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Que nous reste-t-il de l'incendie de Bayamo ?
Par Idelmis Mari Aguilera Traduit par Alain de Cullant
Quand le général espagnol Blas de Villate, Comte de Valmaseda est entré dans Bayamo, le feu allumé par les révolutionnaires le 12 janvier 1869 n'était pas totalement éteint.
Illustration par : Ernesto Fernández

Dans l’œuvre Bayamo, l'historien José Maceo Verdecia commente que quand le général espagnol Blas de Villate, Comte de Valmaseda est entré dans Bayamo, le feu allumé par les révolutionnaires le 12 janvier 1869 n'était pas totalement éteint ; il a traversé la ville d'une extrémité à l’autre au milieu de la chaleur et des cendres, se réfugiant du côté est, dans la construction connue comme la Tour de Zarragoitia où il y avait une maison qui n’avait pas été atteinte par les flammes.

Cet historien, comme d'autres ayant étudié l'événement, souligne la destruction des biens immobiliers mais sans se référer à ceux qui n'ont pas été atteints par les flammes. Cette limitation historiographique, en plus du caractère épique de l'événement et de son exceptionnelle signification politique, comme expression de la rébellion séculaire du Bayamés, a transformé l'idée que rien n’a survécu à l'incendie en symbole et en légende enracinée dans la conscience populaire. Néanmoins, les Bayameses et les visiteurs continuent à se demander en observant le patrimoine constructif de la ville : Que reste-t-il de l'incendie de Bayamo ?

Un rapport du gouvernement municipal daté de janvier 1870 expliquant la situation de la ville étant occupée par les forces espagnoles, après l'incendie, rendait compte que dans 49 rues et allées, des 1174 propriétés urbaines, 1014 se trouvaient en ruines et 160 en bon état. Dans 25 des rues moins peuplées toutes les maisons avaient été détruites. D’autre part, dans les artères principales, les plus grandes affectations se trouvaient dans les rues Ángel, Santo Domingo, Pedro Mártir, San José et Cristo ; alors que les rues Salvador, Merced, San Antonio, la Place de l'Église et d’autres dont le nom n'est pas consigné dans le document, réunissaient la majorité des constructions en bon état au milieu des ruines de la ville.

La Mairie, la prison du Partido Judicial, l'Hôpital et d'autres institutions de caractère militaire, éducationnels et de bienfaisance étaient en ruine. Parmi les institutions religieuses, les seules restant débout étaient la Chapelle de Nuestra Señora de los Dolores, voisine de l’Église Paroissiale Majeure, et les Églises de Nuestra Señora de la Luz et de San José. Celles-ci avec les 160 logements mentionnés constituent la partie du patrimoine construit qui a survécu au feu du 12 janvier 1869, selon les recherches réalisées jusqu'à ce jour.

Après le passage des années, que reste-t-il du patrimoine historique ayant survécu à l'incendie de la ville ?

Selon des données du registre patrimonial, parmi les 33 immeubles existants dans la ville possédant une valeur architectonique I correspondant aux édifices construits avant 1869 se trouvent les suivants :

- La Chapelle de Nuestra Señora de los Dolores, située Place de l'Hymne. Date de construction : 1740.

- La Casona, cafétéria. Place de l'Hymne, nº 12 à l’angle de la rue Padre Batista. Date de construction deuxième moitié du XVIIe siècle.

- Maison Natale de Carlos Manuel de Céspedes y del Castillo, au nº 57 de la rue Antonio Maceo, entre les rues José Joaquin Palma et Donato Mármol. Date de construction : première moitié du XIXe siècle.

- Maison de la Trova. La Bayamesa, au nº 11 de la rue Antonio Maceo, à l’angle de la rue José Martí. Date de construction : XIXe siècle.

- La maison située au nº 165 de la rue Márbol, entre les rues Canducha Figueredo et Parada. Date de construction : première moitié du XIXe siècle.

- La maison située au nº 210 de la rue Márbol, entre les rues Canducha Figueredo et José A. Saco. Date de construction : seconde moitié du XIXe siècle.

- Le siège de l’Union des Écrivains et des Artiste de Cuba (UNEAC) de la province. La maison où est né Tomás Estrada Palma, au nº 158 de la rue Carlos Manuel de Céspedes, entre les rues Pedro Figueredo et Lora. Date de construction : première moitié du XVIIIe siècle.

- Le logement situé au nº 112 de la rue Lora, entre les rues Donato Mármol et General García, quartier de San Juan. Date de construction : première moitié du XIXe siècle.