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La rumba de fondement
Par Pedro de la Hoz Traduit par Alain de Cullant
La rumba a commencé à se forger dans les baraquements des esclaves jusqu’à devenir en l'un des emblèmes de l'âme cubaine. Proclamée Patrimoine Culturel de la Nation. elle aspire à égaler le tango et les mariachis, avec toute légitimité, comme Patrimoine Culturel de l’Humanité.
Illustration par : María Antonia Betancourt

Ce que l’on sait, ce dont on ne pose pas de questions, mais de temps en temps, et dans certains contextes, il faut le confirmer. La rumba, a-t-on déclaré à juste titre, se défend seule. Elle a commencé à se forger dans les baraquements des esclaves et dans les quartiers où vivaient les esclaves libres dans les villes, elle a grandi sur les berges des villes, parmi les gens humbles, noirs, mulâtres, blancs pauvres, elle s’est multipliée en diverses variétés musicales et styles de danse, elle a conquis les scènes nocturnes, elle est arrivée aux orchestres et elle a pris place dans les salons, elle est devenue visible et audible au cinéma et elle s’est convertie en l'un des emblèmes de l'âme cubaine qui est reconnue à Paris et Mexico, Rome et Madrid, New York et Tokyo, Sao Paulo et Helsinki.

Ce n’est pas par hasard qu’elle a été proclamée Patrimoine Culturel de la Nation une condition qu’elle partage avec le son, le dizain improvisé, le danzón et les tumbas francesas, et elle aspire à égaler le tango et les mariachis, avec toute légitimité, comme Patrimoine Culturel de l’Humanité, un processus qui, plutôt que tard, avec intelligence et raison d'être, devrait porter ses fruits.

Dans le cadre de la stratégie promotionnelle qui accompagne cette aspiration vient de terminer la « Route de la Rumba », une initiative partagée par le projet international Timbalaye avec le Ministère de la Culture, le Conseil National du Patrimoine Culturel, l'Union des Écrivains et des Artistes de Cuba (UNEAC), l’Association Hermanos Saíz (AHS) et la Fondation Fernando Ortiz, qui s’est déroulée lors de la dernière étapes des vacances estivales dans des institutions, sur des places et dans des rues de La Havane, Pinar del Rio, Matanzas, Cienfuegos, Trinidad, Camagüey, Guantanamo et Santiago de Cuba.

La rumba se défend seule, mais maintenant trois de ses arguments les plus dominants se confirment : sa véritable portée nationale, ses racines populaires et sa capacité à interagir avec les autres expressions artistiques. Comme nous l’avons déjà dit, ce sont des vérités connues, nécessaires non seulement pour accompagner l’espérée reconnaissance universelle de ses valeurs patrimoniales, mais aussi comme des signes de résistance devant un environnement sonore dans lequel, suite à l'imposition des modèles fabriqués par l'industrie culturelle hégémonique, où la médiocrité, la superficialité et la trivialité gagnent des espaces.

Chanter, danser, profiter de la rumba à Guanabacoa, ou dans la Loma del Chivo, de Guantanamo, est un acte d’affirmation de l’identité, rumbear avec les  vigoureuses et jolies jeunes femmes d’Obiní Batá dans le Pavillon Cuba ou dans la Maison des Caraïbes de Santiago de Cuba, la faire vivre dans une rue de Cienfuegos entre les tracés picturaux ou entouré par des danseurs de danse moderne à Camagüey, élève l'esprit.

Penser à la rumba renforce également. Les promoteurs de la « Route de la Rumba », Ulises Mora et Irma Castillo, ont dédié l’itinéraire afin de rendre hommage à la personne de don Fernando Ortiz, pour sa contribution extraordinaire à la justification et l'étude des racines qui ont forgé la culture de la nation. Les racines qui se lèvent depuis une passion de la rumba de base.