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Lettres de José Martí à son ami mexicain Manuel Mercado
Par José Martí Traduit par Jacques-François Bonaldi
Je n'ai plus à vous présenter M. D. Carlos Carranza : je vous en ai déjà parlé et je sais que vous n'attendez que de le voir pour le servir.

N.Y., le [samedi] 9 février 1884

 

                Mon frère très cher,

 

                Je n'ai plus à vous présenter M. D. Carlos Carranza : je vous en ai déjà parlé et je sais que vous n'attendez que de le voir pour le servir. Il sait que vous êtes – en plus d'un homme de bien et de respect dans les choses publiques – le Mexicain le plus discret et le plus bienveillant, et vous savez par moi, et vous le verrez déjà par lui, qu'il est un exemple singulier de la façon dont on peut conserver, au milieu des arts du commerce et des mauvais conseils de la bonne fortune, l'ingéniosité, la fraîcheur de coeur et la grandeur d'âme.

                Je veux, si besoin était, que vous le preniez par la main très affectueusement, que vous le mettiez sur la voie de savoir ce qu'il souhaite et lui fassiez connaître tous les gens dont vous pensez qu'ils peuvent lui être agréables ou utiles. Carranza va à Mexico plus en promenade que pour affaires, mais si quelqu’une survenait, je vous affirme, par ce que je sais des siennes dans lesquelles je travaille, qu'il n'y a pas de commerçant plus scrupuleux et digne de foi, à en friser parfois l'incroyable.

                Voyez Carranza comme si vous me voyiez, moi, prenez-le par le bras, amenez-le saluer Lola de ma part et permettez qu'il vous fasse confiance comme à son meilleur ami au Mexique.

                Cela, vous aurez du plaisir à le faire, le gentleman que je vous envoie, à vous l'estimer, et moi, à vous en savoir gré.               

                Vous êtes en dette de lettres.

 

J. Martí

 

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Extrait  de: Martí, José. Il est des affections d’une pudeur si délicate…Lettres de José Martí

à Manuel Mercado. Traduites et annotées par Jacques-François Bonaldi. Paris, Éditions l'Harmattan, 2004,  p. 181.