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L’art au coin de la rue
Par Amelia Duarte de la Rosa Traduit par Alain de Cullant
La XIIe Biennale de La Havane revienne sur les places, dans les galeries, les salles d'exposition et les rues de la ville et un nouvel espace communautaire a été inclus dans sa route, celui de l'artiste Alexis Leyva Machado « Kcho » à Romerillo.
Illustration par : René Portocarrero

Il manque à peine un  mois pour que la XIIe Biennale de La Havane revienne sur les places, dans les galeries, les salles d'exposition et les rues de la ville. Le grand événement des arts visuels à Cuba fêtera son 30e anniversaire du 22 mai au 22 juin, dont le thème combinera l'idée et l'expérience.

Un nouvel espace communautaire a été inclus dans la route de la Biennale. Un projet ayant l’objectif de rétablir une relation directe entre l'art et la vie quotidienne qu’a développé l'artiste Alexis Leyva Machado Kcho à Romerillo.  

L'idée de convertir le quartier peu à peu en un Musée Organique (MOR) commence à devenir une réalité. Dans le marché, le magasin et dans le propres studio de Kcho (le Laboratoire pour l'Art), les résidents et les visiteurs peuvent reconnaître les œuvres d’importantes artistes internationaux comme Andy Warhol, Armand Guillaumin ou Spencer Tunick, ainsi qu'une partie de l'avant-garde cubaine incluant Wifredo Lam, Amelia Pélaez et des sculptures de Rita Longa.

« Le Musée est organique, car il sera liée inextricablement à la vie elle-même et cette organicité que l’art soit partout est importante. Nous allons convertir l’avenue 120 en un parc de sculptures, c’est pour cette raison que nous avons fait une transformation des caniveaux, des trottoirs et des arrêts de bus. Premièrement parce que nous voulons en faire un endroit intéressant pour que les gens qui l’empruntent, prennent le bus et qui arrivent à leur destination et, deuxièmement, parce que cela ne vaut pas le peine de placer une sculpture si la personne n’a pas un toit sous lequel se réfugier. Je veux que les gens se sentent comme dans la salle d'un véritable musée, avec toutes les conditions, et avec tout le respect qui est dû au visiteur, de plus nous allons mettre des cartes, des banderoles et des affiches éducatives permettant au spectateur de comprendre ce dont nous lui parlons », a expliqué Kcho.

Le musée (MOL) naît pour la Biennale, mais c'était un projet tourné vers l'avenir. « Nous voulons continuer à le développer comme une réalité afin que chaque action génère chaque jour plus de bien-être et d'espaces démocratiques pour que les gens puissent apprécier et développer les idées qui émanent de l'art. Le musée est ouvert à tous les publics », a précisé l'artiste.

Un an avec le Laboratoire pour l’Art

Ouvert le 8 janvier 2014 par le Commandant en Chef Fidel Castro Ruz, le Kcho Studio Romerillo (Laboratoire pour l’Art), est un projet d'utilité sociale, situé dans le quartier du Conseil Populaire Cubanacán, dans la municipalité havanaise de Playa.

Le noyau possède des espaces publics dédiés à la connaissance et de la culture : La bibliothèque Commandant de la Révolution Juan Almeida Bosque, avec un accès gratuit à Internet  et tous les moyens et les ressources nécessaires pour l'étude ; l'espace pour l'art La Nave ; la salle de théâtre Tocororo et celle d’art Martha Machado, qui ouvre ses portes à des expositions, des présentations de livres et d’autres activités culturelles.

Depuis son ouverture, il a reçu la visite de plus de 10 000 personnes, et même s’il a un impact très positif parmi les résidents et les étudiants, son administrateur dit qu'il reste encore beaucoup à faire :

« Actuellement nous travaillons pour étendre l'expérience à d'autres municipalités de la ville. Ce Laboratoire a suscité des intérêt et les gouvernements des autres municipalités de La Havane et même du pays ont communiqué avec nous pour voir comment nous pouvons transformer l'environnement à travers l'art.

Bien qu'ils soient des endroits différents, nous pouvons déplacer notre pratique et réaliser de nombreux espaces comme celui-ci, que se convertissent en une solution réelle depuis la culture. Il reste toujours beaucoup à faire, mais j'ai le bonheur - et le mot est vrai - que cela n'a pas été en vain, que c’était nécessaire. Il y a seulement une chose qui m'attriste un peu, c’est de ne pas l’avoir fait avant.

À Cuba, nous avons besoin de construire des formes honnêtes, intelligentes et courageuses qui montrent vraiment qui nous sommes et ce qui a été fait dans ce pays depuis plus de 50 ans. Notre sécurité découle du respect qu'a été construit envers le peuple. Je pense qu'il est inacceptable que les gens traversent la vie en regardant les désastres et en tournant le regard de l’autre côté quand, en réalité, nous pouvons faire quelque chose pour le changement… là est l'idée, continuer à construire pour atteindre les rêves ».