IIIIIIIIIIIIIIII
La symphonie d’Harvard et de Cuba en trois mouvements
Par Mabel Machado Traduit par Alain de Cullant
La première visite du Harvard Radcliffe dans l'Île a mis en contact nos institutions artistiques et éducatives avec la plus prestigieuse université des Etats-Unis.

Parmi les douze échanges d'artistes cubains avec des groupes choraux et instrumentaux d'autres pays programmés pour 2011 par le Centre National de Musique de Concert, celui avec l'Orchestre Symphonique Harvard Radcliffe (HRO) a été un des plus significatifs. En plus de la présence des nombreux musiciens de la formation symphonique à Cuba ; le soutien d'un jeune directeur ayant un vaste curriculum : les concerts de l'orchestre dans trois villes ; la qualité des programmes, et l'établissement de liens avec des groupes nationaux, la première visite du Harvard Radcliffe dans l'Île a mis en contact à plusieurs de nos institutions artistiques et éducatives avec la plus prestigieuse université des Etats-Unis et du monde selon le hit-parade d'universités.

 

Harvard, a évolué d'une petite école pour l'éducation cléricale, à une université où les arts sont intégrés aux programmes de bourses et qui privilégie en outre, les humanités, en même temps qu'elle embrasse les domaines de la science, de la technologie et de l'innovation. Cette année, l'institution célèbre son 375ème anniversaire.

 

Le HRO a une tradition musicale dont les origines remontent au début du XIXème siècle. La majorité des chercheurs coïncide que c’est l'orchestre symphonique le plus ancien des Etats-Unis. Depuis sa fondation comme Fraternité Pierian, le groupe a évolué jusqu'à se convertir en orchestre symphonique moderne dans la première moitié du XXème siècle et il est arrivé à être le plus grand du pays.

 

Par tradition, un composant fondamental du travail artistique de l’orchestre symphonique a été les visites dans d'autres pays pour favoriser des rencontres culturelles basées sur la connaissance et la solidarité. Depuis les années 60, les musiciens ont réalisé des tournées en Asie, en Europe de l'Est et Occidental, au Canada et au Mexique. L'élection de Cuba pour leurs représentations internationales 2011, en plus de l'intérêt pour la musique d'un pays comme le notre, répond directement à une volonté de rapprochement entre les deux peuples.

 

En collaboration avec l'Orchestre de Chambre Concierto Sur, le HRO s'est présenté dans le théâtre Tomás Terry, de Cienfuegos et le lendemain avec l’orchestre symphonique de Villa Clara, où les jeunes musiciens ont offert un programme d'excellence dans le théâtre La Caridad. Le groupe nord-américain a réservé sa dernière représentation avec le Chœur National et l'Opéra de la Rue, interprétant la Symphonie Nº 9 de Ludwig van Beethoven dans la salle García Lorca du Grand Théâtre de La Havane. Bien que l'acoustique du théâtre n'ait pas laissé les musiciens complètement satisfaits, le public a ovationné l’interprétation du précurseur du romanticisme.

 

La Neuvième de Beethoven – apportée dans l'Île par le HRO avec l'intention de démontrer la qualité et la rigueur de l'enseignement de la musique à Harvard – a été interprétée avec caractère, mais, à la fois, avec la désinvolture juvénile qui constitue une des caractéristiques les plus appréciables de l'orchestre. L'intervention du Chœur National et des solistes Bárbara Llanes, María Lucía Méndez, Enmanuel Méndez et Roberto García dans le dernier mouvement de la pièce, a obtenu un excellent accord avec les instrumentistes nord-américains et a fait que l'ode de Friedrich Schiller s’approprie de la salle avec toute sa joie inspiratrice. Comme dans la majorité des interprétations du chef-d’œuvre du compositeur allemand, les voix du chœur ont offert un émouvant final. Bárbara Llanes et Roberto García, qui se sont chargés en bonne mesure des nuances qui transforment le récitatif en un monument impressionnant, ont aussi mérité des éloges.

 

L'élection de la pièce pour Cuba a aussi répondu au fait que c’est avec la Symphonie Nº9 que le chef d’orchestre Federico Cortese, qui se trouve à la tête du HRO depuis 2009, a commencé sa carrière. À la fin du concert, le Maestro a expliqué à La Jiribilla que pendant cette tournée du groupe nord-américain, ses étudiants ont pu remarquer la valeur accordée dans notre pays à l'appréciation de la musique classique et à son étude, surtout à partir de la communication qu'ils ont établi avec les groupes de Cienfuegos, de Villa Clara et de La Havane.

 

Pour Federico Cortese, qui a reçu des éloges aux Etats-Unis pour la direction de plusieurs orchestres à Boston (le Symphonique et le Symphonique Juvénile), et qui est actuellement le Directeur Associé de l'Orchestre Symphonique Juvénile Asiatique ; du Festival de Spoleto en Italie ; de l'Orchestre de l'Académie Nationale de Santa Cecilia à Rome, et du Philharmonique de Brooklyn, l'échange avec Cuba contient des significations allant au-delà de la musique. « Harvard inclut dans ses programmes des visites annuelles à l'étranger. La sélection de Cuba n'est pas apparue fortuitement, elle répond à notre désir de créer de nouveaux liens entre les deux pays depuis la culture. Dans nos tournées internationales nous apportons toujours un message de paix et de solidarité ».

 

L'expérience du HRO à Cuba démontre la volonté chaque fois plus grande des académies et des institutions culturelles des Etats-Unis à générer des rencontres avec l'Île sur la base du compromis pédagogique, artistique et intellectuel.