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Lettres de Cuba : Février 2012
Par Martha Sarabia Romero Traduit par Alain de Cullant
Chaque année tous les Cubains attendent avec impatience l’un des plus transcendantaux événements culturels dans le pays : La Foire Internationale du Livre.
Illustration par : René Portocarrero

La revue Lettres de Cuba est en ligne avec son second numéro de 2012. Chaque année tous les Cubains attendent avec impatience l’un des plus transcendantaux événements culturels dans le pays : La Foire Internationale du Livre, qui commencera à La Havane le 9 février et terminera à Santiago de Cuba le 4 mars. Cette année, la fête du livre est dédiée aux peuples des Caraïbes ainsi qu’à Ambrosio Fornet, Prix National de Littérature 2009, et à Zoila Lapique, Prix National des Sciences Sociales 2002.

Dans Rencontres nous offrons Feuilles d’errata, les paroles avec lesquelles l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano a inauguré officiellement le Prix Casa de las Américas.

La docteur Graziella Pogolotti, dans son article Qu’est-ce que le Caraïbe ? nous présente une analyse historique et culturelle de la région, concluant qu’il est nécessaire de comprendre aujourd’hui la nécessité d’une connaissance suffisante mutuelle car nous avons que deux options : « ou nous nous sauvons ensemble ou nous nous sombrons tous dans un faux et déprédateur paradis touristique ».

Dans La passion pour la lecture, Enrique Gonzalez-Manet affirme que les livres sous toutes leurs formes ont enrichi le savoir de l'homme, au point de dire que sans le livre il n'y a ni culture ni savoir élémentaire.

La section Lettres est dédiée aux intellectuels qui recevront un hommage dans la Foire Internationale du Livre. Nous publions l’article L’exercice intellectuel de Zoila Lapique, de Mercedes Santos Moray, abordant les années de travail de l’investigatrice dans la Bibliothèque Nationale José Martí et l’empreinte de reconnus intellectuels dans son œuvre, tels que José Luciano Franco, Argeliers León, Juan Pérez de la Riva ou María Teresa Freyre de Andrade.

Le Livre à Cuba est une œuvre qui sera rééditée pour la Foire du Livre, avec de nouvelles notes selon une déclaration de son auteur, Ambrosio Fornet. Le fragment que nous avons sélectionné narre l’histoire en détail de l’implantation de l’imprimerie dans la Cuba du XVIIIe siècle.

L’intellectuel martiniquais Édouard Glissant est une des voix les plus représentatives de la pensée et de l’art d’avant-garde du XXe siècle. De la revue Anales del Caribe, de la Casa de las Américas, nous avons choisi son essai Créolisation, identités, relation dans la Caraïbe, où il soutient la thèse que la créolisation n’est pas une simple mécanique de métissage, c’est le métissage qui produit de l’inattendu.

Pour célébrer le centenaire de la naissance du peintre cubain René Portocarrero, nous avons retenu l’entrevue réalisée par l’écrivain et journaliste Jaime Sarusky, publiée dans la revue Revolución y Cultura. Jaime Sarusky valorise que « Portocarrero a cherché dans chaque tableau, avec obsession, cette Chimère, à la fois si certaine et si volatile, qu'est la Perfection ».

Dans Trésors, nous publions la conférence Approche sur la culture mandingue en Gambie de son Excellence, M Yusupha B. Dibba, Ambassadeur de la République de Gambie à Cuba, lors de l’Atelier International d’Anthropologie qui a eu lieu dans la Maison de l’Afrique au mois de janvier. Nous voulons remercier Monsieur Yusupha B. Dibba pour avoir donné son autorisation pour la publication de son ouvrage et Madame Daisy Castellanos pour la traduction de l’original de l’anglais à l’espagnol.  

Cette année nous commémorons le centenaire du Massacre des membres du Parti des Indépendants de Couleur. Le prestigieux chercheur Julio Le Riverend nous approche des origines, des causes de la fondation du Parti, le soulèvement et le massacre qui a eu lieu en 1912. Dans son article, l’historien souligne la situation du Noir lors des premières années de la République de 1902 : « La discrimination est arrivée à des degrés scandaleux car on n'a pas intégré des citoyens noirs dans la police ni, en vérité, un traitement adéquat a été obtenu pour les vétérans noirs ».

La section Arts aborde trois manifestations artistiques : le théâtre, la musique et les arts plastiques. Durant tout le mois de janvier, Nelson Dorr, Prix National de Théâtre 2011, a mis en scène Le retour de Médée, une adaptation de la pièce classique écrite par Pierre Corneille. Pour Nelson Dorr, lire tous les auteurs inspirés de la tragédie grecque a été vital : Euripide, Sénèque et Corneille qui, avec Molière et Racine, forme la trilogie du théâtre classique français.

La XXVIIe édition du Festival Jazz Plaza a eu lieu en décembre et le chroniqueur Rafael Lam nous relate la carrière de Gonzalito Rubalcaba, le prestigieux musicien cubain résidant actuellement aux Etats-Unis et qui affirme qu’il ne renonce pas à être cubain. Dans le cadre de cet événement ont eu lieu des journées de réflexions et de débat sur le jazz et la musique classique, José Dos Santos nous offre ses appréciations dans son article Jazz et musique classique : Les visions de Leo Brouwer.

La spécialiste de la Bibliothèque Nationale José Martí, Ana Margarita Oliva, dans Île de Cuba Pittoresque : un trésor d’une grande valeur artistique, souligne la répercussion des ateliers lithographiques français dans La Havane de 1839, qui ont marqué une étape très importante dans cette branche de l’impression.

Lire Martí s’enrichit avec la publication du poème Poética, grâce à la traduction de Jean Lamore. Ce poème est inclus dans le recueil Vers Libres, avec un prologue de Cintio Vitier. C’est une édition bilingue de Harmattan/Éditions UNESCO.

Dans la section Galerie nous pouvons apprécier des images du Festival Jazz Plaza et des admirables gravures de l’époque coloniale.

Ce numéro est illustré avec des œuvres de René Portocarrero.