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José Martí et les musiciens, les poètes et les peintres
Par Víctor Pérez-Galdós Ortiz Traduit par Alain de Cullant
Dans le second numéro de la revue La Edad de Oro, José Martí a inclus une œuvre intitulée « Musiciens, Poètes et Peintres », dans laquelle il présentait des considérations significatives sur d’éminents créateurs, de grand prestige universel, dans ces manifestations artistiques.
Illustration par : Oandris Tejeiro « Joa »,

Dans le second numéro de la revue La Edad de Oro, qui a circulé en août 1889, José Martí a inclus une œuvre intitulée « Musiciens, Poètes et Peintres », dans laquelle il présentait des considérations significatives sur d’éminents créateurs, de grand prestige universel, dans ces manifestations artistiques, prenant en compte de ce qui a été reflété dans un livre de Samuel Smiles.

Avant de se référer aux musiciens, poètes et peintres qui avaient excellé depuis les étapes de son enfance et de son adolescence, Martí soulève d’importants concepts quant à la jeunesse et il souligne également le rôle de l'éducation.

Il a écrit, par exemple, que le monde possède plus de jeunes que de vieux car la majorité de l'humanité est formé par les jeunes et les enfants.

Il a commenté que la jeunesse est l'âge de la croissance et du développement, de l'activité et de la vivacité, de l'imagination et de l’impétuosité.

Il exprime ensuite la pertinence qu'il attribuait à la bonne formation des êtres humains depuis leur enfance, disant : « Quand on ne prend pas soin du cœur et de l'esprit dans les jeunes années, on peut craindre que le vieillissement soit désolé et triste ».

Il a également détaillé que chaque être humain a en lui un homme idéal et que l'éducation commence avec la vie et termine avec la mort. Que le corps est toujours le même, qu’il s’altère avec l'âge et que l'esprit change sans cesse, s’enrichissant et se perfectionnant au fil des ans. Il a également affirmé que dans un même homme il peut souvent y avoir un petit cœur et un grand talent et que chaque homme a le devoir de cultiver son intelligence, par respect à lui-même et au monde.

Il a ajouté que, généralement, l'homme n'atteint pas un bien-être permanent dans la vie, mais après de nombreuses années d'attente avec patience et d'être bon, sans jamais se reposer.

Après avoir exposé toutes ces considérations, Martí offre une brève caractérisation, et même des anecdotes, sur de notables poètes, musiciens et peintres.

Par exemple, il fait référence à Jean-Sébastien Bach, organiste et compositeur allemand, l'un des génies les plus grands et les plus prolifiques de la musique européenne ; à Wolfgang Amadeus Mozart, compositeur autrichien, l'un des plus influents de l'histoire de la musique occidentale, et à Ludwig van Beethoven, un compositeur allemand considéré comme l'un des plus grands de la culture occidentale.

Il évoque également Haendel, Haydn, Mendelssohn et Franz Schubert. En particulier, il classifie Schubert comme l'enfant merveilleux de Vienne, disant : « Il jouait du violon quand celui-ci n'était pas plus grand que lui, de même que le piano et l'orgue. Avec une seule lecture d'une chanson, il pouvait la mettre en une musique exquise, qui ressemblait à un rêve et un caprice, et comme si c'était un air de couleurs ».

En ce qui concerne les plasticiens, Martí précise que parmi les peintres et les sculpteurs, il y a eu beaucoup de ceux qui se sont révélés dans l'enfance et que le plus glorieux de tous est Michel-Ange.

Dans cet ouvrage il aborde Raphaël, le peintre de la Renaissance italienne considéré comme l'un des plus grands et influents artistes de tous les temps et Leonard de Vinci, artiste florentin et l'un des grands maîtres de la Renaissance, qui, en plus d’être peintre, a été sculpteur, architecte, ingénieur et scientifique.

De cet artiste singulier, il écrit : « Leonard de Vinci s’est souligné, dès l'enfance, dans les mathématiques, la musique et le dessin. Dans une peinture de son maître Verrocchio il peint un ange d’une telle beauté que le maître, inconsolable de se voir inférieur à son disciple, a laissé son art pour toujours ».

Egalement en correspondance avec le titre de l'ouvrage inséré dans le second numéro de La Edad de Oro, après avoir fait allusion à des musiciens et des peintres, Martí commente le travail d’illustres poètes et il explique qu'ils ont tendance à donner très tôt des échantillons de leur vocation, en particulier celles de l'âme inquiète, sensible et passionnée.

Il rappelle que Dante, à l'âge de neuf ans, a écrit des vers à une petite fille de huit ans dont il parle dans sa Vida Nueva.

Il évoque Pietro Metastasio, un poète italien considéré comme l'auteur des plus importants livrets d'opéra du XVIIIe siècle, soulignant que, quand il avait dix ans, il improvisait dans les rues de Rome et Vittorio Alfieri, dramaturge et poète italien qui était l'une des principales personnalités littéraires et patriotiques de l'histoire de l'Italie moderne, démontrant des qualités extraordinaires dès sa jeunesse, précisant : « Enfant, il était très faible, comme beaucoup de poètes précoces, et à l'extrême pensif et sensible ».

Dans le travail susmentionné, il parle également de l'œuvre créatrice de Miguel de Cervantes Saavedra, dramaturge, poète et romancier espagnol, auteur de l'œuvre El ingenioso Hidalgo Don Quijote de la Mancha, considéré comme le premier roman moderne de la littérature universelle.

Martí aborde également la précocité de Victor Hugo, un poète, romancier et dramaturge français dont les œuvres volumineuses ont eu une grande impulsion, peut-être la plus grande donnée par une œuvre particulière au romantisme dans son pays.

Martí explique, de forme résumée, la transcendance d'autres écrivains de grand prestige et de différentes parties du monde.

Ce n'était pas exactement ce que nous pourrions qualifier comme une critique aujourd'hui, mais en pleine correspondance avec sa sensibilité et sa connaissance, il a été capable de commenter les caractéristiques des expositions, les livres édités et, aussi, les présentations de notables musiciens sur différentes scènes.