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La lutte pour le socialisme doit être antiraciste à Cuba
Par Fernando Martínez Heredia Traduit par Alain de Cullant
L'Amérique Latine et les Caraïbes se sont successivement trouvées sur les cartes mondiales du capitalisme, toujours comme une région subalterne et en exploitation.

Avant tout j’aimerai exprimer, au nom de l'Institut Cubain de Recherche Culturelle Juan Marinello (ICIC), notre reconnaissance la plus profonde aux fonctionnaires de l'Organisation des Nations Unies qui ont joué un rôle très important dans la convocation et l'organisation de ce Séminaire. Vous avez donné une démonstration d’excellente disposition, de compréhension de l'importance de cette tâche et de collaboration effective. En ayant la satisfaction de le reconnaître, je dois ajouter que, pour moi, votre attitude constitue un espoir face à la décadence si déplorable que joue le rôle de l'ONU devant les iniquités qui surviennent dans le monde actuel.

 

Cette rencontre académique et culturelle se propose de profiter de la proclamation de 2011 comme l’Année des Personnes d’Ascendance Africaine pour faire un pas de plus dans les activités et les études sur ces thèmes. Cela résulte une activité positive pour le sujet qui nous convoque, car elle permet aux activistes et aux spécialistes vivant loin les uns des autres de mieux se connaître, d’échanger des idées, des questions et des propositions, et surtout parce qu'elle augmente notre conscience de la signification des problèmes en Amérique et dans le monde actuel, et de la nécessité que nous agissions sans retard pour faire face aux extraordinaires défis qui sont déjà posés. Si nous parvenons à en tirer un bénéfice comme événement d'analyse et comme lieu de propositions d'action, il peut arriver à être un point de repère sur le long chemin.

 

Dès que nous nous penchons sur les dénominations qui tentent, aujourd'hui, de décrire ce que nous vivons sur ce continent, nous nous trouvons devant des questions fondamentales pour expliquer le monde du dernier demi millénaire. Pendant cette longue époque l'Amérique Latine et les Caraïbes se sont successivement trouvées sur les cartes mondiales du capitalisme, toujours comme une région subalterne et en exploitation. Le colonialisme et le néocolonialisme sont deux concepts clef pour comprendre ces insertions successives aussi bien dans les analyses faites depuis l'angle économique que depuis les angles politique et culturel. Dans les faits et les processus réels, ces trois aspects sont très inter reliés et peuvent seulement être expliqués en les intégrant en pleine connaissance, bien qu'il soit indispensable de faire des recherches et d'approfondir chacun d'eux.

 

Pour développer son système et multiplier ses avances, la modernité capitaliste a pillé la planète en profondeur, a écrasé des communautés et des cultures, à réduit à l’esclavage des dizaines de millions de personnes, a détruit des modes de vie et de production, a exploité le travail, à désorganisé ou prostitué des organisations sociales complexes et a érodé l'environnement à l'échelle universelle. Déjà en 1524, Hernán Cortés recommandait à l'empereur Carlos V d'ordonner à ses sujets qu’ils colonisent le Mexique, au lieu de se limiter à dilapider le pays. Trois siècles et demi après, Karl Marx expliquait que le capitalisme n'est pas un modernisateur des sociétés, mais un dévoreur de profits qui, pour les obtenir, ne dédaigne pas utiliser les formes les plus brutales ou « archaïques » de production et des relations sociales ou le pillage, avec le dynamisme colossal et les révolutions continues des conditions économiques qui le caractérisent. L'Amérique a été soumise à un dépeuplement génocide de ses habitants autochtones qui n'a pas de parallèle, mais aussi à un peuplement forcé par le plus grand transfert d'êtres soumis à l’esclavage de l'histoire de l’homme, depuis l'Afrique. Le souci de profit a créé et a développé l'horrible négoce d’acheter et d’utiliser des personnes comme esclaves, de les dépouiller de toutes les caractéristiques de leur condition humaine et de leur culture qui pourraient nuire à leur exploitation, et les presser dans le travail jusqu'à la mort. Le capitalisme a pu se développer sur la base de ce système infâme.

 

Sidney Mintz a écrit qu'il ne comprenait pas comment on associait les Noirs à la marginalité alors qu’ils ont été au centre du mode de production. Mais le système d’exploitation et d’oppression capitaliste a besoin de convertir leurs faits et leurs procédures – même les plus criminels – dans l'ordre des choses qui est considéré « normal », et construire une hégémonie qui inclut la généralisation des croyances qui les favorisent et qui les aident au consensus des majorités avec le propre système de domination. Toute domination établie est culturelle. Le racisme, imposé par tous les moyens matériels et légaux, et soutenu dans des traditions d’exclusion et de mépris, est accompagné – avec l'essor du progrès et de la civilisation – par le racisme « scientifique » comme forme de naturalisation de l'inégalité entre les êtres humains. Pendant des générations après la fin de l'esclavage, avoir été esclave, être descendant d'esclaves, a été une marque et un discrédit pour les victimes et non pas pour les tortionnaires, protégés par l’oubli qui leur convenait, paraissait aussi nécessaire aux Noirs et aux Métis, pour mériter davantage de considération sociale.

 

Un fait social d'un grand poids a été dans la base de la faisabilité de ce monde idéal : les changements dans les façons d'exploiter le travail et de dominer les majorités ont laissé les descendants des esclaves dans une situation de désavantage franche et brutale quant aux moyens de vie, capacités, opportunité, lieu social et d’autres aspects, un désavantage qui, avec le temps, devait se renforcer et tendre à la permanence.

 

Aujourd’hui nous constatons les situations de franc désavantage dans lequel vit la majorité de cette partie de la population de la région. Je comprends que ceci est intimement en relation avec les suites de l'esclavage et la persistance du racisme, mais, en même temps, avec le développement historique des sociétés régies par des systèmes de capitalisme subordonnés aux centres impérialistes, dans lesquelles les majorités souffrent de l'exploitation, du manque d'opportunités et des services de base, de diverses formes de domination et d’exclusions.

 

Je crois en la nécessité de développer le sauvetage et la valorisation positive des apports et des identités des appelés personnes d’ascendance africaine, la connaissance des problèmes qu'ils affrontent actuellement et les voies pour les surpasser. Après un long et complexe processus historique, les descendants de ces africains et de ces africaines partagent l'identité de l'ensemble des peuples et des nations qu’ils ont contribué à former avec leur travail, leurs cultures qu’ils apportaient, leurs sacrifices, leurs vies et leur participation dans les mouvements politiques pour la liberté, la souveraineté et la justice sociale. Ces descendants sont aussi reconnus et identifiés en ce qui concerne les caractéristiques du tronc originaire de leurs prédécesseurs. Je considère nécessaire l'intégration progressive des actions pratiques et les études sur ce domaine avec les luttes latino-américaines pour la pleine souveraineté, l'autodétermination et les profondes transformations sociales pour les majorités, et avec les processus d'intégration qui renforcent l'indépendance effective, les relations et la solidarité entre leurs pays et le développement du bien-être de leurs peuples.

 

Il est naturel que dans les échanges intellectuels entre ceux ayant des buts et des idéals communs se trouve une place pour les analyses des questions de chaque pays. D'autre part, Cuba a développé et maintient une expérience singulière en Amérique, qui inclut une très remarquable accumulation culturelle quant aux thèmes de ce Séminaire. Permettez-moi alors un commentaire personnel, inévitablement partial, sur certains aspects de la question raciale dans le processus de la Révolution et dans l’actualité. Bien que je ne l'aborde pas ici, nous ne devons jamais oublier la grande importance des révolutions, les complexes culturels populaires et les projets cubains dans les relations interraciales et l'intégration nationale.

 

La Révolution a entrepris, dès 1959, une transformation des personnes, des relations sociales, des institutions et d'autres aspects de la vie sociale et du pays dans son ensemble qui s'avère incomparable à tout fait historique précédent – sauf la colonisation de Cuba par les Européens –, pour sa profondeur, son caractère incluant et ses conséquences.

 

La vie des non blancs a souffert un brusque changement très positif et des processus progressifs de promotion de leur qualité de vie, de leurs expectatives, de leur estime et de leur prestige social ont commencé. Le racisme a souffert une grande défaite dans sa nature, ses manifestations et, avant tout, dans les bases qu’il avait dans le système social de domination bourgeoise néo-coloniale. Mais il y a eu deux absences fondamentales dans la politique de la Révolution dans ce domaine. Une a été la conséquence du processus lui-même : la lutte pour l'obtention de l'unité du peuple et des révolutionnaires, et sa conversion dans un principe central de l'idéologie et des pratiques politiques. Outre le caractère unificateur que possède toute grande révolution, les diversités sociales ont été obviées devant l'unité, ses problèmes n'ont pas été cernés à fond, et ils ont même été sacrifiés quand cela a été considéré nécessaire. Ce fait a été renforcé par le grand poids de la politisation dans la vie sociale de la population.

 

La lutte contre le racisme faisait partie de la Révolution, mais elle n'a pas été un de ses drapeaux qui étaient assumés par le peuple avec une ardeur asservissante des oppositions, des écueils, des traditions et des préjugés, et qui étaient organisés par le pouvoir révolutionnaire pour leur donner une viabilité et des effets permanents.

 

L'autre absence provient de la coupure de la portée de la Révolution au début des années 70. Le cyclopéen travail de modernisations entrepris entre tous et guidé par le pouvoir révolutionnaire lors de sa première étape incluait la compréhension que la modernisation devait à la fois être critiquée, comprise et dénoncée comme un échelon que la domination peut monter sans cesser d'exister, et qui peut terminer dans la « normalisation » des choses et le renforcement d'une nouvelle forme de domination, modernisée.

 

Dans la seconde étape, commencée avec les années 70, cette compréhension a été perdue et abandonnée, ce qui a provoqué de graves dommages au processus. Le combat de ce recul a été inclus dans l’appelé processus de rectification des erreurs de la seconde moitié des années 80. Durant ces dernières 20 années, cette grave insuffisance de la conscience et de la critique socialistes est encore en vigueur, bien que les données du problème aient beaucoup changé.

 

Pour la première absence on a pratiquement abandonné la prise de conscience antiraciste et l'élaboration d'une stratégie d'éducation des enfants et des jeunes – et de rééducation des adultes – pour une intégration socialiste entre les races à Cuba, bien que les travaux et les réalisations de la Révolution lui aient offert un sol optimal. Au contraire, il était mauvais de se référer aux questions « raciales », lesquelles étaient « des obstacles de la société précédente » que le socialisme liquéfierait en général.

 

La seconde absence a stimulé l'individualisme égoïste, la formation de groupes privilégiés et des notables reculs dans l'idéologie révolutionnaire, bien que l'expansion et la systématisation des réalisations de la Révolution et les actions nationaliste offrent un sol très favorable et approprié pour continuer la politique des relations dialectiques entre la libération et les modernisations, régie par la première et avec les processus de prise de conscience correspondants. Les résultats ont été très contradictoires, tant au niveau du pays dans son ensemble qu’à celui des personnes.

 

Dans la question raciale, la maturation des relations interraciales dans la vie des individus et l'universalisation de l'éducation ont été très positives dans cette étape, ainsi que leur important rôle dans la promotion sociale et le prestige, la préoccupation pour que les non blancs aient une plus grande participation dans les institutions et la partie qui leur revenait dans l'augmentation du bien-être matériel qui a eu lieu. Mais le paradigme civilisateur qui tendait à prédominer contenait des éléments latents de l'ordre bourgeois qui l'a créé ; pour celui-ci les pauvres sont des individus ineptes ou qui ne comptent pas, et les non blancs sont des êtres inférieurs.

 

Actuellement le problème a deux aspects discernables : les réalités désavantageuses, qui incluent les niveaux de pauvreté, et celui relatif aux persistances du racisme. Après 1959, lors des trois premières décennies, le lien entre les deux aspects a été, à mon avis, le mineur au long de toute l'histoire de Cuba ; lors des deux dernières il a augmenté, mais il est loin d'être le déterminant quant aux manifestations de racisme. Je voudrais souligner que pour analyser toutes ces questions il est indispensable de prendre en compte les différences des problèmes dans les différents milieux sociaux existants et les atmosphères correspondantes qui se cristallisent dans ces derniers.

 

Le combat contre les désavantages « objectifs » que souffre une haute proportion des non blancs doit faire partie, sans aucun doute, d'une politique révolutionnaire socialiste générale qui favorise les Cubaines et Cubains de n’importe quelle couleur de peau souffrant ces situations. Mais il est indispensable d'ajouter une politique spécialisée – ou fondée – visant à déraciner ou diminuer les situations des personnes et des groupes non blancs qui sont dus à une reproduction continue de leurs désavantages qui se convertie en formes culturelles, et celles qui sont dues aux relégations et aux discriminations pour des causes raciales. Dans le dessin et dans l'instrumentation de cette politique, la participation, conjointe, des spécialistes et des personnes faisant partie des groupes désavantagés et la volonté de ne pas permettre qu'ils se réduisent à des actions administratives qui se décomposent et disparaissent finalement, doivent être déterminantes

 

Le second aspect provient des discriminations et des préjugés qui configurent la persistance du racisme. J’aimerais faire une distinction préalable à mon commentaire. Toutes les réalisations scientifiques récentes ratifient et démontrent l'absence de différences « naturelles » entre les différents groupes de l'espèce humaine classées comme « blancs » et « non blancs ». Cela est très bien mais n'empêche pas l'existence des races comme constructions sociales historiquement déterminées, toujours liées d'une façon ou d'une autre avec l'exclusivité et la supériorité des uns et l’identification des autres comme êtres incomplets ou inférieurs. De sorte qu'affirmer « qu’il n'y a pas de races » ne résout pas les problèmes du racisme en réalité.

 

Dans un sens opposé, l'affirmation des non blancs « nous sommes différents » et nous devons nous centrer pour obtenir une reconnaissance respectueuse de notre différence me semble erronée. Elle est dangereuse dans la pratique, car elle affaiblit la lutte pour l'égalité réelle et totale – et non simplement écrite dans les textes – de tous les Cubains, même aussi y renoncer ; et elle est ambiguë, car dans leur position on trouve l'acceptation tacite d’une digne seconde place dans la société et une seconde citoyenneté, ainsi que des divisions conséquentes entre les Noirs et les Mulâtres, et entre ceux qui se reconnaissent  « de couleur » et ceux qui essayent de « ressembler au blanc », d’être acceptés par lui et même jusqu'« à franchir la ligne de la couleur ». Cela ressemblerait trop au monde que j'ai connu dans mon enfance. Une chose est l’admirable richesse des diversités – et la légitimité des identités qui existent inscrites dans une autre plus générale – et une autre est de s’abriter et de se résigner à la manipulation pratiquée et théorisée dans le monde depuis quelques décennies, au moyen desquelles on reconnaît ceux qui, jusqu’à hier, ont été colonisés, exploités, opprimés et leurs groups identitaires considérés comme des êtres inférieurs, jusqu'à ce qu’on les célèbre pour leur joie et leur conformité au lieu de prétendre leur libération de tous les jougs et à une vie plus pleine, dans laquelle ils sont les propriétaires de leurs pays et de leur travail, où ils prennent part comme des égaux à la direction politique de la société et où ils ont accès au bien-être et aux conquêtes qui existent dans le monde.

 

Pendant les dernières 15 années la perception du problème de la persistance du racisme et le rejet de ses graves implications a crû dans des secteurs chaque fois plus vastes et dans un bon nombre d'institutions ; le président Raúl Castro l'a exprimé avec des mots durs. Mais nous sommes encore loin d'une forte conscience nationale, généralisée et décidée à agir en conséquence.

 

Les problèmes du racisme dans la Cuba actuelle ont été abordés dans de nombreux espaces de débat et d’étude et, aujourd'hui, nous comptons une bonne quantité de documents et de recherches sur le thème de la part de spécialistes et d’activistes habitués à le traiter et des propositions concrètes d'une grande valeur. Il serait logique d'ajouter qu’une stratégie et un grand nombre d’actions et de campagnes pour affronter, abattre et déraciner ce tenace fléau de notre société sont déjà en marche. Mais cela n'arrive pas encore. Dans l'identification, le rejet et la lutte contre le racisme, il y a de sérieuses différences entre la position officielle de la Révolution et les idées que nous manions, d'une part, et ce qui arrive dans la pratique sociale, de l'autre. Je pense que les propositions, le débat, la divulgation et les actions concrètes antiracistes combleront cette brèche.

 

Si nous regardons la question spécifique des races et du racisme depuis une perspective plus générale, on peut mieux comprendre ses problèmes et les chemins de son surpassement. Aujourd’hui, le racisme, avec tout et ses anciennes racines, est attaché aux effets qu’a eu la crise durant les années 90 sur les groupes moins favorisés de notre société, mais elle est aussi liée à la désagrégation sociale, à l'apolitisme, à la vie sociale conservatrice et à d’autres phénomènes qui se sont manifestés durant ces deux dernières décennies. Le racisme favorise les nécessités idéologiques de ceux qui aspirent à un retour indirect au capitalisme, car c’est une naturalisation de l'inégalité entre les personnes, une chose que personne n’admettrait dans l’actuelle Cuba si elle était posée en ce qui concerne l'ordre social en général. Par conséquent, avec beaucoup plus de raison, nous devons développer et faire triompher l'antiracisme : la lutte pour l'approfondissement du socialisme à Cuba est obligée d'être antiraciste.

 

Je ne veux pas terminer sans me sommer à une approche faite par des chers et solidaires frères. Cuba est le pays de ce continent qui a réalisé d’admirables travaux qui établissent la dignité de la condition humaine, les droits égaux – vitaux et citoyens – et de très remarquables degrés de bien-être des descendants de ces africains qui ont été apportés dans l'Île comme esclaves. C'est le petit pays qui est parvenu à changer la vie en faveur des majorités, à redistribuer la richesse et à garantir les services sociaux et la pacification de l'existence à un degré exemplaire, qui a obtenu la pleine souveraineté nationale et qui l'a défendue victorieusement face à l'agression systématique et l'hostilité de la plus grande puissance impérialiste de la planète. Il jouit d'un immense prestige dans tout le continent pour ce processus unique et pour sa solidarité internationaliste avec les peuples. Mais la voix de Cuba s'avère très insuffisante sur le terrain des luttes et des idées des descendants d'africains pour leurs identités, leurs droits et leurs demandes, et on n’assoit pas une politique cubaine articulée et agissante dans ce domaine. Nous aspirons que les interventions et les débats des ateliers, les propositions et les autres activités et échanges de ce Séminaire constituent une modeste contribution intellectuelle et une exhortation que dans le thème qui nous réunit s’accomplisse aussi ce que José Martí a appelé, un 17 avril, le devoir de Cuba en Amérique.

 

Merci beaucoup.

 

Discours de l'inauguration du Séminaire « Cuba et les peuples d’ascendance africaine en Amérique ».