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Acosta Danza et le danseur du XXIe siècle
Par Pedro Ángel et Dayana Stable Traduit par Alain de Cullant
Carlos Acosta. « Je voudrais lancer le danseur du XXIe siècle. »
Illustration par : Alexandra Alvarez Carvajal

L’année qui s’est terminée a eu un caractère fondamental pour la compagnie Acosta Danza, le groupe artistique créé par le formidable danseur cubain Carlos Acosta. Après des mois de préparation ardue, la nouvelle compagnie a fait ses débuts en avril avec un échantillon d’un nouveau type, dont la pièce Carmen.

 

À la fin des répétitions pour la saison d’automne (du 7 au 11 décembre), épuisé et en sueur, Carlos Acosta a offert ses paroles aux lecteurs de La Jiribilla.

 

La naissance d’une compagnie

 

Le début d’Acosta Danza a été phénoménal. La compagnie a eu un grand succès auprès du public et elle a été un pont entre Cuba et le monde car de nombreux promoteurs sont venus d’autres pays. La fusion, son objective, a suscité beaucoup d’intérêt. Le bon accueil que nous avons reçu s’est manifesté à de nombreux niveaux.

 

Nous avons commencé après six mois de travail avec les danseurs, qui n’étaient pas toujours des premiers danseurs. Ils n’avaient pas cette grande expérience. En six mois, nous sommes arrivés à faire un travail, à positionner la compagnie avec un haut niveau professionnel. Et c’était juste le début.

 

Avec la nouvelle présentation de la saison automnale, on a vu les avances avec les danseurs. Tout cela a représenté un grand rêve et un grand défi.

 

Les rêves et les réalisations

 

Comme pour tout être humain, il y a des moments de doutes, on ne sait pas si ceci fonctionne bien. J’ai de très grands rêves qui m’effraient parfois.

 

Ce fut une grande joie d’être en mesure d’unir cette équipe que nous avons, de pouvoir transmettre ce que je voulais comme vision artistique de la compagnie et beaucoup de gens se sont investis avec moi dans cette histoire. Je suis très heureux que les gens aient confiance en ce que je fais. Du point de vue artistique il y a encore un grand chemin à parcourir. La vérité est que je voudrais lancer le danseur du XXIe siècle.

 

Vous rêvez que je danse

 

Ce serait un danseur qui pourrait interpréter aussi la danse classique que la contemporaine et aussi d’autres visions, comme le hip hop, la capoeira... En fin, qu’il puisse tout faire ! Ce serait merveilleux de pouvoir inviter des chorégraphes de toutes les latitudes et leur dire : « J’ai un danseur qui peut tout faire. Toi, tu rêves... nous, nous allons danser ».

 

C’est quelque chose qui n’existe pas encore. La danse est séparée. Le classique fait du classique, le contemporain fait du contemporain Il s’agit de créer un danseur qui sait tout faire. C’est un grand défi, mais je pense que s’il y a un endroit dans le monde où nous pouvons le faire, c’est ici ; pour le talent qu’il y a, pour la soif de danser et pour la connaissance. Je pense que nous puissions le faire dans le futur, mais il y a encore beaucoup de chemin à parcourir.

 

Dans quel état se trouve l’avance de la Fondation ?

 

La fondation existe. Nous avons la Fondation Carlos Acosta International. Je suis favorable pour l’existence de la fondation cubaine, mais ce sujet est un peu verrouillé maintenant. Je crois qu’il est nécessaire d’avoir une institution cubaine ayant la capacité juridique pour tous les projets, qui puisse approuver les projets que je me suis proposé.

 

Les choses clairement, diaphanes...

 

La fondation anglaise continue de collaborer avec le Ministère de la Culture pour créer l’école du quartier Cubanacán. Nous attendons maintenant de nous organiser du point de vue juridique, que tout soit bien clair et diaphane. Je suis très inquiet qu’il y ait un certain malentendu dans le futur, après que la fondation ait fait un investissement important, qu’il se passe quelque chose il s’agit de mon prestige envers les donateurs. Ceci m’impatiente, car tout doit être dans l’ordre à tous les niveaux.

 

Que nous apportera Acosta Danza en 2017 ?

 

Nous ferons d’autres représentations en mai, dont plusieurs créations d’Acosta Danza. Beaucoup de gens répètent et nous, nous développons.

 

En 2017, nous aurons une autre création de Mickael Marso, une œuvre d’un chorégraphe appelé Jorge Crecis ; il y aura un espace pour une de nos chorégraphies, sur la musique Le cygne, de Camille Saint-Saëns et aussi un petit duo. Nous prévoyons une tournée nationale pour avril.

 

Que proposerez-vous ?

 

Il faudra voir les dimensions, la capacité, comment sont les théâtres. Nous avons un grand répertoire et nous pouvons l’adapter aux conditions des théâtres.

 

Nous ferons aussi quelques représentations à l’étranger en 2017. Nous serons dans un important festival à Moscou. Nous irons en Pologne et en Norvège. Nous aurons une longue tournée au Royaume-Uni en septembre ainsi que certaines interventions à Porto Rico. Nous allons essayer d’inclure Budapest et Madrid.

 

Comment vous sentez-vous en dirigeant ces formidables danseurs ?

 

Très bien. Il y a leurs particularités, j’essaie de les modeler à ma forme de travail. Mais je suis très heureux parce qu’ils répondent bien. Je vois une avance. Quand on mélange tout, on ne peut pas définir ce qui est classique et ce qui est contemporain. C’est exactement ce que je voulais. Et ils sont tous très enthousiaste. Je pense que nous avons fait quelque chose de positif, pouvant même être l’exemple de la nation à suivre. Je l'espère !