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Les places d'armes de l'Athènes de Cuba
Par Wilfredo Alayón Traduit par Alain de Cullant
La ville de Matanzas, connue depuis le XIXe siècle comme l'Athènes de Cuba par son important savoir-faire culturel, possède deux places d'armes : La Vigía et La Libertad.
Illustration par : María Antonia Betancourt

La ville de Matanzas, connue depuis le XIXe siècle comme l'Athènes de Cuba par son important savoir-faire culturel, possède deux places d'armes : La Vigía et La Libertad.

La première, qui possède également les dénominations de Colón et Estrada Palma, a dans son environnement le noyau fondateur qui a donné naissance à l'actuelle ville de Matanzas, tracée le 10 octobre 1693.

Selon un catalogue établi par les investigatrices locales Laura Martín et Maritza Cuba, elle doit son nom à l'emplacement de la Fontaine de la Vigia, construite en 1748 et démolie en 1862.

Selon les recherches, bien que la Plaza de la Vigía ait été conçue au XVIIe siècle, les constructions les plus importantes conservées à ce jour, dans leur majorité, datent de moments postérieurs à 1818.

Il faut prendre en compte que la période de splendeur de la ville commence à partir de cette année, une période impulsée par l'industrie sucrière, basée sur la main-d’œuvre esclave, et dont Matanzas a été un emporium au XIXe siècle.

Les immeubles importants sont celui de la Douane (1828) qui est devenu postérieurement le siège du Tribunal provinciale et où, aujourd'hui, se trouve l'assemblée municipale du Pouvoir Populaire (mairie). Il y a aussi la caserne des pompiers (1899) ; le Palais de Junco (1863), converti en Musée Provincial en 1959, et l’emblématique théâtre Sauto (Esteban, 1863), soumis à une complète restauration devant conclure l’année prochaine.

Dans le centre de la place se dresse le monument au Soldat Libérateur, et, autour de celle-ci se trouvent les immeubles abritant les Ediciones Vigía, la Galerie d'Art Pedro Esquerre et le département du Patrimoine et des Monuments.

La Plaza de La Vigía a été témoin d'événements historiques importants tels que la réconcentration, ordonnée par Valeriano Weyler lors de l’étape coloniale et l'installation du consulat des États-Unis lors de la période interventionniste. Elle a également accueilli plusieurs actes et rassemblements populaires en soutien à la Révolution, des foires du livre, des bals et, en 1974, dans le théâtre Sauto, le Pouvoir Populaire a été fondé, une forme de gouvernement qui a été étendu à toute l'île deux ans plus tard.

L’expansion urbaine à partir de 1800

Des historiens et des spécialistes soutiennent que dans le processus d'expansion urbaine qui a eu lieu dans la ville, c’est en 1800 qu’est tracé officiellement la deuxième Plaza de Armas.

Autour de celle-ci se trouvent des bâtiments d’une grande valeur architecturale et historique, tels que la maison où Domingo del Monte a commencé, à partir de 1834, ses célèbres cercles ; les hôtels Velasco et Louvres ; le Musée Pharmaceutique et la bibliothèque Gener y del Monte. On souligne également le Liceo artistique et littéraire, l’actuelle salle de concert José White, où a été joué pour la première fois le danzón Las Alturas de Simpson, la première œuvre musicale de ce genre dans l'île, ainsi que le bâtiment qui abrite le Gouvernement de Matanzas, achevé en 1853.

Mais l’oeuvre la plus significative et la plus importante est le groupe sculptural, inauguré en 1909, en l'honneur du Héros National cubain José Martí, qui inclut une représentation de la Liberté quand elle rompt les chaînes.

Cette même année elle a pris le nom de Plaza de La Libertad, et elle a aussi été témoin d’événements importants dans la vie locale, historique, politique et social, tels que le Serment de la Constitution de Cadix (1812), des cercles littéraires au début du XXe siècle ou le Serment de la Constitution de 1940.

Le 7 janvier 1959, des milliers d’habitants de Matanzas ont assisté à l'arrivée de la Caravane de la Liberté, composée des forces de la guérilla victorieuse provenant des zones orientales de l’île commandées par  Fidel Castro.

Une restauration en 1972 a permis à la Plaza de La Libertad de récupérer une partie de son tracé d’origine, de supprimer certains éléments anachroniques et d’en sauver d'autres, y compris la plantation de végétation semblable à celle de sa période initiale.