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Entre la mer et les montagnes
Par Heriberto Cardoso Milanés Traduit par Alain de Cullant
Un chant du poète à la ville de Santiago de Cuba.
Illustration par : Robin Sánchez Pau

L’orgueil de vivre réfugiés entre la mer et les montagnes vient peut-être des premiers aborigènes, les Siboneyes et les Subtainos et un certain attachement à la vie rurale, malgré le temps et la modernité.

Santiago de Cuba, avec son sang européen et africain, des blancs et des noirs, des maîtres et des esclaves, a appris le don du commandement, l'attitude créative, une langue riche pour le romance et l’aventure, le désir de travailler et d'avoir des enfants, la diversité des croyances et de la rébellion. Et un sens extraordinaire  pour danser, pour chanter l’amour et la liberté et pour distinguer les amis et des ennemis.

Aucune autre ville cubaine vit et rêve, ni est caressée avec l'étreinte montagneuse qui le pousse vers la mer pour lui offrir un climat légèrement plus chaud que le reste du pays. Mais il y a autre chose que cet enchantement de monter et de descendre des collines, dans n’importe quelles de ses rues étroites et coloniales il y a une architecture unique.

Généreuse en beauté et en aliments, la nature aussi semble avoir déposée des nutriments spéciaux sur cette terre, le café, le cacao, les mangues, les ananas, les zapotes et d’autres fruits, dont la saveur et douceur lui ont donné de renommée mondiale, comme le chant du poète. Et un poète se trompe rarement.

De plus, rien ne vaut que le soleil. Un soleil qui se déplace, chauffe le sang et invite au plaisir et à l’aventure. Pour vivre des nouvelles expériences et prendre une verre. Un soleil qui fait sentir que vous êtes dans un endroit différent, fait pour le plaisir.

Ce n’est pas par hasard que l'adelantado Diego Velásquez l’a choisi pour fonder, en 1515, la ville et la capitale de la nouvelle colonie espagnole.

Sa baie large et profond, assiégée par les commerçants, les pirates, les hommes aimant le travail ou les richesses, ou par des simples badauds, a toujours été une fenêtre ouverte sur les Caraïbes et le monde.

Ici l'étrange devient quotidien et fonde une famille. C’est ainsi qu’a surgit le créole santiaguero et cubain, une synthèse de tout : un être unique et inimitable, avec une invitation permanente au café table, au dialogue.

C'est peut-être pour cette raison que la majorité reconnaît que Santiago de Cuba est la ville la plus caribéenne et typique de la Grande Île. La plus accueillante et conviviale, la plus rebelle et courageuse, la plus gaie et traditionnelle.

Tous ceux qui veulent le vérifier peuvent parcourir Enramada, s’asseoir dans le Parc de Céspedes ou sur la Plaza de Marte, aller au Tivoli et à Los Hoyos, ou se promener dans la rue Heredia et parler avec les gens.

Il ne suffira que quelques minutes au visiteur pour comprendre qu’il ne connaît pas suffisamment Cuba, s’il ne vient pas ici, s’il ne vient pas dans le centre palpitant d'une ville comme il y en a peu ; dans le cœur de Santiago.