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L’Age d’Or : C’est mon amour depuis l’enfance
Par Rachel Domínguez Rojas Traduit par Alain de Cullant
On publie l’entrevue avec notre regretté collaborateur Salvador Arias à fin de commémorer le 130e anniversaire de la publication de l’Age d’Or.

Plus d’un siècle après la parution de La Edad de Oro  (L’Âge d’Or), les résonances de ce texte font continuer à apparaître dans des recherches les plus diverses. Générées à partir du Centro de Estudios Martianos, deux éditions critiques de ce texte de base pour les enfants ont été travaillées dans notre pays. En charge de celles-ci se trouvait le Dr Salvador Arias, auteur de textes tels que Búsqueda y análisis, une compilation d’essais publiés en 1974 ; l’édition de 1980 de Estudios heredianos, par José María Chacón y Calvo, avec son prologue ; Tres poetas en la mirilla, un livre dédié à Gabriel de la Concepción Valdés « Plácido », José Jacinto Milanés et Gertrudis Gómez de Avellaneda datant de 1981, et Aire y fuego en la raíz: José María Heredia, avec des éditions à Cuba et au Mexique. Arias a également publié des essais et des articles dans la Revista de la Biblioteca Nacional, la revue Bohemia ou dans le journal Juventud Rebelde, parmi d’autres. Nous nous sommes approchés de cet homme aux yeux clairs pour connaître ce projet qui était et est, fondamentalement, une œuvre d’amour.

L’édition critique de L’Âge d’Or  

L’édition critique est un terme inventé dans ce qui est la recherche littéraire. Une édition critique explique tout ce qui doit être expliqué. Bien sûr, il y a de nombreux niveaux : l’édition critique doit être pour les enfants et les adolescents ainsi que pour les spécialistes. Elle gère le type d’information à donner à chaque lecteur. Un enfant n’étant pas le même qu’un diplômé d’université.

Dans le centre, nous avons réalisé deux éditions critiques durant une longue période. La première a été réalisée d’une manière très exhaustive, elle explique les œuvres de José Martí d’une manière très détaillée en pensant à tous types de personnes, un élève de l’école secondaire, par exemple. L’information est excessive, mais je pense que c’est nécessaire. La Edad de Oro a été écrit exactement il y a presque 130 ans, et le monde a beaucoup changé, sans aucun doute il y a des choses de ce temps qui méritent d’être expliquées aujourd’hui. L’autre édition, qui n’est pas encore achevée, sera conforme aux règles des autres tomes.

Nous avons donc deux éditions : celle comptant les Œuvres Complètes, de Martí et celle que nous avons à part sur La Edad de Oro, que nous commençons à diviser en carnets. Le dernier volume qui est sorti est celui qui contient « L’exposition de Paris », « Le père Las Casas », « L’Iliade »… Et nous sommes restés là car l’impression est très chère. Nous voulons aussi que sorte un tirage moins cher pour que tout le monde puise l’obtenir. En général, le travail principal du Centro de Estudios Martianos est de faire une édition critique de toutes les œuvres de José Martí. Dans cette tâche, nous arrivons à plus d’une vingtaine de tomes, où La Edad de Oro est inclus.

J’ai travaillé de nombreuses années sur ce livre, c’est mon amour depuis l’enfance. Quand on me demandait de travailler sur un bon texte à l’Université, j’ai toujours choisi La Edad de Oro, donc, après avoir tant travaillé avec ce texte, nous avons décidé de faire son volume correspondant.

Tout d’abord, nous avons compilé tout ce qui avait été écrit sur son contenu. Au cours du processus, j’ai réalisé que nous devions également créer un instrument pour les professeurs axés sur la meilleure compréhension de Martí. Par exemple, « L’exposition de Paris » est un article contenant de nombreuses informations de l’époque. Herminio Almendros, dans un livre très important qu’il a fait sur La Edad de Oro - le premier livre réalisé sur cette œuvre -, dit qu’il y a beaucoup d’informations devant être restituées car beaucoup de temps a passé. Il me semble que cette information n’est pas une éventualité, Martí offre les données avec un sens formatif et, peut-être, maintenant il faut les expliquer, mais jamais les éliminer. Certains des pays qu’il mentionne ont changé son nom, évidemment il est nécessaire de le signaler ; Martí ne va pas aux détails, mais au sens général qu’ils donnent dans son ensemble. Cet article, « L’exposition de Paris », traite principalement du développement industriel et termine par une phrase que j’aime beaucoup : « … Au-dessous de la Tour Eiffel passent les gens du monde… ». C’est l’une des idées les plus importantes de l’article car la tour, à cette époque, signifiait l’expression maximale des possibilités de la création de l’homme, et des choses comme celles-ci ne doivent pas être perdues par excès d’informations ou par un vocabulaire complexe.

Les enfants d’aujourd’hui perdent sans doute du vocabulaire avec le cinéma, la télévision ou les jeux vidéo. Ils s’habituent à un langage très sec. Cela arrive aussi avec Internet, où la langue est contractée. C’est plus rapide, mais moins riche. Nous savons que Martí a écrit avec une grande richesse de langage, même si La Edad de Oro a été écrit pour les enfants, afin que les enfants puissent communiquer avec lui.

Un autre aspect important de cette question : les traductions. Il y a une grande controverse autour de ce sujet car on dit qu’une bonne traduction peut être considérée comme une autre œuvre. Félix Flores, un ami qui a beaucoup travaillé autour des traductions de Martí pour La Edad de Oro, vient de publier un livre sur l’œuvre d’Edgar Alan Poe dans Martí, c’est à dire, des traductions des écrits de Poe faites par Martí. De mon point de vue, ces œuvres ne sont pas de simples traductions, quand Martí les assume, il les transforme. Lorsqu’on lit le texte original, puis on le compare avec la traduction, on réalise ses arrangements : ce qu’il a supprimé, ce qu’il a ajouté, parfois des références très personnelles.

Dans « Meñique » - une traduction du conte de Laboulaye - le moment où les noces du protagoniste sont racontées est décrit comme un mariage moderniste, pour des couleurs que Martí dépeint avec tous les détails. Quand il dit que l’on ne peut rien dire sur les mariages jusqu’à ce qu’un temps passe, une note autobiographique est intercalée. Il se réjouit comme un grand écrivain. Il y a toujours une recréation à apporter à la langue espagnole, car l’espagnol n’est pas égal au français ou à l’anglais.

L’exemple le plus clair est peut-être « Los dos príncipes (Les deux princes) », d’Helen Hunt Jackson, qui en anglais est intitulé « Le prince mort ». Ici Martí s’éloigne plus de l’original dans la deuxième partie quand il parle des bergers. Pour l’auteur original du texte, les bergers et les rois ressentent la même douleur, et il parle des bergers pleurant ; Martí, par contre, parle de ces bergers travaillant et dialoguant à la première personne, tandis que les rois ne parlent pas. Le berger creuse la fosse et la bergère dit qu’ils n’ont pas la lumière du soleil. Par conséquent, Martí donne une plus grande émotion à ce passage du texte par sa traduction. C’est pour cette raison que ce n’est plus une traduction, mais une version de l’original. C’est ainsi avec presque tout.

Cette édition critique est déjà terminée, mais pas encore publiée. Nous essayons qu’elle soit distribuée rapidement, mais mener à bien ce processus est difficile. De même, les éditions de La Edad de Oro sont épuisées rapidement, c’est un livre qui doit être en permanente réédition.

Des questions éthiques non seulement pour les enfants

Les influences du contexte dans lequel une œuvre est écrite ont presque toujours une énorme influence. Avec cette œuvre, on peut dire que les choses qui se passaient à ce moment-là n’ont pas eu une influence directe. Ce que Martí avait comme priorité en 1889 était l’indépendance de Cuba, et cette question ne sort pas dans La Edad de Oro, non pas parce que ce n’était pas important, mais parce qu’il pensait à l’avenir. Il part de la réalité, mais de ce que pourrait être cette réalité à l’avenir.

Très vrai est l’expression Martí, probablement l’un des plus mentionnées et répétées par tous : « les enfants sont l’espérance du monde ». La Edad de Oro, simplement, est un moyen de préparer les enfants à ce qu’ils devront vivre quand ils seront des hommes. De même selon les caractéristiques qu’il veut donner à la revue, il traite les sujets de leur essence. Il traite l’impérialisme sans endoctriner les enfants sur le sens du mot en tant que tel, mais il inculque son essence : les peuples qui essaient de soumettre les autres, les héros qui ne sont pas des supers hommes.

Martí va aux questions universelles, il part de la réalité en particulier, comme il le fait dans « L’exposition de Paris », mais il soulève des choses qui seront valables pour une longue période. C’est pourquoi il me semble que le plus grand poids de La Edad de Oro est éthique, plutôt que les questions informatives ou anecdotiques. « Une promenade dans le pays des Annamites » ou « L’histoire de la cuillère et de la fourchette » sont des textes qui projettent l’avenir. C’est pour cette raison que La Edad de Oro est traduit et lu dans toutes les langues, c’est un livre universel.

Je suis toujours surpris par le grand respect que Martí a pour les enfants. Je l’ai toujours ressenti. Il a souligné qu’on ne doit pas mentir aux enfants ou essayer de se moquer d’eux. Dans ses lettres on peut voir également le profond respect avec lequel il s’approche des petits. Quand il leur parle, il tente de le comprendre, d’établir une communication, mais sans manquer d’élever ses idées, toute sa problématique d’une forme compréhensible pour eux. C’est le cas avec le classique thème tabou : la mort, qui est présent dans presque tous les contes de La Edad de Oro.

Martí dit aux enfants qu’ils ne doivent pas avoir peur de la mort, mais d’apprendre à mourir avec dignité, de voir ceci comme une chose quotidienne. Il donne même l’exemple des annamites, qui était très étrange dans la religion catholique, de la façon dont ils emmènent leurs morts dans la forêt pour être mangés par les animaux et donc revenir à la nature. C’est une idée très avancée pour cette époque.

La Edad de Oro ne peut pas être vu seulement comme un livre pour les enfants, même ci cela a été l’opinion générale il y a encore quelques décennies. Mais en pensant aux enfants comme les hommes de l’avenir, on peut dire que c’est un livre pour toutes les générations. C’est pourquoi je pense que la formation des hommes doit passer par La Edad de Oro. À mes 75 ans, je lis encore ce livre, et je trouve quelque chose de nouveau à chaque fois.

La Edad de Oro a de nombreux niveaux de lecture. Martí, comme les grands écrivains, ne reste jamais dans un seul niveau du message. L’enfant peut en capter certains, d’autres, déjà quand ils sont adolescents et d’autres pour les adultes qui lisent attentivement, l’analysent ou l’étudient.

Je pense qu’il y a quelque chose d’intéressant à ce point dans les messages, les enfants ne le repousse pas, ils n’ont pas l’impression qu’ils sont endoctrinés. Par exemple, dans « Nené traviesa », la petite déchire le livre et le père se fâche, mais il ne la frappe pas. Ceci peut être un message plus pour les parents que pour les enfants. Je pense que La Edad de Oro était pour les enfants et au-delà d’eux.

Selon Martí, la fermeture est due au fait que son éditeur, Da Costa Gómez - en plus de l’idée originale, il s’occupait de la typographie et il payait la revue - a commencé à recevoir une série de plaintes et de protestations des lecteurs de l’époque car « la crainte de Dieu n’était pas présente dans la revue », selon les propres mots de Martí.

Quand on compare La Edad de Oro avec les revues de l’époque écrites en langue espagnole, il se rend compte que celle-ci rompt avec tous les canons des publications pour enfants de l’époque. À Cuba il y en avait quelques unes, certaines mauvaises et certaines bonnes. José de la Luz y Caballero en avait une à sa charge et aussi Cirilo Villaverde, tout cela est très bien expliqué dans un livre intitulé  Un proyecto martiano esencial. Même dans les années soixante, à Guanabacoa, il y en avait une dans laquelle Martí est un collaborateur, bien qu’il semble qu’il n’ait jamais eu la chance d’écrire.

Dans toutes les revues de l’époque - c’était le concept qui existait aussi dans l’éducation – on enseignait à l’enfant à craindre Dieu, ses parents et sa famille en général, à être obéissants et calmes. Mais Martí définissait son propre concept : « … les enfants ne peuvent pas être des lacs calmes, mais des rivières torrentueuses… » Cela a soulevé une série de protestations et elles ont été envoyées à Da Costa qui, apparemment, n’était pas catholique mais juif.

Les éditeurs se plaignaient toujours de Martí. Dans La Nación, ils lui ont demandé de ne pas parler si mal des États-Unis et, en général il acceptait, en apparence, car comme écrivain il avait les moyens de dire ce qu’il voulait d’une manière plus subtile et moins évidente. Mais La Edad de Oro était le seul projet littéraire dont il s’occupait sous tous ses aspects : il l’a écrit complètement, il a assuré la conception de la revue, il a choisi les illustrations, il a assumé la distribution en Amérique Latine… Elle était tellement sienne qu’elle continuerait à être comme il le voulait ou il cesserait de la faire. Nous ne pouvons pas non plus oublier que Martí, en 1889, avait de nombreuses tâches et il était dans la dernière ligne droite quant à la formation du Parti Révolutionnaire. Parfois, je me demande comment il a eu le temps d’écrire La Edad de Oro.

Tous les héros ne sont pas comme Superman

En quatre mois (de juillet à octobre), Martí se traçait un très grand projet. Dans la revue il parle de choses qu’il n’a pas faites, comme encourager l’interaction de la revue avec son auditoire, et aussi un célèbre article sur la lumière électrique qu’il a annoncé dans plusieurs numéros et qui n’est jamais sorti.

Je pense qu’il avait un plan très large qu’il n’a pas eu le temps d’accomplir et une organisation parmi les thèmes de chaque numéro. Le premier est dédié au thème du héros : « Trois héros », « L’Iliade », « L’écureuil et la montagne », « Meñique », « Bébe et M. Don Pomposo », sont différentes façons d’être un héros que Martí met à la disposition des enfants. « L’exposition de Paris » irradie d’autres textes, à travers ce texte, Martí a un contact avec la culture orientale chinoise, que l’on voit plus tard dans d’autres, comme « Les deux rossignols ».

Je pense aussi que dans ses contes (« Bébé et M. Don Pomposo », « Nené traviesa » et « La poupée noire ») il y a un dépassement progressif. Il y a un aspect, le point de vue à partir duquel ils sont racontés, qui est la perspective de l’enfant, et qui est beaucoup plus avancée dans chaque conte. Comme tous les grands écrivains, Martí s’est surpassé à mesure qu’il écrivait.

Les principaux concepts que Martí exerce sont avant tout éthiques. Il insiste beaucoup sur une idée qui est très difficile à accepter ces jours-ci : que l’homme doit être bon en soi. En outre, il y a son problème de base qui est l’Amérique Latine. Il y a « Les ruines indiennes », « Trois héros » et « Le père Las Casas » qui sont essentiels pour connaître l’histoire de l’Amérique.

Il y a certains articles dans chaque numéro qui étaient basiques car la revue devrait avoir 32 pages. Donc, quand il avait de l’espace, il en écrivait d’autres plus petits. « Un nouveau jeu et d’autres anciens » me donne l’impression qu’il était de ce dernier.

Martí choisit trois designs et élabore un texte qui n’a apparemment rien à voir avec les illustrations, mais il les recréé et il les appelle poupées les tributs que faisaient les Romains. Ce sont des aspects importants. Tout comme l’ouverture à la science et à la technique et surtout l’ouverture au monde.

On parle récemment de l’environnementalisme dans La Edad de Oro. Cela me fait penser qu’au fil du temps on continuera à trouver des choses dans les textes de Martí qui ont à voir avec notre temps et notre réalité, et qui nous sont utiles. Avec cette revue il rompt complètement avec ce qu’était la littérature pour les enfants de l’époque.

D’autre part, l’enfant, comme étant avec ses propres caractéristiques et sa propre personnalité, commence à être valorisé au XVIIIe siècle avec Émile, de Rousseau. Avant ça, c’était juste un petit homme. C’est au XIXe siècle que l’on commence à découvrir et à écrire pour lui. Mais on lui écrit depuis la position du maître, toujours en le réprimandant et en lui imposant des règles, bien qu’aux États-Unis il y avait déjà quelques revues qui avaient avancé un peu à cet égard.

Quand La Edad de Oro est sorti, le plus surprenant était qu’un écrivain aussi prolifique que Martí pouvait écrire sous cette forme pour les enfants, avec toutes ses armes, avec toutes ses possibilités. Car il l’a fait comme personne ne l’a fait à l’époque. Ou on écrivait des sottises pour les enfants ou ceux qui ont écrit pour eux n’étaient pas de grands écrivains. Cela continue à se produire un peu, aujourd’hui la littérature pour des enfants est relativement sous-estimée.

Il y a eu une rupture complète avec La Edad de Oro, en particulier dans la langue espagnole. La chose la plus surprenante est que toutes les idées de Martí, en tant que penseur et révolutionnaire, sont dans ces quatre numéros, accessibles à tous les enfants. C’est pour cette raison que la pensée de José Martí est tant transcendante.

En Amérique Latine, fondamentalement, il y avait une rupture évidente avec les schémas existants et avec la culture coloniale. La première édition de La Edad de Oro a été faite au Costa Rica, en 1920, et on a rencontré des publicités de la revue dans les journaux de l’époque du Guatemala, de Panama et d’autres pays latino-américains.

Martí a créé une nouvelle vision de ce qu’était de travailler avec les enfants, il se souciait beaucoup de communiquer avec eux. Il utilisait un ton conversationnel qui, sans être élégant ou artificiel, facilitait la communication. Surtout dans « La dernière page » qui était complètement familière.

Lorsque Martí arrive aux États-Unis, il y a des visions très dégradantes sur l’Autre, en particulier des émigrés. Les chinois, qui ont toujours été une communauté très forte dans ce pays, accusent constamment ce rejet, on parle très mal d’eux. Cependant, on s’approche beaucoup de leur culture et l’on entre dans le monde oriental. Je pense que le récit sur les Annamites est le meilleur exemple pour cela. Il a toujours attaqué la discrimination et les préjugés raciaux dans ses écrits, et je crois que ceci était déjà aux portes du XXe siècle.

La Edad de Oro arrive à l’âge du plastique

Les idées sont toujours en vigueur. Depuis qu’elles sont formées, elles traînent de génération en génération. Les bases de l’idée que nous avons gardée de Martí ont surgi dans ces années.

Les enfants de l’époque lisaient beaucoup, par manque de télévision et d’autres divertissements technologiques ; mais l’œuvre n’a pas perdu son legs et elle nous arrive pratiquement intègre de nos jours.

Je pense que si Martí écrivait La Edad de Oro actuellement, il le ferait en utilisant les ressources technologiques les plus attrayantes pour les enfants, sans perdre sa formule, bien que la forme changerait un peu. En fait, beaucoup de ces moyens sont utilisés actuellement pour faire connaître ses textes et surtout celui qui nous occupe.

Cela se voit dans le fait que La Edad de Oro est un texte très demandé dans les librairies, l’un des premiers dans les listes des plus recherchés et que chaque année on doit faire de nouvelles impressions. Quand un enfant a La Edad de Oro, ce n’est pas un livre qu’il offre ou qu’il perd, c’est un livre dont il prend soin. Chaque nouvelle génération d’enfants veut avoir son propre livre, un livre qui arrive également à de nombreux peuples du monde.

Quant aux études réalisées sur ce texte, je peux vous dire que dans les dernières décennies on a fait six ou sept fois plus de recherches ont été faites depuis l’année 1889 jusqu’aux années 1950 et, pour moi, il semble que c’est une preuve évidente de sa validité.

Mon père m’a donné La Edad de Oro et mes neveux ont beaucoup d’amour pour ce livre. Le garçon aimait beaucoup « Meñique » et chaque fois que je lui rendait visite il me demandait de le lire. Comme le texte était très long, parfois je sautais quelques parties, et il me corrigeait et ne se laisse pas tromper car il le connaissait par cœur.

Je ne peux pas vous dire que cette expérience soit répandue à tous les niveaux car je n’ai aucune connaissance, même certains professeurs se plaignent qu’on ne connaît pas La Edad de Oro comme il se doit. Mon avis dans ce cas serait très partial parce que je travaille dans un endroit où nous avons recours à ce texte en permanence. Les fins de semaines les enfants de la communauté et des écoles proches viennent à diverses activités que nous faisons dans le centre et ils connaissent très bien ce livre.

On suppose que nos enfants d’aujourd’hui le lisent car ils le demandent et c’est toujours un bon cadeau. En outre leurs parents le lisent, je m’imagine que c’est une tradition qui se maintiendra, même si je ne peux pas l’assurer.

Je pense que les médias ne reflètent pas toujours Martí de la meilleure façon et que parfois on éloigne le récepteur, il tombe dans une sorte de champ de rejet. Mais je ne pense pas que cela arrive avec La Edad de Oro parce que la plupart du temps il arrive d’une manière naturelle.

Avec ce que Marti signifie à Cuba, avec ce que signifie La Edad de Oro, les enfants s’en approchent volontairement, avec intérêt. Il faut demander aux enfants si ce livre est accessible ou non. D’une certaine façon, il y a certaines choses qui ont besoin d’explications, d’où l’édition critique. Cependant, les enfants surpassent les difficultés étonnamment et ils ont presque toujours plus de capacité que celle attribuée aux adultes. Ils assument La Edad de Oro à leur manière, ce qui reste à étudier.