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José Martí : Le journaliste passionné
Par Randy Saborit Mora Traduit par Alain de Cullant
Une grande partie de la vie de José Martí a été liée au journalisme. La plupart des volumes de ses Œuvres Complètes contiennent des articles, des chroniques, des reportages, des bulletins, des notes et des éditoriaux.
Illustration par : Orlando Rodríguez Barea

Une grande partie de la vie de José Martí (1853-1895) a été liée au journalisme. La plupart des volumes de ses Œuvres Complètes  contiennent des articles, des chroniques, des reportages, des bulletins, des notes et des éditoriaux.

Martí a écrit aussi bien sur l'importance de faire des exercices dans un gymnase, qui respecte la fatigue du cerveau, sur les avances technologiques de son temps que sur des livres et des biographies d’éminentes personnalités.

J’ai lu plus de trois cents publications périodiques. Parmi ses textes journalistiques j’ai mentionné ou cité des journaux et des revues d'Europe, des États-Unis et d’Amérique Latine.

Certaines des publications dont j’ai eu nouvelle ou qui lui ont servi de source étaient : The Rural New Yorker, The Record, Anarchist, The World, The Evening Sun, Verdens Gang, Capriciose, Daily Rundschau. Le Voltaire, La Revista de Edimburgo, La Nueva Era, El Progreso, La Lucha, La Fraternidad ou El Mundo Nuevo.

Il a publié de longues chroniques dans des quotidiens latino-américains, comme les appelées Escenas norteamericanas, qui contenait de fortes analyses sur la vie politique et sociale aux États-Unis ou se référant aux inaugurations d’œuvres d’ingénieries et à des portraits de personnalités.

« En espagnol il n'a rien qui ressemblent à la sortie des brames de Martí et après Victor Hugo, rien présente la France de cette résonance de métal », a reconnu le politicien et écrivain argentin Domingo Faustino Sarmiento.

Le subtil se détachait de ce jeune homme qui déclenchait des polémiques avec ses articles en défense de l'indépendance de Cuba, apparus au Mexique dans Revista Universal  dès 1875. Littéraire et rénovateur, il a créé la Revista Venezolana en juillet 1881.

Ses notes pour la Sección Constante ont été une véritable classe de synthèse, une colonne qu’il a écrit de novembre 1881 à juin 1882 pour La Opinión Nacional, de Caracas, sur des sujets les plus variés.

Martí se révèle intégral et amène dans sa prose quand il a publié dans le mensuel de l'agriculture, du commerce et de l'industrie La América. Mais sa consécration journalistique s'est produite avec Patria, un hebdomadaire qu’il a dirigé du 14 mars 1892 jusqu’à sa mort prophétique, le 19 mai 1895.

Martí, qui a gagné fondamentalement sa vie avec les reportages ludiques et colorés qu’il envoyait depuis New York à La Nación, de Buenos Aires et au Partido Liberal, de Mexico, a renoncé à toute responsabilité pour se dédier entièrement à Patria.

En 1882 il avait déjà gagné le droit à la transcendance journalistique, y compris avec les  quatre numéros de La Edad de Oro, une revue qui séduit toujours les parents et les enfants pour la qualité artistique de ses textes et les illustrations sélectionnées par lui-même.

Les valeurs éthiques du Maître l’ont impulsé à accomplir son destin patriotique, la création d’un hebdomadaire servant de moyen de propagande pour incendier le courage entre les émigrés et obtenir ce qu'il appelait la conclusion de l'œuvre commencée le 10 octobre 1868.

Tout ce qu’apprenait le révolutionnaire durant des soirées et des nuits apparaissait dans le journal les samedis, vendu à cinq cents de dollar. Martí a démontré dans ses pages - maintenant jaunies par le passage du temps – que la vérité va plus loin quand elle est dite joliment.

Au moins 1500 exemplaires de ce journal ont été publiés, dans lequel on peut lire des biographies sur les héros quotidiens et des récits vivants sur des événements historiques ou contemporains.

L’hebdomadaire mentionne même le roman Juan Criollo, de l’écrivain cubain Carlos Loveira : « Et à côté de la chaise, la plus proche de l’une des tables, des journaux de Mexico et quarante numéros d’El Porvenir, de Patria et d’autres porte-paroles des ferventes émigrations séparatistes ».

C'était un journal vivant et politique jusqu'à la moelle. Écrit littérairement avec des chroniques parlant du mérite des Cubains et des Portoricains ; et ayant des éditoriaux faisant taire l'adversaire avec de solides arguments.

Dans son quatrième numéro, Patria  recueille les salutations de plusieurs exilés cubains aux États-Unis. Je n’en choisis qu'un parmi les nombreux messages : « Patria, le journal né sous la poussée publique, n'a pas besoin d'être louanger en aucun sens, car l’éloge le rapetisse (...) et dire qu'il n'y a aucune bouche qui ne parle de Patria avec vénération, et le salue avec la véhémence des cœurs qui savent aimer et sentir ».