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Vers libres
Par José Martí Traduit par Jean Lamore
On propose le poème Arabe, extrait de: José Martí. Vers libres. Édition bilingüe établie par Jean Lamore, Prologue de Cintio Vitier. Paris, Harmattan/Éditions UNESCO, 1997.
Illustration par : Raúl Corrales

 

ÁRABE

 

Sans pompe vaine ô Arabe! Je salue

Ta liberté, ta tente et ton cheval.

Comme l'on voit de la mer les sommets

De la terre, ainsi je vois dans ma mémoire

Mes instants de bonheur ; ce furent seulement

Ceux-là au cours desquels, seul, à cheval

Je vis l`aube, évitai les danger, franchis les monts,

Et au retour, comme toi, farouche et herueux

Ayant lâché la bride, assoiffé je vidai

Une écuelle de lait odorant.

 

                       Les hommes, mon cher Maure,

Valent moins que l'arbre qui abrite

Le riche comme le pauvre, ils valent moins

Que les dos impérial de ton cheval.

 

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Oh, le vers ne vient plus ainsi qu'il le faisait

Tel un collier de roses, ou bien à la façon

Du chevalier à la belle épée

Le corps tout entier revêtu de lumière:

Il vient comme le bœuf, vieilli et fatigué

De traîner le timon sur une terre sèche.

 

Extrait de: José Martí. Vers libres. Édition bilingüe établie par Jean Lamore, Prologue de Cintio Vitier. Paris, Harmattan/Éditions UNESCO, 1997. p. 78 127.