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Peindre m’aide à vivre
Par Estrella Díaz Traduit par Alain de Cullant
Le maître Adigio Benítez, Prix National des Arts Plastiques 2002, fête son 88e anniversaire et il le fêtera avec une exposition personnelle qui sera inaugurée en ce moins dans la Galerie L’Acacia.
Illustration par : Ernesto Fernández

Le maître Adigio Benítez, Prix National des Arts Plastiques 2002, fête son 88e anniversaire de vie fructueuse le 26 janvier et, comme il a assuré lors d’une entrevue exclusive accordée à La Jiribilla, il le fêtera avec une exposition personnelle qui sera inaugurée en janvier 2012 à L’Acacia, une des plus prestigieuses galerie du circuit d'art cubain, située en face de l'emblématique Capitole de La Havane.

L'exposition comprendra deux salles : une où seront exhibées une quinzaine de toiles (huile sur toiles réalisées spécialement pour cette occasion – dont douze sont déjà conclues – et, dans l'autre, des dessins sur bristol conçus au long des cinquante dernières années.

Un des éléments les plus significatifs de l'exposition est que toute l'œuvre est effectuée en noir et blanc et, selon Adigio, la raison est que cette juxtaposition possède « une grande force et une grande importance, ce sont deux couleurs extrêmes, qui s’unissent, se conjuguent et s’harmonisent dans un tableau ». De là son titre : Negro de Marte sobre blanco Titanio (Noir de Mars sur blanc Titane).

Devant la question si l'exposition peut être comprise comme un virage ou un changement dans son œuvre, il a assuré « Je voulais simplement montrer quelque chose de différent », clarifiant : « Cela ne veut pas dire que j’ai abandonné l'utilisation de la couleur », une constante qui a caractérisé sa poétique et son discours.

Il a considéré qu'il ne sent pas qu’il se renouvelle : « Cela ne peut pas être, c’est impossible à l'heure actuelle ! », mais il sent plutôt « que ça donne suite à un chemin choisi il y a des décennies ».

Il a clarifié que les thèmes qu’il aborde sont très variés : « Je ne peux pas dire qu'il y en a un spécifique ; la vie quotidienne est reflétée, les maisons, le peuple et, aussi, des éléments politiques. Il y a un tableau dédié à José Martí et un autre à Julio Antonio Mella ».

Il assure que malgré le changement dans la palette la papiroflexie continue à être son langage plastique, mais il reconnaît qu'avec l'emploi du noir et blanc « elle devient plus difficile », car la papiroflexia représente des personnages, des objets et même des situations comme s'ils étaient faits en papier : « les effets sont seulement obtenus à partir de leur union avec le gris, ce qui devient plus compliqué ». 

Le savoir-faire du maître Adigio Benítez, Prix National d'Enseignement Artistique en 2003, a aussi eu comme caractéristique récurrente l'emploi des appropriations – envers un message – a-t-il dit ; mais jusqu'à présent elles n'apparaissent pas « car les appropriations, je crois, exigent la couleur employée dans les œuvres des peintres originaires. Cependant, il est probable que je fasse quelque chose. Nous verrons ».

Il a finalement commenté que le chemin qu'il a choisi a été celui des arts plastiques « celui pour lequel on se sent très heureux » et il a rappelé qu’il interprète le Prix National des Arts Plastiques « comme une validation pour continuer à travailler. Mon art a été l'outil que j'ai utilisé pour qu'il arrive au peuple, c'est-à-dire, que j’ai travaillé non seulement pour moi, mais pour les Cubains : les adultes, les jeunes, les vieux et les enfants. Tous. C’est mon obligation. Peindre m’aide à vivre », a-t-il conclu.