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Le Cigare Libérateur : Un havane devenu histoire
Par Irene Izquierdo Traduit par Alain de Cullant
Cinq havanes ont été envoyés à Cuba en 1895 depuis les Etats-Unis, un apportait l’Ordre du Soulèvement pour poursuivre la lutte contre le colonialisme espagnol.

À partir de 2004, chaque mois de janvier, depuis que la Société Culturelle José Martí - à l'occasion du 5e anniversaire de la création de sa filiale à La Havane – ait convenu d’établir la remise du Cigare Libérateur, comme sa plus haute récompense, les mains agiles d'un  jeune torcedor (cigarier) ont la mission de le matérialiser.

Ce sont seulement cinq havanes de haute qualité, réalisés suivant les conditions similaires de ceux qui, à la fin du XIXe siècle, avaient la mission d’apporter à Cuba l’Ordre du Soulèvement pour poursuivre la lutte contre le colonialisme espagnol.

Quelle est l'importance historique de ce produit traditionnel ? Pourquoi l’a-t-on institué comme reconnaissance à de notables personnalités et organismes qui, pour leur carrière et leur talent ont réalisé d'importants apports à la culture et à la sauvegarde de l'identité nationale ?

Barbara Oliva Caraballo, présidente de la filiale havanaise de la Société Culturelle José Martí, parle de la fondation historique du fait :

« Après la complète récupération du revers de l'expédition de La Fernandina, le 29 janvier 1895, José Julián Martí Pérez, Délégué du Parti Révolutionnaire Cubain, a envoyé l'Ordre du Soulèvement. L’ordre a été signé conjointement par le major général José María - Mayía - Rodríguez y Rodríguez, à qui le généralissime Máximo Gomez Báez avait confié son « autorité et son pouvoir » et par le commandant Enrique Collazo Tejeda, en représentation des groupes révolutionnaires de l'île ».

Il fallait que l’Ordre arrive immédiatement aux mains de Juan Gualberto Gómez, à La Havane, mais avec une plus grande sécurité. Des mesures pertinentes ont été adoptées afin que Gonzalo de Quesada y Aróstegui puisse partir, comme porteur du document entièrement caché, de New York en direction de Tampa pour l’envoyer à la Patrie.

« Deux jours plus tard, précise Barbara, dans la fabrique de cigares O’Hallorans, de Cayo Hueso, Blas Fernández O'Hallorans a roulé cinq cigares exactement égaux. L’un d’eux, identifié par deux taches jaunes sur sa cape supérieure, portait le message de José Martí. Entre les mains de Juan de Dios Barrios, il est passé à Cayo Hueso et ensuite à La Havane ».

Le destinataire était Juan Gualberto Gómez Ferrer et celui-ci a envoyé des copies à tous les groupes, à Gullermón Moncada, Bartolomé Masó, Francisco Carrillo Morales et Salvador Cisneros Betancourt. Ce fut Quintin Banderas qui a proposé que le Soulèvement ait lieu le 24 février de la même année. « Giros aceptados ». a été le message codé envoyé par Juan Gualberto à José Martí, pour la reprise de la lutte libératrice que Carlos Manuel de Céspedes avait commencé le 10 octobre 1868.

Les spécialistes assurent que « cette façon surprenante et originale pour déjouer l'intelligence ennemie a commencé à se convertir en une histoire pour certains et en légende pour d’autres. On a commencé a appelé ce cigare Libertador (Libérateur), car il apportait en son centre l'étincelle de l'incendie qui ne s’est éteint jusqu'au 1er janvier 1959.

C'est pour cette raison que chaque mois de janvier, les travailleurs de l’Empresa de Envases ARCA, appartenant à TABACUBA, réalise avec leurs fines lamelles d'okoumé – un bois très semblable au cèdre, apporté d'Afrique – les étuis de ces havanes très spéciaux. D’autre par, le torcedor choisi parmi les meilleures feuilles de tabac de sa table celles avec lesquelles il va réaliser les cinq prochains Libertadores - portant à l'intérieur un fac-similé de l'Ordre du Soulèvement émit en 1895 -, destinés à honorer la carrière de notables hommes, femmes et institutions se dédiant à perpétuer, avec leur exemple, l’oeuvre du plus universelle des Cubains, José Martí.