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L’opéra à Cuba : Fascinant
Par Miraida Medina Traduit par Alain de Cullant
La Havane a été la scène pour l'opéra dès la fin du XVIIIème siècle.

« Fascinant, simplement fascinant » est le commentaire d'une personne lors du quatrième acte de Paradiso en se référant à la soprano espagnole María Barrientos, en allusion aux tournées réalisées au début du XXème siècle dans le Théâtre National, l’ancien Tacón.

 

Favorisé par la hausse des prix du sucre cubain après la Première Guerre Mondiale, son impresario Adolfo Bracale a contracté les principaux artistes de l'époque, comme Enrico Caruso, Tina Poli Randaccio, Gabriela Bazanzoni et Hipólito Lázaro. Ce n'était pas la première fois que cet espace accueillait de tels spectacles car, au XIXème, le capitaine général Miguel Tacón a stimulé le goût pour l'opéra, hypothétiquement plus diaphane pour la censure coloniale. Durant ces années, plusieurs œuvres ont été présentées, entre elles, Les Puritains, de Bellini, et La Favorite, de Donizetti. Marieta Gazzaniga débute dans La Traviata en 1857 et deux ans plus tard une autre Espagnole, Josefina Cruz de Gassier, a créé des expectatives en lui faisant concurrence devant un public divisé politiquement. Les créoles applaudissaient l’Italienne, et les péninsulaires leur compatriote.

 

Le répertoire des grandes figures qui ont connu la scène cubaine, payées alors avec l'or du sucre, ne devait pas être compliqué ; le public aimait les œuvres faciles à apprendre lors des veillées en famille, en plus de préférer celles du début du siècle. Cependant, en 1891, les œuvres Lohengrin, de Wagner, et Méphistophélès, de Boito, ont été présentées.

 

La Havane a été la scène pour l'opéra avant cette époque. Des tournées d'artistes européens ont commencé dès la fin du XVIIIème siècle, avec la construction du Théâtre Principal. Lors des premières décennies du XIXème siècle les Havanais ont joui des opéras de Mozart et de Rossini, assistant aux premières de Don Juan et du Barbier de Séville, entre autres. En 1834, la Mairie a engagé une compagnie italienne qui s'est présentée dans les théâtres Principal et Diorama jusqu'à 1836. En ce moment, des œuvres de Donizetti comme Anna Boleyn, L’Élixir d'amour et Lucia di Lammermoor.

 

La chute des prix du sucre à la fin de la Première Guerre Mondiale a déterminé la fin d'une bonne période de l'opéra dans notre pays, car les compagnies engagées se présentaient à Matanzas, Cienfuegos, Santa Clara et Camagüey. Le goût pour le genre s’était installé et se développerait pas à pas basé sur une des devises du personnage de Paradiso que commentait les arias de María Barrientos : « Travailler et entendre des bonnes voix ».