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Le théâtre japonais des ombres équilibre l'art et l'humanisme à Cuba
Par Martha Sánchez Traduit par Alain de Cullant
La compagnie de théâtre Kage Boushi des ombres humaines du Japon s'est présentée à Cuba avec un spectacle rempli de valeurs telles que la reconnaissance, le sacrifice, le courage et le respect envers les personnes âgées.
Illustration par : Lisandra Isabel García

La compagnie de théâtre Kage Boushi des ombres humaines du Japon s'est présentée à Cuba avec un spectacle rempli de valeurs telles que la reconnaissance, le sacrifice, le courage et le respect envers les personnes âgées.

Il impressionne artistiquement mais le contenu mérite avant tout des applaudissements car les approches des contes sont des œuvres accessibles et utiles pour les spectateurs de n'importe quel âge, pays et formation.

Une des techniques du théâtre des ombres, la combinaison avec des marionnettes, a permis d'apprécier, dans le Théâtre National, deux contes infantiles : La grue reconnaissante et L'arbre du Mochi, les deux avec un merveilleux synchronisme entre la lumière et la musique. Le troisième conte, intitulé íQué levante la mano quien quiera divertirse! (Que lève la main celui qui veut s'amuser!), a offert des scènes près de la magie car les artistes ont utilisé tout le corps pour créer des figures ou des images parfaitement identifiables. Des autruches, des éléphants, des singes, des girafes, des poulpes, des calmars, des crabes, des yeux avec la pupille en mouvement,  des volcans, des arbres ou des ninjas apparaissaient et disparaissaient avec grâce et fluidité.

Les interactions entre les acteurs étaient vraiment sympathiques et illustratives des bénéfices de la complémentarité, c'est-à-dire du travail en équipe indispensable dans un théâtre comme celui-ci.

Le public cubain, très connaisseur du ballet, a offert une chaleureuse ovation à une danseuse qui s'est convertie en cygne au rythme de la musique que Camille Saint-Sens créé pour montrer la nature de cet animal mythique et qu'ensuite Michel Fokine a converti en un joyau de la danse.

Les techniques de théâtre des ombres prouvent trois axiomes, tout d'abord la proclamation du présentateur japonais quand il a averti : « l'ombre a la vie », en second lieu, l'universalité du langage du corps, si dominant que les mots ne sont pas nécessaires. Troisièmement, une chose très utilisée depuis l'antiquité, dans des batailles et dans chacune des périodes historiques de l'art, les peintres de la Renaissance, les impressionnistes, le meilleur scénographes du théâtre et les prestidigitateurs ont profité que souvent l’œil voit juste ce que l'on veut voir.

Par conséquent, la réalité peut avoir une trame immense, mais précisément ce jeu offre le charme de cette forme théâtrale assumée par Kage Boushi, un des groupes les plus célèbres du Japon, fondé il y a 47 ans, et reconnu comme ambassadeur culturel de son pays.

La salle Covarrubias du Théâtre National n'a pas été suffisamment grande pour un public désireux de voir le spectacle, plus de deux cents personnes n'ont pas pu entrer alors que d'autres ont accepté de voir la représentation debout ou assises dans les allées. Une fois à l'intérieur, personne n'a renoncé à la possibilité d'apprécier l'art.