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Lettres de Cuba: Mai 2015
Par Martha Sarabia Romero Traduit par Alain de Cullant
Cette édition rend hommage à José Martí à la occasion du 120 anniversaire de sa mort en combat à Dos Rios.
Illustration par : artistes variés

Cette édition rend hommage à José Martí à la occasion du 120 anniversaire de sa mort en combat à Dos Rios.

Rencontre ouvre la section avec l’article Martí et l’émancipation humaine du chercheur cubain Ibrahim Hidalgo. Il souligne que « Dans l'idéologie de José Martí, nous trouvons la pleine expression émancipatrice dans la conception de la pensée cubaine ».  Il affirme que la guerre contre le colonialisme espagnol était le seul moyen, imposé par la nécessité historique, d’atteindre les conditions pour fonder la République démocratique au moyen du développement d'une nation forte, unie, capable de se gouverner elle-même, sans les interférences extérieures, au service des intérêts des grandes majorités, au-dessus de ceux qui sont étrangers pour assurer l'indépendance et la souveraineté.

On publie la conférence José Martí, la croissance de l'esprit de la Dr Graziella Pogolotti. Elle fait l’analyse des deux journaux de l’Apôtre, celui de Montecristi à Cap-Haïtien et celui de Playitas à Dos Rios où elle constate que les deux documents historiques suivent une rigoureuse séquence chronologique et que l'écrivain arrive à la plénitude de son projet vital, capte l'instant insaisissable, alors qu'il invente une prose qui échappe aux coordonnées de son époque.

L’essayiste Leonardo Depestre Catony nous parle de l’amitié de Martí et de Gonzalo de Quesada y Aróstegui, celui qui est devenu son exécuteur littéraire dont le zèle à permis la préservation et la publication de la première édition de ses Œuvres Complètes.

En Interview  la journaliste Alina Perera converse avec Pedro Pablo Rodríguez. Dans ce dialogue Martí ne flotte pas, n’est pas une stèle ou un miracle. Ici il est l'homme en chair et en os qui palpite entouré d'êtres attachants. Il étonne comme la vertu possible. Cette merveille – sentir non seulement la grandeur mais la simplicité d’une personne qui semble d'une autre galaxie - est née de cette conversation avec le directeur de l'Édition Critique des Œuvres Complètes de José Martí et chercheur du Centro de Estudios Martianos.

Lettres présente La fantaisie et la réalité dans L’Âge d’Or  du chercher et de notre collaborateur le Dr. Salvador Arias. Il accentue que José Martí tente d'attraper le monde infantile dans ses essences. L'imagination dépend de l'expérience, et l’expérience de l’enfant va s’accumuler et augmenter graduellement avec des particularités profondes qui le distinguent de l'expérience des adultes.

D’autre part la Dr Carmen Suarez León nous approche aux lectures françaises de José Martí en faisant l’analyse de notes et des citations recueillies dans Cuadernos de Apuntes à propos de l’œuvre de Marie-Louise Gagneur. Les vierges russes dont les thèmes historique, politique et culturel du roman sont sans doute la raison principale de sa lecture.

Trésors nous fait parcourir la Playita de Cajobabo : un morceau de terre sacrée pour l'histoire : Pour Raiza Martin Lobo, être sur la Playita de Cajobabo, dialoguer avec la mer et regarder les énormes rochers et les falaises qui ont pardonné la vie à notre José Martí la nuit du 11 avril 1895, quand il a débarqué à Guantanamo, montre combien nous avons besoin de boire de la raison historique.

Mónica Corrieri et Elier Ramírez réfléchissent  sur un des grands et énigmatiques événements de l'Histoire de Cuba, la célèbre réunion de « La Mejorana », le 5 mai 1895, entre les trois grands cubains du XIXe siècle : José Martí, Antonio Maceo et Maximo Gomez.

Pour conclure Eduardo Vázquez Pérez aborde le fait historique du combat à Dos Rios. Les énigmes de ce jour quand notre Apôtre tombe en combat. Cependant il demande de voir l'homme au milieu du chaos de ses circonstances et sur la scène du drame.

Arts propose Martí : une dette de conscience du plasticien Manuel López Oliva. Pour lui, la présence de Martí fonctionne comme un indicateur des actions nécessaires, du système de pensée et du mandat de l'esprit, une source inépuisable pour le savoir-faire imaginatif et un signe qui hybride l’amour et le comportement social et culturel.

Le critique d’art Jorge R. Bermúdez offre des détails de la vie et l’œuvre du peintre de la mort de Martí. Le tableau La mort de Martí à Dos Rios a été conçu par Esteban Valderrama dans la première moitié de 1917 et exposé au Salon des Beaux-arts de 1918.

Lire Martí propose l’émouvante lettre inachevée de José Martí a son ami Manuel Mercado écrite le 18 mai 1895 dans le Campement de Dos Ríos.

Voici quelques extraits :

Je cours désormais tous les jours le risque de donner ma vie pour mon pays et pour mon devoir – puisque c'est ainsi que je le comprends et que j'ai assez de forces pour l'accomplir – qui est d'empêcher à temps, par l'indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s'étendent dans les Antilles et ne retombent, avec cette force de plus, sur nos terres d'Amérique.

Tout ce que j'ai fait à ce jour et tout ce que je ferai, c'est pour cela. Il m'a fallu le faire en silence et, disons, indirectement, car, pour pouvoir les réaliser, certaines choses doivent être occultes et si on les proclamait pour ce qu'elles sont, elles soulèveraient de trop rudes difficultés pour atteindre malgré tout le but.

L’illustration de ce numéro conçue par notre directeur artistique Jorge Luis Rodríguez Aguilar recueille des œuvres de nos artistes qui se sont inspirés de la vie et de l’œuvre de notre Apôtre.