IIIIIIIIIIIIIIII
Eugenio Hernández Espinosa : un véritable représentant du caribéen cubain
Par Marilyn Bobes Traduit par Alain de Cullant
Eugenio Hernández Espinosa est considéré comme l’un des plus importants dramaturges cubains contemporains du XXe siècle.
Illustration par : Arnays Camaraza

S’il y a un dramaturge qui a réussi à capter les essences caribéenne du cubain c’est Eugenio Hernández Espinosa qui, à la fin de 2016, a fêté ses quatre-vingts ans.

 

Certains le connaissent surtout par sa présence au cinéma. C’est sans aucun doute l’un des dramaturges les plus adaptés au grand écran, avec La vida inútil de mi socio Manolo, dirigé par Julio García Espinosa en 1989 et son spectaculaire María Antonia, apporté au celluloïd en 1990 par Sergio Giral.

 

Mais les liens d’Eugenio Hernández Espinosa avec le septième art s’étendent aussi comme co-scénariste de Patakín (basé sur son œuvre Changó Valdés) et de Roble de olor, dans lequel il a travaillé avec Rigoberto López, un autre artiste préoccupé par les thèmes des Caraïbes.

 

Eugenio Hernández Espinosa est considéré comme l’un des plus importants dramaturges cubains contemporains du XXe siècle. Ceci se doit, à mon avis, à sa forte connexion avec la culture populaire et à son traitement de la mythologie afro-cubaine, fondamentalement d’origine yoruba, avec ses symboles et ses divinités.

 

En 2017, il célébrera également le 50e anniversaire de la première de la pièce de théâtre María Antonia, apportée aux planches en 1967 par Roberto Blanco. Cette pièce est considérée le chef-d’œuvre de ce dramaturge, qui est aussi le directeur artistique et général de Teatro Caribeño, une compagnie qu’il a fondé et qui est devenue l’endroit idéal pour réaliser ses postulats esthétiques.

 

Depuis 1979, quand sa pièce La Simona a obtenu le Prix de Théâtre Casa de las Américas, cet auteur n'a pas cessé de croître ni de rompre avec les préjugés et les stéréotypes, à travers une longue carrière de cohérence et d’authenticité particulière.

 

Son théâtre a été représenté avec un égal succès dans et hors Cuba, dans des pays aussi différents que les îles de la Martinique et de la Guadeloupe et les terres fermes du Mexique, du Venezuela, des États-Unis, du Canada, d’Argentine, d’Espagne et de France.

 

Cette universalité de son œuvre confirme qu’il est dans le local où, souvent, on trouve la possibilité de transcender ; et la production d’Eugenio Hernández Espinosa a résulté effective pour les différents publics qui assistent étonnés à des représentations qui ne ressemblent pas aux autres.

 

Il n’y a pas de folklorisme pittoresque dans les personnages de cet auteur, toujours propriétaires d’une psychologie particulière : de prototypes et d’exception en même temps, représentant un monde marginal si on les regarde dans le contexte où ils ont pris vie à force d’être authentiques.

 

Donc, il n’est pas surprenant que la dimension de cet enquêteur des mythes et des réalités lui a permis d’être lauréat du Prix National de Théâtre en 2005, la plus haute reconnaissance de la scène cubaine.

 

Pour beaucoup, la María Antonia de l’actrice Hilda Oates est inoubliable, qui a fait une interprétation fidèle de l’original d’Eugenio Hernández.

 

Maintenant que cet auteur arrive à son 80e anniversaire, il est juste que nous valorisons son œuvre, qui est tant nôtre et, à la fois, tant caribéenne et universelle.

 

Eugenio Hernández Espinosa est sans aucun doute un grand auteur et son œuvre a atteint la transcendance nécessaire pour le placer dans un point culminant dans l’histoire du théâtre cubain.