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Les familles new-yorkaises dans les chroniques de José Martí
Par Marlene Vázquez Pérez Traduit par Alain de Cullant
En 1889, à propos du centenaire du premier serment présidentiel de George Washington qui a eu lieu à New York le 30 avril 1789, le Cubain José Martí a écrit plusieurs chroniques sur cette date.
Illustration par : DANKO

En 1889, à propos du centenaire du premier serment présidentiel de George Washington qui a eu lieu à New York le 30 avril 1789, le Cubain José Martí a écrit plusieurs chroniques sur cette date. Lors de celles-ci, défilent, rutilants et aérés, mus en mesure des danses qui ont animé le bal commémoratif, les représentants de quelques familles puissantes des États-Unis. Ils ont réédité que leurs aïeuls avaient vécu un siècle avant, quand ils ont fêté, joyeux, le héros d'Yorktown, devenu le premier président de la nation, après avoir conquise son indépendance.

Dans ces pages, près la festivité de l’emblématique date, nous verrons la lutte entre les grandes familles pour les premiers rôles de la célébration. La fortune ne suffisait pas ; il fallait montrer des blasons de noblesse, ce qui semblait contradictoire aux yeux du Cubain, car on célébrait le centenaire de l'indépendance d'une république démocratique.

Avec sa façon particulière de narrer, José Martí nous présente le grand événement comme s’il avait réussi à s'introduire entre les grands de New York, pour jouir ainsi d'un point de vue privilégié. Le plus intéressant toujours est d'observer comment l'histoire spécifique de chaque famille et de leur rôle social, politique ou économique s’entrelacent avec l'histoire officielle de la nation :

Une Web, descendant d'un aide de camp de Washington, avec le portrait de l’ancêtre dans un médaillon autour du cou, danse le pas avec un général agile. Une Livingston, petite-fille de celui qui a reçu le serment de Washington, prend soin de montrer, avec un gentilhomme de bonne famille, son vêtement rose du temps de Barras et le collier de vieilles perles. […] La Morris, qui vient du célèbre propriétaire terrien, garde combien elle peut de son marin inexpérimenté, le vêtement orné avec dentelles de fleurs de Venise, une merveille d'il y a trois cents ans. La Rennselaer, une ancienne vêtue d'un velours violet, fait bonne figure avec un descendant des premiers colons. Un Sénateur est le cavalier de l'autre Rennselaer, en jaune, avec de l’or dans les cheveux et un cordon d'or à la ceinture. Una demoiselle King de fameuse maison, guide bien un autre général, qui ne sait rien des cotillons. […] Une Peyster, avec beaucoup de soie blanche, a un adroit cavalier (en) un peintre élégant, qui est une personne dans les salons. La Gerry, un brillant vivant sur un broché d’argent, danse avec un uniforme or et bleu. Ils dansent que deux figures, pour qu’il ne soit pas confirmé ce qui disent que les gens nobles veulent tout le bal pour eux […] (1)

Le paragraphe antérieur commence par Samuel B. Webb (1753-1807), qui a atteint le grade de général lors de la Guerre d'Indépendance. Par son courage et son intelligence il est arrivé à être aide de camp et secrétaire privé de George Washington. Robert R. Livingston (1746-1813), le suit dans l’ordre d'apparition, un de cinq élus pour rédiger la Déclaration d'Indépendance de son pays. Il a été le premier chancelier de New York entre 1777 et 1801, alors la plus haute charge judiciaire de l'état, c’est pour cette raison que le connait encore comme The Chancellor; en plus, il a fait prêter le serment présidentiel à George Washington, le 30 avril 1789. La troisième dame descend d’un aïeul non moins illustre, le Gouverneur Morris (1752-1816), qui a intégré le comité qui a élaboré le premier brouillon de la Constitution. Entre 1777 et 1780, il a été membre du Congrès Continental et il était à Paris entre 1788 et 1791, où il a été témoin de la Révolution Française, de laquelle il a laissé une constance dans un journal. Dans la période comprise entre 1792 et 1794, il a été ministre pour la France et, entre 1800 et 1803, sénateur des États-Unis.

La King appartient à un autre notable famille étasunienne, dont les membres ont eu une active participation dans la Guerre d’ Indépendance. Rufus King (1755-1827) a été délégué pour le Massachusetts au Congrès Continental et l'un des signataires de la Constitution des États-Unis en 1787. Son frère William King a été le premier gouverneur de l'état du Maine et son autre frère, Cyrus King, a été membre du Congrès des États-Unis.

Les deux Rensselaers représentent les Hollandais qui ont fondé la ville. Le premier membre connu de cette famille est Kiliaen Van Rensselaer (avant 1596 et après 1642), commerçant et marin. Son fils, Jeremías, et sa descendance ont constitué l'une des familles les plus puissantes et riches des États-Unis, laquelle a produit un grand nombre de législateurs, de congressistes et des gouverneurs de New York. D’autre part les dames apparaissent dans le texte d’Abraham et Johanness De Peyster, qui ont été maires de New York à la fin du XVIIe siècle.

Mademoiselle Gerry provient d’une autre illustre généalogie, étant descendante d'Elbridge Thomas Gerry (1744-1814), qui a été vice-président des États-Unis durant le gouvernement de James Madison et l'un des signataires de la Déclaration d'Indépendance.

Comme on peut le voir, dans ces pages de Martí le privé et le public, le banal et le transcendant, le salon luxueux et l'exploit héroïque, la danse et la réminiscence de la guerre s’entrelacent pour animer un texte d’une profondeur poétique et d’une réflexion historique qui résulte à la fois amène, informatif et toujours attractif.

Note :

1 - José Martí. Obras completas, tome 12, page 217.