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Le musée « La Route de l'Esclave »
Par Yeni Pérez Traduit par Alain de Cullant
Le musée « La Route de l'Esclave », Monument Nationale cubain, est une institution culturelle unique pour ses caractéristiques en Amérique Latine.
Illustration par : Eduardo Roca CHOCO

Le musée « La Route de l'Esclave », Monument Nationale cubain, est une institution culturelle unique pour ses caractéristiques en Amérique Latine. Il offre au visiteur un panorama de la situation dans laquelle vivaient les Noirs apportés d'Afrique comme main d'œuvre bon marché. Situé à l'entrée de la baie de Matanzas dans une ancienne forteresse militaire de la métropole espagnole à Cuba, le château de San Severino raconte l'histoire vivante à travers les couloirs, les geôles et les instruments de torture appliqués aux esclaves qui travaillaient et coexistaient dans cet endroit. Ce château, devenu gardien d'une partie de notre culture, préserve une longue histoire de son architecture coloniale. En plus de son lien avec l'esclavage, d’illustres patriotes cubains de différentes époques y ont été emprisonnés, tels que Gabriel de la Concepción Valdés (Plácido), Miguel de Teurbe Tolón et le leader estudiantin José Antonio Echeverria.  

En 2011, le musée a reçu la visite de mille sept cents personnes, dont plus de mille d'autres pays à la recherche d'une rencontre avec la culture africaine, une importante partie de la nationalité cubaine.

Anabell Díaz, promotrice culturelle du musée, a expliqué que les visiteurs s'intéressent principalement à la salle qui reflète les traditions ancestrales des esclaves, le culte aux Orishas du Panthéon Yoruba, connu comme Regla Ocha ou Santería.

Le musée propose également diverses expositions transitoires. Entre elles « Regard sur la Culture Africaine », laquelle reconnaît le tribut du continent noir au monde, constituant un hommage aux personnes d’ascendance africaine.

Yamila Gordillo, spécialiste du musée, a précisé que dans cette exposition, du point de vue de la contemporanéité, confluent des œuvres offertes par divers créateurs de la plastique cubaine ainsi que des pièces de la collection du Musée d'Art de Matanzas pour impliquer le visiteur à la richesse spirituelle depuis une vision intégrative : « Elle montre des objets représentatifs des traditions du continent africain réunis par l'artiste Lorenzo Padilla, provenant de quinze pays comme l'Angola, le Cameroun ou le Liberia pour dévoiler la fonctionnalité magico-religieuse de ces nations. Des masques, des statuettes, des reliquaires, des cuillères et d’autres ustensiles révèlent les intimités de dix-neuf ethnies – Yoruba, Bargimi, Makonde, etc. – les authentiques panthéons transcendant la géographie originale pour resurgir sur d'autres terres et dans de nouveaux imaginaires transculturelles ».

Le musée présente aussi la série photographique « L'Île de Gorée », de Victoria Montoro Zamorano, une artiste d'origine cubaine établi aux Etats-Unis, laquelle recrée la thématique de la traite des Noirs dans cet archipel sénégalais, l'ancienne prison des esclaves devenu un musée pour son incalculable valeur patrimoniale et mystique.

L’spécialiste a précisé que les photographies retransmettent les conséquences de l’achat et de la vente d’êtres humains, le fléau de la conquête et de la colonisation souffert aussi par les peuples d'Amérique.

Elle a également souligné que l’exposition « Wifredo Lam, un acte de décolonisation » a eu une signification spéciale pour le musée, montrant des pièces originales de l'universel artiste cubain présentées par Alexis Leyva Machado (Kcho).