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Un livre qui manquait
Par Ricardo Alarcón de Quesada Traduit par Alain de Cullant
Présentation du livre ¿Quién mató al Che? Cómo la CIA logró salir impune del asesinato de Michael Ratner et Michael Steven Smith
Illustration par : Serlián Barreto

Présentation du livre ¿Quién mató al Che? Cómo la CIA logró salir impune del asesinato (Qui a tué le Che ? Comment la CIA a réussi à sortir impunie de l’assassinat), de Michael Ratner et Michael Steven Smith

Michael Ratner et Michael Steven Smith sont, en plus d'éminents juristes, de très actifs participants dans les grandes batailles du peuple nord-américain pour la justice et la liberté. Leur livre, dédié à Leonard Weinglass, qui a dédié sa vie, jusqu’au dernier souffle, à la libération des Cinq anti-terroristes cubains qui ont purgé des longues années d’injuste et cruel emprisonnement aux États-Unis, rend un hommage mérité à l'ami commun maintenant que nos héros sont revenus libres dans la Patrie. Lutter pour la justice dans ce pays signifie avant tout chercher la vérité et la diffuser dans les circonstances les plus difficiles, face à la dissimulation et la manipulation d'une puissante machine déterminée précisément à imposer l'ignorance à des millions de personnes.

Une tâche que Lenny (Leonard Weinglass),  Michael Ratner et Michael Steven Smith ont su accomplir infatigablement et avec cohérence.

Prouver qu'Ernesto Guevara a été assassiné par la CIA, que sa mort a été un crime de guerre – un délit jamais prescrit - et dont le gouvernement des Etats-Unis a été entièrement responsable a exigé une recherche persévérante. Après de nombreuses années de réclamation auprès des autorités pour que celles-ci observent ses propres lois en ce qui concerne l'accès du public à l'information, aujourd'hui, nous pouvons lire les documents qui, malgré les griffonnages et les tâches prétendant encore masquer de nombreuses données, révèlent au lecteur que les versions officielles sur le dernier combat d’Ernesto Guevara ont été délibérément déformées. Il s’agit de faire croire que Washington préférait que le Che, vaincu et prisonnier, continue à vivre et que le crime a été le résultat de décisions prises unilatéralement par les militaires d'une armée bolivienne qui était alors l'instrument docile de l’Empire.

On a beaucoup écrit sur le Che et sur son épopée bolivienne, et de nombreux auteurs se sont fait l’écho de l'interprétation fabriquée par les responsables de la « négation plausible ». À ce stade, quand l’assassinat sélectif, mais aussi massif, la pratique de la torture et les exécutions extrajudiciaires se sont convertis en une pratique généralisée d’une nouvelle façon de faire la guerre, le livre de Michael Ratner et Michael Steven Smith est un rappel opportun qu'un tel comportement a une longue histoire. Aussi vieux que celui d’utiliser comme simples outils des armées serviles et des assassins, en uniforme ou non, causant d'innombrables souffrances aux peuples de l'Amérique Latine sous les dictatures militaires que les États-Unis ont équipées, formées et dirigées.

Dans un ouvrage antérieur, publié en 1997 et également fruit d’une incessante recherche, les auteurs avaient révélé comment le FBI suivait les activités d’Ernesto Guevara, au Guatemala et Mexique, alors qu'il n'était pas encore le Che. Dans celui qu’ils nous offrent maintenant on peut vérifier que durant son épopée bolivienne il était suivi avec obsession au plus haut niveau à Washington.

La Central Intelligence Agency du gouvernement des États-Unis a été directement responsable du meurtre de sang-froid d'un jeune prisonnier, blessé et désarmé, répondant au nom d’Ernesto Guevara. Les exécuteurs matériels de cet acte lâche étaient des militaires agissant sous le contrôle de la CIA et obéissant à ses ordres sans broncher.

Cependant, certains ruminent encore leur frustration dans les rues de Miami ou dans leurs bureaux de Langley. Car ils n’ont pas pu tuer le Che. Le Che est toujours vivant et son message revient victorieux dans une nouvelle Bolivie et dans une Amérique Latine qui avance, sûre, vers la pleine émancipation.

Parce que le Che a lutté toute sa vie, à la tête de la liste que Bertolt Brecht nommait les primordiaux. Les primordiaux sont ceux qui sont là quant on a besoin d’eux, ceux qui sont présents, toujours en première ligne, quand la lutte est plus dure et plus complexe.

C’est pour cette raison que le Che vit. Parce que nous le nécessitons plus que jamais maintenant.

L’édition cubaine de cet ouvrage apparaît lors d’une nouvelle conjoncture, dans laquelle il nous faut plus que jamais la lumière guévarienne. Maintenant nous entrons dans une phase qui pose des nouveaux défis auxquels nous devons faire face avec sagesse et fermeté. L'adversaire historique de notre peuple n'a pas changé sa nature ni sa stratégie de domination, il a seulement changé de tactique. Car, et il le reconnaît, sa grossière et violente politique d'un demi-siècle a échoué, et maintenant il essaiera des méthodes qui prétendent être plus subtiles pour atteindre les mêmes fins.

Nous devons accepter le défi et avancer dans cette voie sans jamais abandonner nos principes. Et ne jamais oublier l’avertissement visionnaire du Che. Ne pas faire confiance aux impérialistes « ni même un petit peu… jamais ».

La Havane, 13 février 2015