement commerciale et de services, dans cette capitale.

 

La présence commerciale française, commissions et import-export, est devenue très évidente, et paradigmatique, dans des secteurs comme le commerce de produits somptuaires (bijoux, horlogerie et chaussures luxe, parfumerie, peausserie, etc.) ; parapluies et chapellerie ; produits de bain et hygiène générale ; produits pharmaceutiques et médicaux ; matières premières ferreuses et non ferreuses ; matériels pour la construction ; bourrellerie ; instruments de musique ; alimentation ; pâtisserie ; vins et liqueurs fines importées ; vente et importation de divers types de tissus, de toiles et de vêtements, confectionnées avec des fibres naturelles ou synthétiques, provenant des très célèbres, et très à la mode, maisons de confections et de dessins de la mode parisienne. Certain de ces commerçants, et des établissements commerciaux, les plus importantes et connus dans la période 1901-1930 étaient : Brandiére y Cía.; Bridat y Cía. ; Briol y Cía. ; S. en C. ; Brunschwig y Cía., liée aussi aux firmes françaises Antigua de Mendy ; Casa Potin y Pont ; Restoy y Cía. ; J. Chavaray y Cía. ; Edgardo Descamps ; René Dussaq, de la Dussaq y Gohier, plus tard Dussag y Cía. et Dussaq y Toral S.A ; Raimundo Elissalt ; René Le Fébure, propriétaire de l'Hôtel Royal dans le Vedado, vers 1916 ; Ernest Gaye, représentant de la célèbre compagnie Transatlantique Française du Havre (Vapeurs de passagers et de marchandises) à Cuba ; Robert Karman ; J.B. Loustau et Hnos. ; Mme. Monin ; Henry Racle ; Juan Recalt ; Mme. Susan Souillard ; Stetten y Cía. ; Mme. Labrousse Tissier, etc.

 

La conjugaison de trois éléments transcendantaux comme les investissements de capitaux français dans des secteurs concrets de l'activité économique havanaise, l'existence d'une peu nombreuse mais très importante communauté d'immigrants français dans la ville, du point de vue économique, et de la significative et croissante activité commerciale d'import-export pratiquée entre Cuba et la France pendant toutes ces années, a entraîné que se produisent d'importants apports français à la culture de la capitale et, par conséquent, du reste du pays. Nous considérons que ces apports sont devenus beaucoup plus évidents dans la culture matérielle havanaise, sans pour cela dédaigner de notables apports culturels dans le secteur spirituel, où certaines empreintes françaises se sont mises en évidence, lesquelles ne seront pas abordées dans cet article. Les apports les plus palpables et directs dans le secteur de la culture matérielle ont été introduits dans les secteurs de la technique, de la technologie et des instruments de travail et dans celle du transport terrestre, sans pour cela rejeter le maritime. En ce sens, l'empreinte et l'influence du capitalisme français ont été dirigées sur des lignes concrètes de l'économie, comme l’agro-industriel – fondamentalement l'industrie sucrière et l'agriculture de la canne à sucre –, l'infrastructure des services commerciaux et touristiques – commerce de produits de luxe, restaurants, cafétérias et bars, auberges, pharmacies et dispensaires, hôtels, chaînes de magasins en général, etc. –, bien qu’elles aient été aussi présentes, à plus petite échelle, dans d'autres lignes de la production matérielle et des services publics. L’entrée et l'utilisation des apports techniques et technologiques français durant ces trois décennies ont été les plus significatives dans les branches de l'agro-industrie sucrière et des services commerciaux, précédemment décrits.

 

L'information bibliographique consultée nous a permis de constater la présence de certaines des grandes corporations françaises fabricantes de presque tous les types de machines mécaniques, électriques, à vapeur et hydraulique, pour la production du sucre sur le marché importateur havanais. Certaines des firmes les plus importantes de cette période ont été – par ordre alphabétique – : Aciéries & Forges de Firminy, dans la Loire ; Baudot Hardoll, de Paris ; Compagnie de Fives Lille, de Lille ; Société Française de Constructions Mécaniques, de Denain ; et Worin-De France. Ces corporations françaises ont eu La Havane comme principale base d'opération. C’est ainsi qu’une série de machines industrielles sucrières est devenue présente sur le marché national, réputée pour la qualité de leur manufacture et pour leur rendement dans les différentes opérations où elles étaient employées. Parmi certains de ces appareils et de leurs différentes marques nous mentionnons l'emploi de chaudières à vapeur, électriques ou hydrauliques ; des centrifugeuses de différents types, électriques ou hydrauliques, système Laubaderth ; des trapiches (moulins) tandems ; des pompes simples ou composées, des marques Baudot Hardoll et Saint-Quentin ; des moulins à moudre ayant trois masses ou plus, des systèmes Boulanger et Rousselot ; des broyeurs ; des concasseurs ; des filtres ; des presses hydrauliques ; des évaporateurs de triple et quadruple effet; des cristallisateurs ; des compresseurs ; des fours pour brûler la bagasse verte, etc.

 

Dans le cas du secteur des services commerciaux, nous mettrons, pour des raisons d'espace, seulement quelques exemples des apports technologiques français, tous liés avec l’intense et bien connu commerce des produits chimiques, pharmaceutiques et médicinaux, provenant de France, et importés par les commissionnaires originaires de ce pays ou même par certains de leurs collègues cubains et hispaniques qui connaissaient bien l’excellente réputation de ces derniers. La Havane commerciale et industrielle de la période 1901 à 1930 a été le témoin complaisant de l'arrivée des différents types de ces produits et de ses matières premières, avec leurs marques enregistrées et leur auréole de renommée presque toujours méritée. Voici certaines d’entre elles avec leurs noms et leurs fabricants : Quina-Laroche Ferrugineux, Santal Salolé Lacroix, les deux de Paris ; Les pilules du Dr. Moussette et la solution Clin au silicate de soude, Pastilles de fer Rabuteau et Sirop d'Aubergier, tous des produits commercialisés par la firme Clin et Colmar de Paris ; Eau minérale naturelle de Vichy, produite dans la localité homonyme, Grains de Vals, de Paris ; Produits dentifrices des PP. Bénédictins de l'Abbaye de Souillac ; Parfums des marques Astris, Azurea, Le Trefle Incarnat, Rosiris, Safranor, tous fabriqués par L.T. Piver de Paris.

 

Finalement, nous ne pouvons pas oublier de mentionner que les apports culturels français dans le secteur du transport terrestre ont été fondamentalement dirigés vers les secteurs des véhicules à moteur et ferroviaire. Dans ces secteurs des services publics et de la sphère privée, la technologie française a dû concurrencer, désavantageusement, avec les Étasuniens, les Britanniques et les Allemand durant toutes ces années, cependant, certains des produits industriels destinés au transport ferroviaire et terrestre, en plus des marques des meilleurs fabricants français, étaient aussi présents sur le marché et dans la société havanaise de l'époque. Nous mentionnons, comme illustration, les cas des Aciéries & Forges de Firminy, de la Loire, dans le domaine ferroviaire, les fabricants d'automobiles Panhard et Citroën, et au fabricant de pneus Michelin et Cie., dans le cas du secteur des véhicules à moteur.

 

Comme on le perçoit, la présence et l'influence ethnoculturelle française sur le territoire national, et spécifiquement à La Havane, ne s'est pas chronologiquement limité aux XVIIIème et XIXème siècles. Le XXème siècle cubain a aussi été témoin de la présence d'une importante communauté d'immigrants français, permanents et temporaires, dont les membres se sont dispersés dans tout l'archipel. La ville de La Havane, comme importante et principale ville, et port, du pays, a été un des principaux lieux d’établissement des immigrants français. Bien que les chiffres et d’autres données statistiques démographiques, extraits des recensements républicains de la période 1901-1930, nous informent que la vague migratoire des Français n'a pas été majoritaire parmi celles qui sont arrivées à La Havane, leur présence démographique a représenté la seconde en importance provenant d’Europe occidentale durant ces décennies, seulement surpassée par les Hispaniques. Les lieux d'origine ont continué à être les mêmes, en plus de certaines autres villes, départements ou régions de la géographie française. À La Havane, l'influence ethnoculturelle française est devenue plus appréciable dans le domaine de la culture matérielle, spécifiquement dans les secteurs de la technique, technologie et instruments de travail et dans celle du transport terrestre. Là, les produits commerciaux et industriels français, comme une partie de l’expansif monde capitaliste du XXème siècle à la recherche de nouveaux marchés, sont devenus quotidiens et ont occupé une place d’importance et de préférence sur le marché havanais, et même sur le national, quant á la dure concurrence avec ceux d'autres pays.

 

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