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Une petite guerre des races ou un massacre racial ?
Par La Jiribilla/ Caminos Traduit par Alain de Cullant
On présente les photos d’archives à propos du centenaire du massacre de membres du Parti Indépendant de Couleur.

Le 6 février 1910, Evaristo Estenoz, directeur de Previsión, l'organe de presse du Parti Indépendant de Couleur, a été arrêté sous l'accusation d'avoir violé la Loi de la Presse. Cette détention a causé que des locaux du Parti exposent leur protestation pour la violation de la liberté d'opinion et revendiquent sa consécration dans la Constitution de la jeune République. Ce même mois, liée sans doute avec cette détention, le Sénat, après une longue discussion, a approuvé l'Amendement Morúa (pour Martín Morúa Delgado, qui l'a présenté) qui modifiait la loi électorale en vigueur en refusant la condition de parti politique aux groupes intégrés par des individus d’une seule race ou d’une couleur ou qui poursuivraient des « fins racistes ». Le Parti a protesté contre cette intention ouverte de le cataloguer comme une organisation d'une race (ce qu’il n'était pas) ou raciste, et il a revendiqué sa cubanité et son objectif pour une république « égalitaire, sans une odieuses omission de race ».

Aussi bien l'emploi de la presse que ces protestations faisaient partie de la stratégie de lutte favorisée par le Parti entre 1908 et 1912 afin de lutter avec toutes les armes légales à sa portée, ainsi que des mobilisations pour exiger la liberté des dirigeants et des membres du Parti accusés « d’association illicite » et plus tard par « de conspiration pour la rébellion » en avril 1910.

En mai 1912, le Comité Exécutif National du Parti a discuté le cours à suivre devant la fermeture ou le manque d'efficacité des chemins légaux, et il a été décidé par majorité (un accord authentifié par une consultation postérieure des membres) de commencer une protestation armée, le 20, pour exiger la dérogation de l'Amendement Morúa et « la plénitude des droits des citoyens ». Il faut signaler que la protestation armée avait des antécédents dans la tradition politique de l'époque comme moyen de pression devant les violations de la Constitution ou la fraude électorale.

« La guerre du 12 » ou « la petite guerre des races » qui a eu lieu ensuite a été en réalité un massacre, une opération idéologique et médiatique mettant en évidence la brutalité du racisme réellement existant dans la République.

Dans la galerie nous reproduisons certains documents du Parti présent dans les Archives Nationales de Cuba. En premier lieu, un échantillon des actes dans lesquels les membres du Parti ont protesté pour la répression contre Previsión et Estenoz. En outre, une copie des communications échangées entre un « volontaire » de New York et le président José Miguel Gómez à la suite du soulèvement. Il faut noter l'utilisation des expressions péjoratives utilisées des deux côtés pour se référer aux participants de la protestation armée.