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Sine Nómine : l'école cubaine des contre-ténors
Par Narmys Cándano García Traduit par Alain de Cullant
La principale école pour les contre-ténors dans le pays est Sine Nómine, un groupe vocal masculin créé en 2003 et qui occupe actuellement une place importante au sein de la musique chorale.
Illustration par : Manuel Mendive

La principale école pour les contre-ténors dans le pays est Sine Nómine, un groupe vocal masculin créé en 2003 et qui occupe actuellement une place importante au sein de la musique chorale.

Son actuel directrice, Leonor Suárez, explique que le fait d'inclure des contre-ténors - la voix d'homme qui chante au-dessus du ténor dans les tessitures que l’on écoute habituellement des femmes - dans sa formation permet l’interprétation de partitions pour chœur mixte. Ce chœur singulier est composé des premiers contre-ténors - soprano -, des seconds contre-ténors – altos -, des ténors et des basses - voix masculines normales -.

« La plus grande responsabilité du groupe lors de ces dernières années a été défendre la voix du contre-ténor, chanter le répertoire ancien dans les tessitures originales pour lesquelles elles ont été écrites ». C’est pour cette raison qu’ils se sont convertis en protagonistes de « sorte de croisade » pour montrer que cette voix possède les mêmes valeurs que les autres et les mêmes possibilités de chanter un répertoire spécifique, avec les techniques appropriées.

Sine Nómine a surgi pour l'interprétation de la musique ancienne et, actuellement, il maintient ce style dans le répertoire. « La musique de la Renaissance ne sonne pas de la même façon avec la voix d'une femme qu’avec celle d'un contre-ténor. Par conséquent, notre répertoire comprend de la musique de la Renaissance, la Baroque, la coloniale, mais le groupe peut aussi chanter tout type de musique : la contemporaine, la sacrée, la profane, la populaire latino-américaine, la populaire cubaine, le négro spirituals et toute celle qui s'adapte au format ».

Un travail sans aucun doute méritoire, mais qui représente seulement une corde d'un ensemble majeur : la musique chorale, qui nécessite de grandes impulsions.

« Les manifestations chorales nécessitent plus d'espace dans les médias, à la télévision, à la radio, car il y a des faits importants qui ont lieu dans le monde choral qui pourraient permettre qu’une plus grande quantité de public entre en contact avec cette musique. Beaucoup d'efforts pour développer cette manifestation ont été réalisés ces dernières années et, actuellement, il y a beaucoup de chœurs professionnels dans le pays, qui sont institutionnalisés et recevent un effort pour les soutenir.

Mais le mouvement choral va beaucoup plus loin et englobe le mouvement des amateurs, qui s’affaiblit, surtout quant aux chœurs d’adultes qui ne sont pas nombreux et qui sont précisément ceux qui travaillent directement avec les gens et, en plus qui représentent un espace de réalisation pour les personnes qui aiment chanter. Il y a également un manque de directeurs qui voudraient se dédier à ce travail, comme cela est arrivé dans les années 1980, une époque de grands résultats pour cette manifestation.

Dans le cas des chœurs professionnels, ils reçoivent peu de soutient, principalement dans les provinces. Il y a une sorte d'apathie. Dans la capitale, les chœurs appartenant au Programme de Développement de la Direction Chorale, parrainent un ou deux groupes de ce genre dans une province et aident à élever leur niveau artistique, mais beaucoup d'éléments de programmation manquent toujours, ou le fait de ne pas avoir d’espaces ou de pianos pour répéter.

En revanche le mouvement des cantorias (chorales infantiles) a été beaucoup stimulé par rapport aux années précédentes car il y a plusieurs cantorias au niveau provincial et au niveau national ».

Une étape importante dans cette entreprise serait d'avoir plus de compositeurs et d’arrangeurs pour les chœurs. « Les directeurs de chorales sont toujours avides de plus de partitions. Les compositeurs priorisent les plus grands formats, l'orchestre leur donne plus de possibilités de création, le chœur possède ses limitations pour le compositeur à partir de ses tessitures spécifiques. De toute façon on devrait stimuler la composition chorale car, en outre, les directeurs peuvent aussi composer et arranger. Les arrangements forment une grande partie du répertoire choral, aussi bien les chansons de la trova cubaine que des pièces anthologies et universels étant écrits pour des voix avec un accompagnement, un travail pouvant même être réalisé par les propres chanteurs. Ainsi, ceci éviterait que l’on entende trop souvent les même œuvres dans les festivals quand il y a tant de richesse musicale dans le pays ».