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L’exception honorable d’Emilio Bacardi
Par Aida Quintero Dip Traduit par Alain de Cullant
Il a développé un travail au service des intérêts du peuple et pas exclusivement pour celui d’une élite.
Illustration par : Giulio Gioia

Un même sceau distinguait les maires de Santiago de Cuba avant le triomphe de la Révolution : enivrer les habitants de vaines promesses, une caractéristique très commune dans le savoir faire des dirigeants de la République de l’époque.

Emilio Bacardi Moreau a été une exception honorable, il a développé un travail au service des intérêts du peuple et pas exclusivement pour celui d’une élite.

Il a été nommé maire de la ville de Santiago de Cuba après la cessation de la domination espagnole, depuis ce poste il a beaucoup fait pour la culture, comme la création d’un musée portant son nom aujourd’hui, pour préserver les reliques des guerres libératrices du XIXe siècle.

Bacardi démissionna en juillet 1899 pour des raisons de dignité et pour posséder une âme rebelle face à toute imposition dogmatique.

Mais les gens, qui lui ont toujours montré son affection et son admiration, l’ont replacé nouvellement comme maire le 1er juin 1901 suite aux élections municipales, une responsabilité qu’il a nuancé avec des initiatives de bien public et un enthousiasme civique pour le bénéfice de la société.

Ce notable patriote, né le 5 juin 1844 à Santiago de Cuba, s’est distingué dans l’administration des fonds communautaires et s’est défini suivant ses propres mots : « Un gouvernant doit être le serviteur du peuple et non le maître » et « L’obligation de toute autorité est d’être au service de ceux qui souffrent et non pas ceux qui souffrent à la disposition de ceux qui commandent ».

Bacardi est également reconnu pour son travail en faveur de la nationalité cubaine et pour la montée de la culture, de telle sorte qu’il a coopéré avec le sauvetage et l’acquisition de la maison de José Maria Heredia, le premier poète romantique de l’Amérique.

Il a également fondé la première Fanfare Municipale et l’Académie des Beaux-arts, et il crée 32 écoles pour garçons et filles et une pour les adultes, des bibliothèques publiques dans les quartiers, ainsi que le musée qui porte aujourd’hui son nom dans la Ville Héros de la République de Cuba.

Son œuvre a été l’arrangement de l’hôpital civil, l’éclairage électrique dans la rue publique, le pavement des rues et il a également honoré la mémoire des héros tombés avec des pierres tombales et des monuments.

On doit à ce patriote et intellectuel de renom la belle tradition de la levée du drapeau cubain tous les 31 décembre dans le Parque Céspedes, dans le cœur du centre historique de la ville, fondée le 25 juillet 1515.

Possédant une grande vision dans le domaine économique, il s’est également intéressé à la promotion des mines et à la construction de lignes ferroviaires comme celle autorisée en 1893 pour l’exploitation des mines d’El Cobre et le chemin de fer de Santiago de Cuba.

Nommé Fils Préféré par le Conseil municipal de Santiago de Cuba, une rare qualité se distingue parmi les hommes d’affaires de l’époque dans la personnalité d’Emilio Bacardi : sa grandeur morale, son honnêteté et l’amour pour ses semblables.

Il a uni sa vocation littéraire à sa projection patriotique, avec une excellente œuvre dans laquelle on souligne les célèbres Crónicas a Santiago de Cuba, résumant en 10 tomes l’histoire de la légendaire ville de l’orient cubain.

La chose la plus importante de cet ouvrage a été sa volonté d’élever, avec le produit, un monument pour perpétuer la mémoire du Père de la Patrie, Carlos Manuel de Céspedes.

Sa mort, le 28 août 1922, a été profondément ressentie par le peuple cubain et quand le prestigieux ethnologue, Don Fernando Ortiz l’a apprise, il a eu une expression qui dépeint l’intégrité de cet homme : « Bacardi était sage sans pétulance, érudit sans aridités… un ami généreux et sans réserve… paternel sans faiblesse et cubain, toujours cubain ».