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L'immortalité en bronze de José Martí
Par Maria Karla Villar Mora Traduit par Alain de Cullant
Le monument constitue une « Fidèle reproduction, exacte et unique de l'œuvre de la grande sculptrice étasunienne Anna Haytt Huntington.
Illustration par : artistes cubains

« Il faut beaucoup de temps pour les grandes œuvres »

Eusebio Leal Spengler

 

Après plus de deux décennies d'efforts constants, le Bureau de l'Historien de La Havane, dirigé par l'Historien de la Ville, le Docteur Eusebio Leal Spengler, a réussi à apporter à Cuba une réplique de la statue équestre de l'Apôtre cubain, celle-ci est arrivée dans l'Île le 3 octobre dernier.

 

Le matin du 20 octobre, la Journée de la Culture Cubaine, le Docteur Eusebio Leal Spengler a informé devant la presse qu'au mois de janvier, à l’occasion du 165e anniversaire de la naissance de José Martí, le monument qui constitue une « Fidèle reproduction, exacte et unique de l'œuvre de la grande sculptrice étasunienne Anna Haytt Huntington » sera dévoilé.

 

En se rapportant à la ténacité de l'artiste, l'Historien a rappelé que « quand elle a affronté la tâche de faire le monument à José Martí elle avait déjà offert à la ville de La Havane le beau monument qui est à l’angle des rues Ayesterán et 20 de mayo, un très beau monument intitulé El relevo (Le relais), supposant ce relais culturel ou cette succession de générations en deux sculptures spectaculaires qui ont été originellement conçues pour être placées en face de ce qui est aujourd'hui le théâtre sur la Plaza de la Revolución. Cette place n’étant pas construite en ce moment, et pour certaines modifications urbaines, elle a été placée à l’endroit où elle se trouve aujourd'hui ».

 

L'hommage en bronze et granit noir réalisé par Huntington, placé dans le Parc Central de New York, « très près des monuments des grands libérateurs de l'Amérique et où jusqu'à cette date, dans les années 1950, était absent un digne de José Martí, était une œuvre colossale se transcendant de l'engagement d'une femme, une femme illuminée par une vocation artistique et par une dévotion affectueuse et spontanée pour l'histoire de la Cuba. Pour faire ce monument elle a étudié, elle a cherché tous les éléments de jugement, elle s'est inspirée du tableau, qui n'existe plus, de Valderrama (Esteban Valderrama), représentant la mort en combat de José Martí », a ajouté Eusebio Leal.

 

« Martí apparaît au moment de mourir. C’est étrange un monument dans lequel le Héros ne paraît pas en position héroïque et triomphatrice. Le héros apparaît sublimé par l'idée qu’il va donner sa vie pour une cause juste et exceptionnelle. Il avait affirmé : « La mort n'est pas vraie quand l'œuvre de la vie est bien accomplie ». Il a dit aussi que « le char se convertirait en char de gloire ». Ce monument est beau, plein d'une poésie et de beauté (…) Il a été terminé pour être solennellement inauguré le 10 octobre 1959. L'ambassade de Cuba aux États-Unis, déjà l'ambassade de la Révolution, avait traité et coordonné de distribuer des invitations pour cette cérémonie. Les événements qui ont eu lieu ensuite l’ont empêché. La statue a été placée définitivement et cela fait déjà 22 ans que le Bureau de l'Historien a lutté pour que l'on puisse avoir une reproduction fidèle et exacte. Grâce au fait qu'une institution nord-américaine, dans une conjoncture favorable, a assumé la représentation du Projet, le Musée du Bronx (Bronx Museum of the Arts), et fondamentalement sa directrice récemment décédée, Holly Block – une amie de Cuba qui a parrainé de nombreux projets de collaboration culturelle entre la Cuba et les États-Unis et qui a dédié, avec une loyauté extraordinaire, les derniers mois de sa vie à l'idée de faire la collecte que Cuba ne pouvait pas faire aux États-Unis pour cela -. Des institutions amies aux États-Unis, respectueuses de Cuba, y ont contribué à ce monument, ainsi que l'émigration patriotique cubaine et une dame mexicaine qui demande par modestie que son nom n'apparaisse pas, a offert une somme substantielle pour payer la copie et la fonte. La base du monument a été exactement réalisée comme l'originale, avec les mêmes inscriptions qui ont été demandées à ce moment à Gonzalo de Quesada, le regretté directeur de la fragua martiana. Ces inscriptions sont très belles et sont écrites en espagnol et en anglais (…) », a assuré l'Historien.

 

De même, l'Historien a souligné l'importance de placer la statue équestre de José Martí dans le parc connu comme celui de 13 de marzo : « Ce lieu ayant une signification agréable. Depuis la terrasse le nord de Palais où Camilo a prononcé son discours historique, au côté en allant vers Máximo Gómez, le Généralissime, le Général en Chef de l'Armée Libératrice à qui Martí a donné le commandement et qui l'a accompagné le jour de sa mort, le 19 mai 1895, à la confluence des rivières Cauto et Contramaestre, portant pour ce fait le nom de Dos Ríos (…). C'est encore un monument de plus de l'Apôtre, mais un monument très significatif, très beau, très important. Nous ennoblissons cette avenue, l'Avenue de las Misiones, près du parc des murailles, où il y a d’importants édifices restaurés, en face du siège de l'Union de Jeunes Communistes, de celui des pionniers et du gouvernement de la ville ».

 

Il a souligné : « Le Bureau de l'Historien a le plaisir d'annoncer aujourd'hui que l'effort de tant d'années a été récompensé heureusement, Le jour où la sculpture est entrée dans le port de La Havane, venant sur une embarcation guidée par les pilotes du port, après son arrivée au port du Mariel, a été un moment d'une grande émotion et d’une grande importance car Il faut beaucoup de temps pour les grandes œuvres ».

 

En face de la sculpture de plus de 8.5 tonnes de bronze qui élève vers le ciel la figure de notre Apôtre sur un piédestal de cinq mètres, l'Historien de la Ville s'est référé aux tristes et convulsées années durant lesquelles José Martí a vécu aux États-Unis, et il a assuré : « ce fut l'homme qui a le plus connu, dans son temps et pour tous les temps, le caractère, la vertu, la lumière et l'ombre de la grande nation. Dans ses cahiers nord-américains il avait exprimé tout ce qu'il a vu, tout ce qu'il a compris dans ce rapprochement vital. Il a eu beaucoup d'amis aux Etats-Unis, qui ont été amis de Cuba, des amis que Cuba a eu, a et aura. Avec le souvenir d’Henry Reeve, avec le souvenir des mambises nord-américains, avec le souvenir de tous ceux qui, là-bas, ont lutté pour Cuba ».

 

Depuis son arrivée dans l'Île, la statue a été placée à l'endroit où elle restera jusqu'à la postérité, un motif pour lequel le Bureau de l'Historien réalise des travaux de réparation dans ses environnements sous la vigilance constante du Docteur Leal, qui a été une personnalité indispensable pour que ce rêve martiano du peuple de Cuba devienne une réalité.

 

L'existence de ce monument dans notre pays réaffirme « qu'au-delà des égarements, au-delà des politiques erratiques, au-delà du fait de ceux qui essaient de détruire les ponts et la communication, il existe entre les nations et entre les hommes quelque chose que Benito Juárez signalait avec intensité : Le droit au respect d'autrui est la paix. Alors, en dévoilant ce monument venant de là-bas, qui a été le fruit de la contribution silencieuse et secrète, publique et aussi notoire des innombrables amis de Cuba, du peuple cubain, qui l'ont fait pour une chose si noble, si poétique et culturelle comme l’est la statue de Martí équestre, faite par une grande artiste nord-américaine, nous disons que c'est le seul chemin, qu’il n'y a pas d'autre, car dans le cas contraire, comme lui, nous serions disposés à mourir pour ce que nous croyons ».

 

Le dévoilage officiel comptera la présence de personnalités afin d’honorer José Martí en face du monument qui comme un résultat de l'aide et du respect entre les deux peuples, démontre le legs que l'Apôtre cubain a laissé pour le monde.