IIIIIIIIIIIIIIII
José Martí et la musique
Par Ana María Reyes Traduit par Alain de Cullant
Le livre José Martí y la música, du chercheur et essayiste Salvador Arias García, propose une approche à un sujet insuffisamment analysé par ceux qui se sont consacrés, au fil du temps, à étudier la vie intellectuelle du Maître.
Illustration par : Oandris Tejeiro « Joa »,

« Martí, bien que sans cultiver aucune de ses diverses formes, était un fervent admirateur et amant de la musique, dans toutes ses variantes, voyant toujours en elle un nonce de futures satisfactions, une véritable oasis pour l'esprit immortel quand, dépouillé de l'enveloppe humaine, il reposera, avec toute la tâche accomplie, « et la toile dans son cadre », de l'épreuve terrestre douloureuse de « mourir sur la Croix tous les jours ».

Ainsi l’a écrit Gonzalo de Quesada y Miranda, dans un article paru dans la revue Bohemia, le 19 mai 1935, inclus, quatre ans plus tard, dans son livre Facetas de Martí, publié par la maison d’édition Tropic. Un texte qui intègre maintenant le volume intitulé José Martí y la música (Centro de Estudios Martianos, collection Ala y Raíz, 2014, 160 pp), comptant une sélection, une introduction et un essai initial du chercheur et essayiste Salvador Arias García.

Avec une première édition de l'année 2009, ce livre propose une approche à un sujet insuffisamment analysé par ceux qui se sont consacrés, au fil du temps, à l'intérieur et hors de l'île, à étudier la vie intellectuelle du Maître. Il s’agit de la relation enrichissante maintenue par José Martí avec la musique, ce qui est évident si l’on examine beaucoup de ses textes en prose et en vers.

Bien que Salvador Arias ne soit pas considéré comme un spécialiste dans ce domaine, - le fait « que ni Martí ne l'était, strictement parlant » l’a encouragé à mener à bien cette recherche, comme il le souligne -. Avec succès et précision, il présente au lecteur un panorama de connaissance essentielle pour apprécier et valoriser les solides vases communicants qui ont uni l'Apôtre avec une manifestation artistique si riche et si féconde.

L’essai initial José Martí y el arte musical résulte un éclaircissement, dans lequel Arias García dévoile les clefs essentielles de son objet d'étude. Un texte qui commence par une approximation de l'environnement ayant permis au Maître d'écouter les œuvres les plus précieuses et les meilleurs interprètes de son temps, puis de plonger dans le regard de Martí quant à la musique populaire, les opéras italiens et français et l'héritage de grands compositeurs, parmi d’autres sujets intéressants.

Voici quelques réflexions de Salvador Arias García dans l'essai susmentionné :

Il est très probable que, comme dans de nombreux autres domaines, Martí affine et mûrit ses goûts musicaux au fil du temps, en particulier dans une ville comme New York. Une analyse de ses écrits de cette époque (chroniques, lettres, notes dans les journaux, etc.), dans lesquels il a exposé ou commenté de manière vivante divers thèmes musicaux, peut le corroborer. Son étroite amitié et les conversations possibles avec le cubain Emilio Agramonte, directeur d'une École d'Opéra et d'Oratoire, à qui Martí a consacré deux articles dans son journal Patria (1892-1893), montrent sa fine sensibilité et ses connaissances musicales, en particulier dans le domaine de l'opéra.

Cependant, dans ses textes sur l'art, les manifestations picturales étaient plus approfondies que sur celles de la musique, avec des articles plus ou moins étendus au cours de différentes étapes de sa vie. On sait qu’il s’est inscrit très tôt en dessin dans l’Académie San Alejandro de La Havane et ensuite, en particulier à Madrid et au Mexique, sa relation a été constante avec les peintres ainsi que ses visites à des ateliers et à des expositions. En ce qui concerne la bibliographie, cela a été une facette attractive pour différents auteurs.

Les pages de José Martí y la música comprennent, comme textes complémentaires, une douzaine d'évaluations, datées entre les années 1935 et 2001 - avec la signature, entre autres, du musicologue Orlando Martínez, du narrateur Alejo Carpentier, du poète Cintio Vitier, de l’investigatrice Zoila Lapique Becali et du journaliste Omar Vázquez -, qui permettent d'apprécier, à partir de divers points de vue, l'approche donnée au sujet pendant près de sept décennies.

José Martí y la música, comme l’affirment ses éditeurs, est un livre de découvertes. Une œuvre dans laquelle Salvador Arias García découvre non seulement un univers insoupçonné pour beaucoup. C’est également une œuvre qui enrichie maintenant la bibliographie de Martí et confirme la portée, la transcendance et la permanence de l'héritage du plus important révolutionnaire et intellectuel du XIXe siècle cubain.