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Le Collège Dolores de Santiago de Cuba : cent ans de beauté et d’histoire
Par Eduardo Pinto Sánchez Traduit par Alain de Cullant
Le bâtiment est l’un des exemples les plus significatifs du style éclectique, avec des éléments gothiques et considéré comme joyau de l’architecture de Santiago de Cuba.
Illustration par : Liborio Noval

Dans l’ancien collège Nuestra Señora de los Dolores, maintenant école pré universitaire Rafael María de Mendive, ont étudié Fidel, Raul et Ramón Castro, ainsi que d’autres jeunes courageux.

Il y a un plus de cent ans, quand la ville s’est agrandie vers les espaces physiques que lui permettaient le ciel et la terre, un majestueux édifice s’est approprié un morceau de la rue centrale Aguilera, ne sachant pas qu’il allait devenir un des symboles plus importants de la ville pour ses valeurs patrimoniales et historiques.

En 1910, les journaux locaux ont annoncé la construction du collège Nuestra Señora de los Dolores, en charge des pères Jésuites, qui s’est concrétisé avec la cérémonie de pose de la première pierre de l’édifice le 31 juillet 1911. Sa mise en œuvre a représenté un fait extraordinaire dans l’histoire de la construction de Santiago, car c’est l’un des premiers bâtiments où a été utilisé le béton armé, quand sa connaissance et son utilisation étaient à ses débuts. Toutefois, le bâtiment est l’un des exemples les plus significatifs du style éclectique, avec des éléments gothiques et considéré comme joyau de l’architecture de Santiago de Cuba.

Le collège Dolores (comme l’appelaient les habitants) a été inauguré le dimanche 31 août 1913 et, depuis lors, les étudiants ont reçu une formation rigoureuse en vertu des canons religieux, matérialisés dans une éducation intégrale, avec un moral solide et efficace, qui comprenait le sport, avec l’organisation des compétitions de basket-ball, de baseball, de football et d’athlétisme. Ces activités récréatives étaient liées à l’enseignement des Sciences et de l’Histoire, et les étudiants participaient aux journées patriotiques et à la vie culturelle de la ville.

Ce collège a eu des étudiants qui ont été ensuite des personnalités de la politique, de la culture et de la science, dont les frères Fidel, Raul et Ramón Castro ; Eduardo Chibás ; Renato Guitart et José Antonio Portuondo. Après l’insistance d’une institutrice pour les bons résultats de l’enfant Fidel, les parents de la famille Castro ont décidé d’envoyer leurs enfants étudier dans la capitale de l’ancienne province de Oriente.

Dans le livre La Victoria Estratégica, le leader historique de la Révolution décrit : « Je me suis inscrit en janvier 1938, comme élève externe dans le Collège Dolores, régi par l’ordre des Jésuites, beaucoup plus exigeants et rigoureux sur le plan des études, mais ayant plus de haute et riche classe que son rival des Hermanos La Salle ».

Le Commandant, dans la longue entrevue qui a ensuite été publiée sous le titre Fidel y la religión. Conversaciones con Frei Betto, il dit : « J’étais dans une école de personnes plus rigoureuses, de grande préparation, de grande vocation religieuse ; en réalité, ayant plus de dévouement, de capacité, de discipline [...] incomparablement supérieure ; à mon avis, une école dans laquelle il me convenait d’entrer (...) C’étaient des gens qui s’intéressaient aux étudiants, à leur caractère, à leur comportement, avec un grand sens de rigueur et d’exigence ».

En avril 1961, le Collège Dolores a été nationalisé et, au début, il a eu comme fonction d’accueillir les centaines de jeunes qui s’incorporaient à la Campagne d’Alphabétisation dans les Brigades Conrado Benitez. En 1962, devant la nécessité que toute la population accède à l’éducation, là a été inaugurée l’école secondaire Rafael María Mendive ; dès lors, les objectifs de ses plans de formation se sont dirigés à la formation des nouvelles générations, basés sur la pensée de José Martí et de l’idéologie marxiste. À partir de 1977, le Centre est devenu l’institut pré universitaire du même nom. Aujourd'hui, les enfants de cette ville continuent à préserver et à vénérer cette partie de l’histoire qu’est la structure majestueuse de l’un de ses édifices les plus emblématiques.