IIIIIIIIIIIIIIII
Le film La emboscada du cinéaste Alejandro Gil
Par Rolando Pérez Betancourt Traduit par Alain de Cullant
La emboscada est un film des affections extrêmes qui estampage un louable suspense dans son cercle de guerre et dans ses scènes complémentaires - certaines plus solides que d'autres -, un digne support à toute l’histoire.
Illustration par : Pedro de Oraá

Bien que le cinéaste Alejandro Gil répète que La emboscada (L’embuscade) n'est pas un film de guerre, il y aura des spectateurs en désaccord, et non pas à cause du fait que le long-métrage se passe dans un scénario de guerre.

Il y a un genre de guerre traditionnel, plein de fusillades, de coups de canon et de batailles à gagner, ou à perdre, mais il est très difficile que les histoires qui conforment ces films soient exempts de contenus humains liés à la gamme des personnalités et des psychologies qui convergent dans n'importe quelle conflit.

La différence se trouve dans le style et l'intensité assumés pour lier les conflits provenant de la « vie sans uniforme », au champ de bataille. Alejandro Gil et ses scénaristes, Ernesto Daranas et Ania Molina, ont structuré la trame depuis trois temps filmiques pas toujours identifiables à l'écran avec la clarté idéale : le premier a lieu à partir de l'embuscade où tombe un groupe de combattants voyageant en camion (des scènes pléthoriques de virtuosité) ; le second est lié aux souvenirs évoqués par les protagonistes, ou aux scènes prévues à « ce qui viendra », et le troisième, et dernier, se déroule plusieurs années après cette action.

On ne sait pas où se déroule la guerre et on ne voit pas l'ennemi (même si l’on voit ses tirs et son harcèlement), mais on se réfère à la jungle angolaise, c'est pourquoi, bien que des aspects universels liés à n'importe quel combats (lâcheté, héroïsme, solidarité) soient mis en évidence, il y a des transes qui touchent de près notre réalité et les réalisateurs les assument depuis une attitude critique qui respire l'honnêteté dans le traitement artistique.

Les conflits familiaux liés en bonne mesure aux étapes de la société et renforcés  la plus part à partir d’une optique de générations qui se comprennent quelques fois un peu, d’autres pas. En un tel sens, le profil théorie des tempéraments qui confluent est souligné, bien que la représentation en images montre autre chose que la grande ligne, ou les notes mélodramatique sautant au-dessus du pentagramme (recours au mélodrame que, en sens général, apparaissent contenus, et même convenant)

La emboscada est un film des affections extrêmes qui estampage un louable suspense dans son cercle de guerre et dans ses scènes complémentaires - certaines plus solides que d'autres -, un digne support à toute l’histoire.

Film de guerre ou non, la vérité est qu’il montre des résultats méritoires grâce, parmi d’autres facteurs, aux acteurs (Armando Gómez, Patricio Wood, Tomás Cao, Néstor Jiménez, Caleb Casas, María Teresa Pina, Amelia Reyes et Leonardo Benítez), à la photographie de Rafael Solís, au son, à l'ambiance et au maquillage, les blessures des combattants sont respectées dans leur évolution avec une rigueur plastique plausible.

Le film La emboscada plaira à beaucoup et, en même temps, il fera penser aux réalités critiques qui, bien que traitées maintenant depuis un scénario belliqueux, ont également été hors de ce que nous appelons « la guerre comme un genre cinématographique ».