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Gonzalo de Quesada y Aróstegui : l’exécuteur littéraire de José Martí
Par Leonardo Depestre Catony Traduit par Alain de Cullant
Dans tout le pays abondent les rues qui honorent la mémoire d'un patriote dont le zèle à permis la préservation et la publication de la première édition des Œuvres Complètes de José Martí.
Illustration par : artistes variés

À La Havane, un grand parc situé entre les rues C, D, 5e et Calzada, dans le Vedado, porte le nom de Gonzalo de Quesada. À des centaines de kilomètres de là, au milieu du Casino Campestre de la ville de Camagüey, se dresse un buste de cet homme. Dans tout le pays abondent les rues qui honorent la mémoire d'un patriote dont le zèle à permis la préservation et la publication de la première édition des Œuvres Complètes de José Martí.

Bien qu'il soit né le 15 décembre 1868 dans la rue havanaise Luz, Gonzalo de Quesada provenait d’une famille de Camagüey, qui lui a assuré une magnifique formation aux États-Unis, où il a obtenu son diplôme d'avocat.

La vie à l'étranger, loin de sa patrie, n'a pas atténué son amour pour Cuba. José Martí l'a rencontré à New York, lors de la commémoration du 10 octobre 1889 : ce fut Quesada qui, ce jour-là, a présenté José Martí dans le Hardman Hall  et il a été aussi  le premier à l’appeler Apôtre.

Une amitié réciproquement partagée est née entre le forgeur de la nouvelle révolution et le jeune patriote. Un an plus tard, le 10 octobre 1890 et de nouveau sur la scène du Hardman Hall, José Martí a écouté les paroles élogieuses de celui qui était son disciple.

Gonzalo de Quesada a renoncé à une carrière sûre comme avocat, à une nomination de consul d’Argentine à Philadelphie et à la vie confortable pour se dédier à la propagande indépendantiste parmi les émigrés et son travail était tel que Martí, en fondant le Parti Révolutionnaire Cubain en janvier 1892, lui a assigné la charge de secrétaire.

C’est ainsi qu’il est devenu l'homme qui partageait tous les plans et les projets du nouveau parti avec Martí, et en un formidable collaborateur du journal Patria.

Quand le moment de l'insurrection est arrivé il a voulu s’incorporer à la lutte mais les intérêts du Parti Révolutionnaire exigeaient sa présence aux États-Unis, où il a servi comme substitut du Délégué José Martí jusqu'à ce que Tomás Estrada Palma occupe cette charge à la mort du héros à Dos Ríos, ratifiant Quesada au secrétariat du Parti.

La fin de la guerre et après une absence prolongée, il est retourné à Cuba. Durant le premier gouvernement républicain, il a été ministre plénipotentiaire aux États-Unis et ses services ont été déterminants dans les débats pour la reconnaissance de la souveraineté de Cuba sur l'Île des Pinos.

Dans le gouvernement de José Miguel Gómez qu'il a été ministre à Berlin, la ville dans laquelle il est décédé le 9 janvier 1915, il y a maintenant cent ans. Ses restes sont déposés à Cuba.

En plus des services qu’il prêté dans le domaine de la diplomatie et des nombreux articles, travaux et discours qui a écrit ou prononcé, il a eu l’honneur d'être le dépositaire de la papeterie de José Martí et le principal diffuseur de l’œuvre du maître. Dans l'introduction du Volume I des Œuvres de José Martí, Quesada a écrit :

« À l’occasion du cinquième anniversaire de sa consécration héroïque on publie ces pages – comme un guide pour de postérieures et plus durables éditions - comme la première pierre du monument qui a de soulever mon admiration et ma gratitude ».

Sauver et organiser les documents de Martí a été la plus grande contribution que Gonzalo de Quesada a faite aux Cubains. Il a publié quatorze volumes des textes de Martí. Il avait déjà préparé l’introduction du 15e avant de mourir, écrivant :

« En attente d’autres temps plus appropriés, d’autres circonstances plus propices, je me limite aujourd'hui à imprimer ces écrits chronologiquement – quand le permet la coutume du maître de ne pas dater ses lettres - et je me console en pensant à ses paroles : des œuvres plus que des lettres ».

Le disciple de José Martí, avec son savoir-faire, a prêté un service impérissable à la culture nationale et universelle.