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Une revue des années soixante : Cuba. Revolution et/and Culture
Par Vilma N. Ponce Suárez Traduit par Alain de Cullant
L'édition d'une revue cubaine en français et anglais durant les années soixante a été, sans aucun doute, un fait inhabituel.
Illustration par : Oandris Tejeiro « Joa »,

L'édition d'une revue cubaine en français et anglais durant les années soixante a été, sans aucun doute, un fait inhabituel. Elle était intitulée Cuba. Revolution et/and Culture (1) et elle a constitué l'organe officiel du Conseil National de la Culture (CNC), depuis le mois d’août 1965 jusqu'à janvier 1967, probablement. À la tête de cette dernière se trouvait le jeune écrivain Reynaldo González, qui avait aussi été le chef de rédaction de Pueblo y Cultura (1961-1965), la première publication de cet organisme.

 

Quelles raisons ont motivé la création d'une revue en d'autres langues pour représenter un organisme de l'État Cubain ? L'explication est simple. Le 30 juillet 1964 Carlos Lechuga Hevia, qui avait été le représentant permanente de Cuba aux Nations Unies, a assumé la présidence du CNC. Son expérience précédente l'a incité à proposer une revue en anglais et en français pour le surpassement du corps diplomatique cubain. Cette détermination a dû être influencée par sa connaissance des « lacunes culturelles » du personnel qui représentait le gouvernement révolutionnaire dans d'autres pays, suite à une rapide préparation. La revue leur offrait une vision générale de la culture nationale, l’information nécessaire pour leurs échanges professionnels avec l'intellectualité étrangère.

 

Dans le projet initial se trouvait l'édition Pueblo y Cultura et de Cuba. Revolution et/and Culture à l'unisson, mais l'aggravation des difficultés économiques, après cinq ans de Révolution faisant face au blocus et aux agressions impérialistes, n’a pas permis la matérialisation de cette idée. Presque un an après la prise en charge du poste par Carlos Lechuga est apparu le premier numéro de Cuba. Revolution et/and Culture.

 

Le Conseil de Direction de la nouvelle revue était intégré par un petit groupe provenant de Pueblo y Cultura. Reynaldo González n'était pas d'accord avec la fermeture de cette dernière et il n'a pas coïncidé, non plus, avec la projection que prétendait son successeur. Nonobstant, il a accepté la conduite de Cuba. Revolution et/and Culture et, depuis son poste de chef de Rédaction, il s’est ingénié à créer un produit culturel distinctif (2). Dans la réalisation de cette œuvre il a maintenu le Suisse Luc Chessex comme responsable de la photographie et Héctor Villaverde comme directeur artistique, avec lesquelles il était uni par des liens de travail et d'amitié. À partir du numéro 7 Eva Villasuso a travaillé comme assistante du directeur artistique.

 

Le Danois Henning Sorensen (traducteur du Ministère des Affaires Étrangères de Cuba) et l'intellectuel cubain José Rodriguez Feo ont été engagé pour le travail de traduction en anglais. La Française Maya Surduts, qui vivait dans le pays en cette époque, a réalisé les versions au français, comptant l'appui de Jeannine Galpine pour les numéros 5 et 6. La collaboration de José Rodriguez Feo a été en particulier très précieuse, car il avait une expérience dans l'édition de publications périodiques, acquise à l'époque où il a travaillé pour Orígenes (1944-1956) et Ciclón (1955-1959).

 

Cuba. Revolution et/and Culture a coïncidé avec Pueblo y Cultura quant à la divulgation des multiples activités développées par les directions et les dépendances du CNC dans l'Île ; ainsi que pour l'information sur l'évolution du mouvement artistique national. De cette manière, le premier travail du numéro 1, « Face à la campagne »/« Look to the land », a traité sur le labeur que réalisaient les artistes cubains dans les zones agricoles, où ils ont organisé environ 6 000 actions culturelles. D’autres profils ont été : « Un autobus charge des livres »/« A bus full of books » (Nº 3), « L’école nationale des arts plastique » / « The National school of visual arts » (Nº 4) et « La coupe de la canne et les activités culturelles » / « Culturelle activities in the Sugar plantations » (Nº 5). Ces reportages faisaient transparaître l'esprit de l'époque et les principes idéologiques recteurs en ce qui concerne la culture de cette étape. Les possibilités de surpassement et de distraction s’étendaient à tous les habitants de la campagne et de la ville ; les artistes et les écrivains s'incorporaient aux tâches agricoles avec les ouvriers et les paysans, dans une tentative de diminuer les différences historiques entre les intellectuels et ces classes sociales.

 

La publication du CNC n'a pas seulement comprise une tâche informative, mais elle a aussi incorporé certains textes originaux de profil historique. L’un d'eux, « La tumba francesa » / « The tumba francesa » (Nº 4), de Reynaldo González, a été le résultat d'un processus de recherche. Là il a abordé l'influence de la culture française à Cuba, à partir de l'immigration des planteurs de café français fuyant la révolution haïtienne au début du XIXème siècle. Ceux-ci ont apporté leurs esclaves noirs, qui ont entrelacé leurs traditions et leurs coutumes aux notre. Parmi les fruits de ce processus se trouvent les Tumbas Francesas.  », L’auteur a offert ses remerciements aux membres de l'une d'elles, « La Caridad de Oriente », pour leur collaboration quant à la rédaction de l'article. Il a aussi été conseillé par le chercheur Fernando Boytel et il a consulté les textes : « Café: historia de su cultivo », de Francisco Pérez de la Riva, et un article du Dr. Fernando Ortiz, qui avait été publié dans la revue Bohemia du 23 janvier 1949 (3). Le travail a été illustré avec les photos d'une danse et de quelques meubles de l'ancienne résidence d'un colon français transformée en musée, prisent par Luc Chessex. De même, des illustrations du livre « Cuba with pen and pencil », de Hazard (1871) ont aussi été incluses.

 

Une autre intéressante référence historique a été « Trois histoires et un musée Napoléon » / « Three histories and à Napoleonic Museum » (Nº 2) (l'auteur n’est pas consigné). Ce travaille, qui avait été publié avant dans le numéro 2 de Pueblo y Cultura, expliquait comment la collection napoléonienne avait été conformée par le riche propriétaire Julio Lobo ; alors que le palais florentin destiné à exhiber les pièces était la demeure personnelle de l'ex sénateur Orestes Ferrara, durant l'étape républicaine. Après le triomphe de la Révolution, le projet du Musée est devenu une réalité grâce au travail de Natalia Bolivar, de María Julia Rodríguez et des employés du centre (4).

 

Lors du développement de la publication durant cette étape, les photographies et les illustrations en noir et blanc ont eu un rôle primordial, comme cela est arrivé avec son prédécesseur Pueblo y Cultura. Héctor Villaverde et Luc Chessex ont travaillé ardemment pour offrir une revue artistiquement attrayante (malgré les limitations matérielles), et qui correspondait avec les intentions de Reynaldo González. D’autres photographes y ont aussi pris part tels que Roberto Salas, Mario García Joya, Osvaldo Salas, Carlos Núñez, Orlando García, Zertucha et Calvito. Dans cette manifestation, la représentation étrangère a été présente dans les numéros 8-9 avec le titre « Six photographes voient Cuba » / « Six photographers look at Cuba ». Les photos des Suisses René Burri et Luc Chessex, de l’Italien Paolo Gasparini, du Nord-Américain Lee Lockwood et des Français Pic et Marc Riboud avaient une valeur artistique et historique, recueillant des fragments de la réalité cubaine en plein transformation suivant leur perspective personnelle. En ce moment leurs œuvres étaient exhibées dans les galeries d'art de La Havane sous le titre « Del viejo mundo al nuevo mundo ». La note publiée dans la revue a aussi inclus les réflexions de l'illustre écrivain Alejo Carpentier pour le catalogue de l'exposition.

 

Pour la conception de Cuba. Revolution et/and Culture, le papier chrome était employé pour les couvertures, celles-ci étaient bellement illustrées en couleur avec des peintures d'artistes cubains renommés comme : Mariano Rodriguez (Nº 1), Víctor Manuel (Nº 2), Eduardo Abela (Nº 3), Wifredo Lam (Nº 4), René Portocarrero (Nº 5), parmi d’autres. Les pages finales de chaque numéro comptaient un travail se référant à la vie et l'œuvre de ces créateurs, ainsi que les valorisations d'autres intellectuels sur leur production artistique. L’article sur une exposition d'Eduardo Abela rédigé par Alejo Carpentier, en mai 1964, a eu une signification spéciale, car il a été publié comme un hommage au peintre récemment décédé. Des illustrations de José Luis Posada, Alfredo González Rostgaard, Humberto Peña, César Mazola, Muñoz Bachs, Félix Beltrán, Luis García Fresquet et Roberto Guerrero ont aussi été présentées.

 

Bien que les images en noir et blanc aient prédominé, dans le numéro 2 se trouvait une page intérieure colée avec une lithographie et la reproduction d’une médaille de la collection napoléonienne en couleur or et noir, des détails qui ont respectivement accompagné les textes : « La tradition lithographique à Cuba » / « The lithographic tradition a Cuba » et « Trois histoires et un musée Napoléon ». Ces éléments ont accordé une note particulièrement attrayante à cette édition. Le travail de coller des lithographies dans chaque exemplaire a été réalisé tard dans la nuit par les travailleurs de l’imprimerie, stimulés par Reynaldo González, qui était avec eux jusqu'à ce qu'ils aient fini le travail (5).

 

Une autre caractéristique de la revue a été l'inclusion de sections dès son premier numéro, celles-ci étaient : Livres / Books, En Bref / Brief Notes, Musique / Music et Théâtre / The Theatre. Les deux premières ont eu leurs antécédents dans Pueblo y Cultura où, avec le nom de Libros et Noticias de Cultura, elles assumaient le même but. C’étaient une solution efficace pour pouvoir informer les lecteurs, en quelques lignes, sur les événements culturels et, aussi, pour qu’ils connaissent les thématiques des livres récemment publiés.

 

La direction de Reynaldo González a été fondamentale dans la conformation de Cuba. Revolution et/and Culture. Malgré sa jeunesse, durant ces années, il a une participation active dans diverses publications périodiques nationales (6) et il a été lié aux intellectuels de prestige qui l’ont enrichi avec leurs expériences dans cette sphère. Ces conditions, uni à une sensibilité et à une intuition particulière, ont permis de reconnaître et d'appuyer les valeurs artistiques et littéraires du moment. En ce qui les concerne, il a pris des décisions éditoriales qui n'ont pas toujours coïncidé avec les préjugés d'un secteur générateur d'opinion publique, attaché à l'idée de l'art subordonné au paradigme du réalisme socialiste ou qui assumait des positions homophobes quant aux écrivains et aux artistes.

 

À contre-poil de certains critères défavorables qui germaient déjà en cette étape, des éloges ont été faites dans Cuba. Revolution et/and Culture à quelques créateurs qui se distinguaient pour leurs incursions dans des formes d'expressions modernes en cette époque (7). Ainsi, les couvertures des numéros 6 et 7 présentaient des peintures d'Antonia Eiriz et de Raúl Martínez. Dans l'édition suivante, Reynaldo González et le journaliste et écrivain Luis Agüero (8), dans l'article « Le dessin graphique » / « Cuban graphic design » (Nº 8-9), ont signalé que les qualités de Raúl Martínez comme peintre et photographe ont influencé leur conception originale de la conception, des caractéristiques qui le plaçaient parmi les meilleurs dessinateurs du pays. Dans ce nombre on a fait aussi allusion à la future inauguration, le 28 avril 1967, de l'EXPO'67 de Montréal, Canada, où a travaillé l'artiste avec d'autres créateurs cubains (10).

 

Une des « audaces » de la direction de la revue dans l'exercice du critère a été la référence au roman Paradiso (1966), de José Lezama Lima, publiée dans la section Livres du numéro 6. Des opinions opposées se sont produites dès le premier moment dans certains cercles intellectuels. Certaines personnes ont considéré que c’était un chef-d’œuvre, alors que d'autres ont ignoré sa valeur littéraire et ont estimé que son contenu tendait à la pornographie et stimulait l’homo érotisme, donc il n'était pas digne de reconnaissance (11). En s’écartant de cette dernière appréciation, la publication du CNC a signalé dans son commentaire en français :

 

Paradiso (Paradiso) roman dont les premiers chapitres ont paru dans la revue Origenes (Origines) est un livre sur lequel Lezama a travaillé plus de vingt ans. Cet ouvrage qui est un aboutissement, présente en détail et en profondeur, les incidents de la vie de José Cemi (le personnage principal) jusqu'á son adolescence. Cette nouvelle place Lezama Lima au niveau des écrivains hispano-américains qui ont donné une forme aux réalités les plus secrètes ouvrant ainsi de nouvelles voies dans le domaine si rebattu du roman contemporain.

 

La même note, mais en Anglais, a inclus une idée qui n'était pas présente dans celle en français : The novel, which might  be considered the most important of the author’s works (…) (12). Avec ces paragraphes on signalait l'importance du roman, pénétrant le monde complexe de la spiritualité humaine et étant le résultat de nombreuses années de travail de Lezama Lima.

 

D’autres revues avaient un point de vue différent comme, par exemple, El Caimán Barbudo, le supplément culturel de Juventud Rebelde, l’organe de la Jeunesse Communiste. Bien qu'il disposait de la section Para creer leer, où étaient publiés des comptes-rendus littéraires de livres d'écrivains cubains et étrangers, celui-ci a fait abstraction de l'œuvre. Alors que son directeur, Jesús Díaz, affirmait dans son article « Para una cultura militante » (Pour une culture militante) divulgué dans Bohemia : Beaucoup ont été préoccupés par la publication de Paradiso et l'influence que ce roman peut exercer sur la jeunesse. (…) Personne ne pense à Paradiso en parlant de littérature révolutionnaire (13).

 

Parmi les numéros les plus intéressants de Cuba. Revolution et/and Culture se trouvait le Nº 7, dédié au théâtre cubain. Ce dernier comptait un supplément sur ce thème, en accord avec la prochaine célébration du VIème Festival de Théâtre Latino-américain et de la IIème Rencontre Internationale des Gens du Théâtre, organisés par la Casa de las Américas (durant les mois de novembre et décembre 1966). Le travail « Théâtre Latino-américain » / « Latin american theater », se référait spécialement à ces rencontres et commentait l’engagement d'informer les lecteur sur le développement des activités du Festival dans le futur. Ce numéro a incorporé des entrevues des metteurs en scènes et de dramaturges renommés de l'époque tels que Vicente Revuelta (14), José Triana, Abelardo Estorino, Héctor Quintero, José Brene, Antón Arrufat, Virgilio Piñera et Carlos Felipe.

 

Une note introductive de la Rédaction, intitulée « Théâtre cubain » / « The Cuban Theater » expliquait que cette édition a compté la collaboration de différents écrivains comme : Eduardo Manet, César López, Virginia Grutter, Antonio Conte, Víctor Casaus, Denia García, David Fernández, Elsa Claro et Sigifredo Álvarez Conesa

 

La revue a fermé avec un numéro spécial (8-9) qui a traité du dessin graphique et du cinéma cubain. Dans ce dernier, Luis Agüero et Reynaldo González sous le titre « Le dessin graphique » / « Cuban graphic design » (précédemment commenté) ont fait un compte-rendu de l'évolution de cette manifestation à partir du triomphe de la Révolution. C'était un vaste travail qui a incorporé des illustrations, des photos et des appréciations de différents artistes sur ce sujet. Dans cet article, en parlant des magazines, ils ont valorisé Lunes de Revolución (mars 1959 - novembre 1961) comme la première publication présentant un nouveau dessin grâce au travail des meilleurs spécialistes de cette étape. Une telle reconnaissance manifestait une propension à la vérité historique, malgré les possibles diatribes qui pouvaient être générées avec ce critère, car cette revue avait été extrêmement critiquée en son temps. C’est justement l'expérimentation esthétique dévoilée dans les pages de Lunes qui a été un des motifs pour lesquels ses créateurs ont été accusés de copier des tournures étrangères, de snobismes et de ne pas ajuster ce qu’on vivait à Cuba aux exigences des circonstances révolutionnaires (15).

 

Dans la partie dédiée au cinéma se trouvaient les entrevues des cinéastes Tomás Gutiérrez Alea, Humberto Solás et de l’actrice Adela Legrá. Leurs commentaires ont été accompagnés de photos des films La muerte de un burócrata ou Manuela, parmi d’autres. Reynaldo González et Luis Agüero ont reconnu la qualité des affiches cubaines, le résultat d’une nouvelle conception de la publicité cinématographique.

 

Cuba. Revolution et/and Culture a eu une brève existence, seulement 9 numéros ont été publiés, 8 et un supplément (16). La date a seulement été consignée dans le premier, d’où la difficulté de déterminer les mois et les années de publications des autres. Si la fréquence était bimensuelle, comme cela a été annoncé (17), il est probable que la dernière édition (8 et 9) correspondait aux mois d'octobre 1966 à janvier 1967.

 

En 1966 un nouveau changement à la direction du CNC a eu lieu, la présidence étant remplacée par une ayant une plus grande représentation d'intellectuels et le processus de subordination du Conseil au Ministère de l'Éducation ayant commencé. Eduardo Muzio Gutiérrez a été désigné pour la charge de Président et Lisandro Otero comme vice-président, lequel avait une notable carrière comme écrivains, reconnue par le Prix Casa de las Américas en 1963.

 

Les transformations dans le CNC se sont aussi produites durant un très complexe contexte national et international, où les mouvements sociaux aux Etats-Unis ont atteint une certaine ampleur et quand l'agression de ce pays envers le Viêt-Nam a été condamnée par tous les secteurs progressistes du monde. En outre, c'était un moment où confluaient divers courants idéologiques et l’on a prétendu « mettre à jour » les intéressés sur ces thèmes. Devant les difficultés économiques pour l'acquisition de publications périodiques étrangères, on a pensé que cette tâche pouvait être accomplie par la revue officielle du CNC. Durant cette période a aussi été organisé le Séminaire Préparatoire et le Congrès Culturel de La Havane, des événements où ont eu lieu des confrontations d'idées et ont été adoptés d’importants accords pour le mouvement intellectuel de gauche. C’est dans ces conditions qu’a cessé d'être publiée la revue Cuba. Revolution et/and Cultura, et qu’a commencé la préparation d'une nouvelle étape sous la conduite de Lisandro Otero, maintenant en espagnol et intitulée Revolución y Cultura.

 

La petite collection de Cuba. Revolution et/and Culture thésaurisée dans la Bibliothèque Nationale José Martí transmet le témoignage inestimable d'une période de notre histoire au lecteur actuel. Sa transcendance se réaffirme dans les divers travaux publiés comme les résultats des recherches historiques et culturelles et par la valeur des artistes et des écrivains ayant pris part à sa réalisation. L'incorporation des appréciations positives sur certaines œuvres et certains créateurs controversés en ce moment a été expression d'une certaine indépendance de sa direction dans la pratique journalistique, ce qui constitue un exemple de la diversité des tendances et des préférences qui se sont entrelacées dans la vie culturelle cubaine des années soixante.

 

Notes :

 

1– Le présent article fait partie d’une recherche de l’auteur intitulée Revolución y Cultura: su visión de los hechos culturales y políticos relevantes de los años 1967-1970. La Havane: Bibliothèque Nationale de Cuba José Martí, 2010 (Document inédit).

 

2 – À cet égard Reynaldo González, dans l'entrevue accordée à l'auteur de ce travail, a souligné : C'était une guide du  loisir ce que l’on voulait de moi et moi je lui ai donné une autre direction. (…) J’ai essayé de lui donner une direction qui apporte des information sur Cuba, avec certaines signatures d'un autre caractère j'ai fait des numéros spéciaux quant à l'architecture, au graphisme, donnant la parole aux dessinateurs, essayant de faire quelque chose un petit peu plus élevée. González, Reynaldo. Entrevue. 15-10-2007. 

   

3 – González, Reynaldo. La Tumba francesa.  Cuba. Revolution et/and Culture 4 (s. d.) : 26-45   

   

4 – Trois histoires et un musée Napoléon / Three histories and a Napoleonic Museum. Cuba. Revolution et/and Culture 2 (s. d.) : 41-45.   

   

5 – González, Reynaldo. Entrevue. 15-10-2007.

 

6 – Durant cette période Reynaldo González a dirigé Página Tres du journal Revolución, il a collaboré avec Bohemia et dans le supplément Hoy Domingo, La Gaceta de Cuba, Unión, Cuba Internacional, parmi d’autres.    

   

7 – Voir : Pereira, María de los Ángeles. El milagro inconcluso de los panes y los peces. (Balance del arte cubano de las últimas décadas del siglo XX) [(Le miracle non conclu des pains et des poissons. (Balance de l'art cubain des dernières décennies du XXème siècle XX)]. Seconde version – écrite durant l’année 2000 – du travail publié dans la Revista Universidad de La Habana sous le titre El arte cubano en el continuo de sus desafíos: antes y durante un período 'especial’ (L'art cubain dans le continu de ses défis: avant et durant une période « spéciale »). Revista Universidad de la Habana, Nº 251, 1999.   

   

8 – Luis Agüero a commencé à exercer le journalisme en 1959, comme critique de la radio et de la télévision. Durant cette période il a collaboré avec diverses publications périodiques, parmi elles Lunes de Revolución. Son premier livre de contes a été De aquí para allá (1962). Il a reçu une Mention dans le Concours Casa de las Américas de 1967 pour son roman La vida en dos.   

   

9 – Reynaldo González et Luis Agüero. Le dessin graphique / Cuban graphic design. Cuba. Revolution et/and Culture 8-9 (1966-1967) : 24   

 

10 – Ces artistes étaient : Mariano Rodríguez, Alfredo González Rostgaard, Frémez (José Gómez Fresquet), Mayito (Mario García Jewel), parmi d’autres.    

Lors du montage de cette exposition, Raúl Martínez a été accusé d'être homosexuel par un fonctionnaire cubain et il l’a expulsé de ce pays pour cette cause. Dans son livre Yo, Publio. Confesiones de Raúl Martínez, l'artiste écrit :

 

J'avais travaillé sur la maquette avec Mayito et les architectes. La durée était de deux semaines ; ils m'ont obligé de partir lors de la première. Un fonctionnaire que je connaissais très bien, car il me flattait ici à La Havane, a dit qu’ici il n’y avait pas de place « pour les homosexuels, pour très brillants qu’ils soient ». Les efforts de Mariano et de Mayito afin que cet opportuniste imbécile me permette de conclure mon séjour avec eux n’ont pas abouti, et j’ai dû partir avant, tourmenté et frustré.    

 

Martínez, Raúl Yo, Publio. Confesiones de Raúl Martínez. Maison d’édition Letras Cubanas, 2ème édition (2008), p. 402.   

   

11 – Torriente, Loló de la. Paradiso. Bohemia 58. 27 (8 juillet 1966) : 38-39.   

 

12 – Deux livres de José Lezama Lima / Two books by José Lezama Lima. Cuba. Revolution et/and Culture 6 (1966) : 41.   

   

13 – Díaz, Jésús. Para una cultura militante (Tres notas sobre arte y otra) [(Pour une culture militante (Trois notes sur l’art et autre)]. Bohemia (La Havane) 58. 37 (16 septembre 1966) : 35-38.   

   

14 – Vicente Revuelta, un an avant, avait dû laisser la direction du groupe Teatro Estudio pour ses inclinations sexuelles, ce qui avait causé une contrariété d'un secteur de l'intellectualité où prédominaient ses qualités comme artiste. On peut lire sa version de ces faits dans : Hernández – Lorenzo, Maité y Omar Valiño. Vicente Revuelta: monólogo. Coédition de Mecenos et Reina del Mar Editores, 2000, p. 36-37.

 

15 – Voir : Portuondo, José Antonio : Itinerario estético de la Revolución Cubana, dans Revolución, letras, arte. Ville de La Havane : maison d’édition Letras Cubanas, 1980, pp. 160-187.

   

16 – Les numéros 8 et 9 ont été publiés ensemble, c'était une édition spéciale.   

   

17 – Dans la revue on signale, en français : Revue bi-mensuelle editée par le conseil national de la culture. En anglais : A by-monthly magazine publisher by the Nacional Council of Culture.