IIIIIIIIIIIIIIII
La lutherie à La Havane
Par Margarita Barrio Traduit par Alain de Cullant
L'Atelier de Lutherie du Bureau de l'Historien de la Ville de La Havane s’occupe de la réparation et de la construction d'instruments de musique à corde.

Parmi les projections du Bureau de l'Historien de La Havane se trouve le sauvetage des métiers. La construction et la maintenance des instruments de musique fait partie de ses plus actuelles persistances. Avec la magie des mains et l'histoire quant à la connaissance, des jeunes artisans talentueux et habiles travaillent dans l'Atelier de Lutherie du Bureau de l'Historien de la Ville de La Havane, subordonné au Cabinet de Restauration et de Conservation. Situé sur la Vieille Place, ils se sont spécialisés dans la réparation et de la construction d'instruments de musique à corde, spécifiquement ceux provenant de la famille du violon (violon, viole, violoncelle, contrebasse), avec le respect, dans tous les cas, des standards et des mesures originales de chaque pièce.

Les premières copies d'instruments historiques du pays ont été reconstruites en 2001 à Cuba, tels que les guitares baroques et renaissance, la viole, le luth renaissance et la harpe à deux ordres.

La docteur Miriam Escudero, directrice de l'enseignement et des recherches de l'atelier, a expliqué que ce versant s'inscrit dans la production d'anciens instruments à corde pincée, une activité qui s’est développée grâce à l'Ensemble de Musique Ancienne Ars Longa.

« Sans cette réalisation l'interprétation du répertoire musical hispanique serait impossible en accord avec les exigences du circuit international de la musique ancienne, car ces instruments sont très chers sur le marché international », a souligné Miriam Escudero.

« Cette pratique n'existait pas dans notre pays. Jusqu'à présent et avec l'aide de maîtres étrangers, les luthiers cubains ont construit trois violons et une viole, tous des modèles de Stradivarius », a-t-elle précisé, bien que la fonction la plus intéressante des potentialités de l'atelier soit la construction artisanale d'instruments, ce qui requiert d'unir l'habilité manuelle et l'aptitude musicale pour obtenir un véritable résultat.

L’utilité des métiers

Une des plus grandes persistances du Bureau de l'Historien de La Havane inclut le sauvetage des métiers. L'insertion de la lutherie dans le cadre musical cubain permet d'offrir un service pratiquement inexistant et d'une grande demande, aussi bien pour les écoles de musique de niveau élémentaire, moyen et supérieur, que pour les musées et les groupes musicaux.

Dans le cas des écoles de niveau élémentaire et moyen, après une coordination avec leurs directions respectives, on réalise des visites pour évaluer les instruments requérant une restauration urgente, en correspondance avec les nécessités d’enseignement.

Une autre ligne de travail en perspective est celle concernant son application aux instruments de valeur patrimoniale, comme ceux thésaurisés par le Musée National de la Musique, qui sont réparés en respectant leurs caractéristiques originales.

Les origines

Le mot lutherie désigne l'art de construire et de réparer des instruments à cordes frottées ou pincées, c'est-à-dire des instruments des familles du violon ou du luth. L'origine de ce métier date de la moitié du XVIe siècle et du début du XVIIe. À Cuba, une des plus anciennes références à un luthier apparaît dans une annonce publiée en 1796 dans le Papel Periódico de la Habana : « Don Juan Cornet, fabricant de clés et de pianos forts, récemment arrivé dans cette ville, a l'honneur d'offrir ses services au Public (…) il compose les instruments de toute classe, (…) il a en vente quelques violons ».

Durant cette même année on trouve un des chants de Noël composé par Esteban Salas, Si al ver en el Oriente,  profitant des possibilités techniques et expressives du violon.

Au XIXe siècle, d’importants violonistes cubains ont glorifié aussi bien l'exécution de cet instrument que la composition d'œuvres, entre eux José White et Claudio José Domingo Brindis de Salas.

Cependant, à Cuba, tout indique que le métier de luthier a seulement été exercé par tradition familiale dans des cas très isolés. Un exemple est l’atelier de violons qui, fondé en 1976 avec l'appui du Commandant Juan Almeida Bosque dans le village de Minas, province de Camagüey, a fourni durant un certain temps des instruments aux principaux centres d'études musicales du pays.