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Les évêques Valdés et Hechavarría dans la mémoire
Par Marta Denis Valle Traduit par Alain de Cullant
Jerónimo Valdés et Santiago José de Hechavarría, le premier espagnol et le second cubain, ont fait partie de l'Évêché de Cuba au XVIIIe siècle et ils ont laissé une forte empreinte dans l'Église catholique et dans la culture cubaine.
Illustration par : María Antonia Betancourt

Jerónimo Valdés et Santiago José de Hechavarría, le premier espagnol et le second cubain, ont fait partie de l'Évêché de Cuba au XVIIIe siècle et ils ont laissé une forte empreinte dans l'Église catholique et dans la culture cubaine.

Le frère Jerónimo Valdés (1646-1729), de l'Ordre de Saint Basile et ancien professeur de l'Université d'Alcala de Henares, a été Évêque de Cuba en 1706 en substitution du défunt Diego Evelino de Compostela (1635-1704), à cette charge depuis 1685.

En février 1704, il avait été désigné pour cette même fonction à Porto Rico, mais il ne l’a pas occupé car il a été désigné à occuper celle de Cuba, en décembre 1705.

Né en Espagne en 1646 – dans les Asturies ou la Galice selon différentes sources -, il est décédé dans ses fonctions à La Havane le 27 mars en 1729. Il était le fils de Domingo de Nosti y Toribia de Valdés et il utilisait préférentiellement ce nom de famille.

Prêtre à l'âge de 25 ans, il a accédé à la chaire universitaire pour ses notables études canoniques ; il a aussi été Maître de Théologie Sacrée et de qualificateur de l'Inquisition, abbé et provincial de son ordre.

Durant son évêché (1706-1729) Valdés a poursuivi la croissance institutionnelle initiée par son prédécesseur, Compostela.

On le rappelle pour avoir fondé le Séminaire de San Basilio el Magno (1722) à Santiago de Cuba, organisé l'établissement de l'Université de La Havane et, principalement, pour avoir créer, en 1710 à La Havane, la Casa-Cuna pour les enfants abandonnés, auxquels il donnait son nom de famille.

Lors de sa période en tant qu’évêque correspond la création du Collège de Bethléem (1712), l'hôpital San Lázaro (1714) et le Collège San José de La Havane (vers 1727) des pères jésuites, et aussi quelques nouvelles paroisses.

Bien qu'il désirât un centre supérieur d'études et aspirât à avoir une juridiction dans celui-ci, Valdés s'est opposé à la fondation de la Royale et Pontificale Université San Gerónimo de La Havane (1728), sous la direction de l'Ordre de Santo Domingo, dans le couvent dominicain San Juan de Letrán.

Santiago José de Hechavarría y Elgueza Nieto de Villlobos (1725-1790) a été l'unique mitré titulaire originaire de ce pays durant la colonie et le dernier Évêque de  Cuba, avant la création de l'Évêché de La Havane, en 1789.

À partir de ce moment, l'Évêché de La Havane a compris la juridiction de la moitié occidentale cubaine et de l'Île des Pinos, de La Floride et de la Louisiane, et celui de Santiago de Cuba, la partie orientale du pays.

En 1788, Hechavarría avait été désigné à cette même charge à Puebla, Mexique, où il est décédé à l'âge de 65 ans, le 20 janvier 1790.

Né à Santiago de Cuba, le 24 juillet 1725, il a étudié dans le Séminaire de San Basilio el Magno et dans l'Université de La Havane, dans laquelle il a été reçu docteur en Cánones et Droit Civil.

Ordonné prêtre en 1750, à la mort de Morell de Santa Cruz, il a été désigné substitut de l'archevêque antillais en 1769, et il a pris possession de la charge en 1770.

L'évêque Hechavarría transcende, parmi d’autres faits, pour avoir signer les statuts, en 1769, du fameux Collège/Séminaire de San Carlos y San Ambrosio, fondé par décret royal en 1773, et qui a atteint sa splendeur dans les premières décennies du XIXe siècle.

Les élèves pouvaient opter pour des carrières ecclésiastiques ou laïques ; vingt-quatre bourses de dotation ou gratuites étaient octroyées.

D'une famille aisée et d’origine basque, son grand-père paternel Mateo Hechavarría y Elgueza González a été sergent-major et gouverneur militaire du Santiago de Cuba, et sergent-major de Campeche, Mexique.

Son père, le sous-lieutenant José Hechavarría y Elgueza (1698-1753), était né à Santiago de Cuba et il a été régisseur et dépositaire général de ce conseil municipal ; alors que sa mère, Bárbara Gertrudis, était la fille de Luis Nieto de Villlobos, secrétaire et greffier royal.

La croissance du clergé créole

L'augmentation institutionnelle de l'Église catholique s'est aussi traduite dans la croissance du clergé créole, de 1680 à 1790, une période durant laquelle il y a eu lieu une alliance avec les producteurs qui ont apporté des fonds économiques et ont grossi les files des prêtres et des religieuses.

Durant le XVIe siècle le clergé existant à Cuba était presque entièrement espagnol et la plupart des évêques ont été moines.

Miguel Velázquez, métisse d'une Indienne et d’un Espagnol, est considéré comme le premier prêtre et maître né à Cuba ; fils d'un parent du conquistador Diego Velázquez. Il a étudié les disciplines ecclésiastiques à Alcala de Henares et à Séville, Espagne.

En 1612,  il y a douze curés paroissiaux, de ceux-ci sept nés à Cuba. Á la fin de ce siècle, le chiffre atteignait deux cent vingt-cinq prêtres, deux cent quatre moines et près de cent religieuses ; desquels une partie significative était créole.

La présence créole a été majoritaire au XVIIIe siècle, dans le clergé paroissial et dans les réguliers ; ceux nés dans le pays ont occupé d’importantes positions dans la hiérarchie ecclésiastique.

Compostela et Valdés ont créé les conditions pour ce développement.

En 1757, il y avait plus de mille religieux (572 séculiers, 484 réguliers et 154 religieuses).

Le premier Synode Diocésain (1680) s'est proposé d'améliorer la discipline et la moralité du clergé, auquel ont remarquablement contribué les évêques Compostela, Valdés, Morell de Santa Cruz et Hechavarría.

Il y a eu une relation de continuité entre ceux-ci, plus que dans le temps, pour leurs apports.

Á la fin de 1719, Pedro Agustín Morell de Santa Cruz (1694-1768), naturel de Saint-Domingue, a occupé, pour son talent, la deuxième charge après Valdés (Doyen de la Cathédrale de Santiago de Cuba), précisément dans le siège de l'Évêché de Cuba.

Le propre Valdés avait ordonné prêtre le jeune dominicain Morell, dans l'oratoire du palais épiscopal, le 24 avril 1718, et il l’a chargé de la visite de plusieurs villes de l'occident, entre celles-ci San Felipe y Santiago, Santa María del Rosario, Guanabacoa et de nombreuses cures.

En 1759, Morell, qui a assumé sa mitre en 1753, a nommé Hechavarría Proviseur et Vicaire Général de l'Évêché ; et évêque auxiliaire en 1768.

En 1762, après le départ des envahisseurs anglais, ce premier Évêque de Cuba né en Amérique, a laissé la charge du diocèse à Hechavarría.