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Rapport préalable : la Biennal de La Havane 2012
Par Cubanartnews Traduit par Alain de Cullant
Jorge Fernández Torres, directeur de la Biennale et du Centre Wifredo Lam de La Havane, converse sur les artistes, les thèmes et l'idée de sortir des musées.

Entrevue de Jorge Fernández Torres directeur de la Biennale et du Centre Wifredo Lam de La Havane

Jorge Fernández Torres converse sur les artistes, les thèmes et l'idée de sortir des musées.

Dans une présentation très attendue à  New York, le directeur des Biennales 2009 et 2012 a parlé des expectatives du prochain événement. Jorge Fernández Torres, directeur du Centre Wifredo Lam de La Havane et co-curateur du Pavillon de Cuba lors de la Biennale de Venise 2011, se trouvait dans la ville pour l'ouverture de l'Adjoining Islands : The Cuban Pavilion in Manhattan (Les Îles Adjacentes : Le Pavillon da Cuba à Manhattan) dans la galerie Eighth Floor.

L’inauguration de cette exposition a eu lieu au huitième étage de la galerie avec des œuvres de quatre artistes cubains présents pour la première fois à Venise dans le Pavillon Cuba.

Entourés des œuvres d'Alexandre Arrechea, d’Yoan Capote, de Duvier del Dago et d’Eduardo Ponjuán, la conversation a fait un virage vers la prochaine Biennale, et Jorge Fernández Torres a été heureux d’offrir une avance rapide. En se référant au thème de l'événement « La Pratique Artistique et l’Imaginaire Social », il a expliqué que dans la Biennale on ne mettra pas trop l’accent sur la peinture et d'autres moyens traditionnels. Les personnes seront l'objectif de cet événement.

« Tous les jours, la relation entre la production artistique et le spectateur se coupe. Tout le monde parle de la fin des musées, mais ceux-ci sont chaque fois plus présents. Notre intention est de sortir des lieux de « culte ». C’est pour cette raison que, pour nous, il est très important d’aller dans les rues, avec toute l'attention qui est générée pour être dans un espace public ».

La déclaration formelle de la curatelle de la Biennale souligne « de travailler avec l'art en direct et avec la participation permanente de l'observateur… pour transformer le contexte cubain et les scènes publiques en un laboratoire temporaire d'expérimentation de l'art. »

Jorge Fernández Torres le définit de façon plus succincte : « Quelles sont nos limites ? Nous voulons tirer sur la corde et voir ce qu'il se passe. »

Jorge Fernández Torres perçoit une grande vitalité sur la scène de l'art cubain actuel et il cite le critique Gerardo Mosquera : « À Cuba, les artistes poussent comme des champignons ». Comme toujours, on met l’accent sur les jeunes et émergents artistes. « Je ne veux pas que la Biennale abandonne sa mission d'apporter de nouveaux talents.

Historiquement, de nombreux personnes participant à la Biennale deviennent très connues ».

Mais l'événement de cette année inclut un groupe que Fernández Torres décrit comme « des jeunes artistes qui ont déjà gagné leur place dans le panorama des arts cubains », entre eux Yoan Capote et José Angel Vincench, qui vient de présenter sa première exposition à Miami, Etats-Unis. Dans la liste internationale des jeunes artistes sont déjà bien connus, tels que Yang Fudong (République Populaire de Chine), Tomás Saraceno né en Argentine et Damien Ortega du Mexique.

Des artistes établis ayant un peu plus d’expérience – résidents à Cuba et à l’étranger – font aussi partie de cette liste, y compris l'artiste cubain Jorge Pardo (« qui est très ému d'avoir un passeport cubain »), Ilya et Emilia Kabakov d'origine russe/étasunienne, et l'artiste Isaac Julien, représentant de Trinité et Tobago.

« J’ai vu leur exposition dans l'Institut d'Art Contemporain de Boston, c’est très impressionnant », a ajouté Fernández Torres.

La nouveauté la plus intéressante est peut-être l'ensemble de projets « dans la rue », essayant d'insérer les spectateurs dans l'interaction participative. Un de ces projets est « Detrás del muro » (Derrière le mur), une série d'installations sur le Malecón, le lieu de promenade de La Havane.

Organisé par Cuban Arts Projects et préparé par son directeur, Juan Delgado Calzadilla et une équipe de curateurs invités, le projet sera installé depuis la Punta jusqu'au Torréon de San Lázaro, sur six kilomètres approximativement. Plus d’une douzaine d'artistes y prendront part, entre eux Aimée García, Adonis Flores, Duvier del Dago, Eduardo Ponjuán, Rachel Valdés, Roberto Fabelo ou William Pérez.

« Presque tout le monde souhaite que le Malecón soit plein d’offres et d’attraits culturels, sur le trottoir et sur la mer. Le titre du projet implique un point de vue : si tu es sur la mer, la scène sera la ville et depuis elle, elle sera la mer. Par conséquent, il s'agit d'interventions publiques qui impliquent les deux espaces. La majorité aura un caractère contemplatif et ludique. Certains des projets incluent « des Sous-marins faits à la maison », d'Esterio Segura, combinant le style des voitures des années 50 avec le submersible de Jules Verne ; « La chambre de cris », de Marianela Orozco, une cabine à la preuve des sons afin que les personnes qui le nécessitent puissent crier et pleurer en privé ; la version monumentale de « Stress », d’Yoán Capote, avec quatre blocs de ciment opprimant des dentures humaines en bronze. Bien qu'il dise que l'objectif soit de faire un événement plus petit « …Ce sera un spectacle gigantesque ». Tous les jours je reçois 100, 200 courriers électroniques. « Tout le monde veut venir à La Havane » conclut finalement Fernández Torres.

La XIe Biennale de La Havane aura lieu du 11 mai au 11 juin 2012.