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Francis Ford Coppola à Cuba : le cinéma est la plus haute forme d'expression que possède l'art
Par Susana Méndez Muñoz Traduit par Alain de Cullant
J'apprécie le cinéma de très nombreux pays, du Japon, de Suède, d'Italie, des États-Unis, de Cuba, de France : le cinéma appartient à toutes les personnes de toutes les nations.
Illustration par : Lisandra Isabel García

Francis Ford Coppola producteur, scénariste, viniculteur, hôtelier et metteur en scène de films tels que Le parrain (1972), Apocalypse Now (1978), Cotton Club (1984) ou Dracula (1992), parmi d'autres, se trouvait à Cuba, invité par l'École Internationale de Cinéma et de Télévision de San Antonio de Los Baños, accompané de ses enfants et de ses petits-enfants, avec une profonde et persistante préoccupation : L'avenir du cinéma, sur lequel il a conversé avec le journal Cubarte.

On a annoncé que vous allez avoir un échange avec les étudiants de l'École Internationale de Cinéma et de Télévision de San Antonio de Los Baños. Allez-vous réaliser une sorte d'évaluation de certains travaux cinématographiques de ces élèves ?

Oui, ils vont me montrer des travaux et je vais leur donner mes meilleures considérations, mais je suis particulièrement intéressé à répondre à leurs questions, voir quelles sont les tendances qu'ils travaillent et parler avec eux sur ce que sera l'avenir du cinéma, car je suis très intéressé à ceci et ces jeunes sont ceux qui vont réaliser le cinéma du futur.

Converserez-vous aussi de ce sujet avec des cinéastes cubains ayant de l'expérience ?

Je ne sais pas, mais je serais très heureux d'en discuter avec des réalisateurs déjà établis si l'école les invite.

Vous avez récemment reçu le prix Princesse des Asturies des Arts. Quelle place occupe cette reconnaissance parmi les nombreux lauriers que vous avez reçu pour votre carrière cinématographique ?

C'est un honneur merveilleux, mais je vais être honnête, bien que je les remercie je ne suis pas tellement intéressé par les prix et les décorations, mon objectif principal est l'avenir du cinéma, où nous allons et converser avec des jeunes cinéastes sur le cinéma, non seulement à Cuba mais dans n'importe quel pays, car il va au-delà de n'importe quel espace géographique, le cinéma est la plus haute forme d'expression que possède l'art.

J'apprécie le cinéma de très nombreux pays, du Japon, de Suède, d'Italie, des États-Unis, de Cuba, de France : le cinéma appartient à toutes les personnes de toutes les nations.

Si vous pouviez réaliser de nouveau Le parrain, et à partir de votre intérêt quant à l'analyse de l'avenir du cinéma, que ne feriez-vous pas ?

C'est une de ces questions auxquelles il est impossible de répondre car j'ai fait Le parrain quand j'avais trente ans, maintenant je suis une personne complètement différente. Je suis sincère, je ne me souviens pas comment j'étais à cette époque ; maintenant, je suis intéressé par quelque chose de beaucoup plus ambitieux que le cinéma commercial.

Quelle est votre opinion sur le processus de normalisation des relations entre les États-Unis et Cuba ?

Personnellement j'ai attendu ceci durant très longtemps ; je me souviens très bien du privilège de ma rencontre avec Fidel il a trente ans, lors de laquelle il m'a dit qu'il lui semblait que les relations s'amélioreraient avec le gouvernement du président Jimmy Carter. Je me suis senti très heureux, mais ce n'est pas arrivé ainsi.

J'admire beaucoup notre président Barack Obama, je pense que c'est un grand président, car sous son mandat ont eu lieu des événements qui ont amélioré la vie des personnes aux États-Unis, en termes de santé, d'autres garanties constitutionnelles pour tous, peut-être une véritable avance dans les relations avec l'Iran, et cette normalisation des relations avec Cuba est une excellente décision et... Oui, je soutiens cette idée avec beaucoup de bonheur.