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Ibrahim Hidalgo Paz, une sorte d´aventure intellectuelle sur Martí
Par Astrid Barnet Traduit par Maria Elena Silva
Chercher du Centre des Études sur José Martí, un des historiens les plus importants du pays.
Illustration par : Raúl Corrales

Ibrahim Hidalgo Paz est le résultat d´une formation sur les idées de Martí produite non pas seulement de son intérêt par la lecture depuis son enfance mais aussi de son intelligence et de son stoïcisme personnel. Il possède un large anecdotier, dont la plupart sur  les premières années de la révolution triomphante-  qu´il arrive à mémoriser avec une sincérité que je qualifie d´arme très personnelle capable de combattre sans poses toute immodestie ou posture pseudo professionnelle. En tant que chercheur, il aime approfondir sur les sujets  et les problèmes inconnus, sur  les points pouvant être nuageux et que dans certaines occasions pouvant être inaperçus par d´autres, en même temps qu´un grand parcours l’accrédite comme l´un des historiens les plus importants du pays. Il a découvert  à Cubarte son aventure intellectuelle celle qui continue encore bouclier au bras, fierté de l´institution où il travaille, pour la formation et l´information de nos jeunes et avant tout pour continuer  à faire immortelle l´œuvre de notre José Martí. C´est Ibrahim Hidalgo une sorte d´aventure intellectuelle sur Martí.

Qu’est-ce que vous avez encouragé  à faire des études sur  l´Histoire ? La famille ? Votre formation ? Les circonstances ? Un moment dans votre vie ?

L’origine de mon intérêt pour l´Histoire je la trouve grâce à mes enseignants, j’étais un enfant, toujours encouragé par mes parents, je pense que ce lien famille- école a été fondamental. Bien que mes parents n´avaient pas une culture très élevée ils étaient très intéressés par les actualités dans les journaux, les revues et de tout les matériaux bibliographiques qui tombaient entre leurs mains, en même temps qu´ils m´offraient leur amour et leur dévouement à la lecture et à l´achat des livres.

Mes parents venaient de Sao de Hidalgos, une zone située dans la province orientale d´Holguín, mais mon frère et moi nous sommes nés à Holguín. C´est là où j´ai fait des études à l´école publique de la directrice Teresita  Urbino. C´était une institution très célèbre parmi les ressortissants de cette région par la qualité des méthodes d´enseignement  du professeur Urbino, en particulier  qu´appliquait une discipline très sévère, très rigoureuse et qu´encourageait ses élèves à la lecture. C´est de cette manière et aussi grâce aux programmes d’étude de l’époque, que je commence  à connaître  José Martí. Je me souviens qu´une fois j´ai reçu  un prix à la fin de l´année scolaire, c’était un petit portrait de notre Héros national.

J´ai eu des professeurs magnifiques pendant mes études supérieures à l´Institut de Segunda Enseñanza d´Holguín, où quelques uns étaient des conspirateurs très actifs contre le gouvernement de la tyrannie de Fulgencio Batista. Je n´oublierai jamais - j´étais encore étudiant et plus par imitation que par conscience révolutionnaire – mes camarades et moi nous avons  participé dans les grèves avec nos professeurs. Cette attitude par son caractère spontanée parfois mettait en danger la sécurité de nous tous et empêchait la bonne réalisation des actions. On n´était que des adolescents! 

Mais en même temps, toutes ces actions à caractère sociale et politique me faisaient pencher vers la lecture, je lisais beaucoup et j´analysais les lectures en profondeur. Je me souviens aussi des lectures dans la rubrique En Cuba de la revue Bohemia de cette époque, d´intérêt politique et social pour  de nombreux lecteurs de tout le pays. Plus tard et après le triomphe révolutionnaire, je me suis inscrit à l´École de Commerce (spécialité Comptabilité)  et en même temps j’intègre le corps des milices étudiantes intégré par les étudiants et les professeurs de ce groupe et de l´Institut de Segunda Enseñanza d’Holguín. Prendre partie dans les milices a beaucoup contribué à ma formation politique, c´était une période caractérisée par l´effervescence révolutionnaire, car les débats étaient intenses, dont la plupart parus sur la presse nationale  (journaux  Norte, Ahora, Revolución) et étrangères – certaines nord-américaines   en langue espagnole tels Life et Selecciones del Reader´s Digest, des lectures qui m´ont encouragé aux analyses politiques et bien sûr à l´étude de l´Histoire.

Puis, en 1960, avec la création des Milicias Nacionales Revolucionarias (MNR), tous ceux qui formions les milices étudiantes  sommes  passés à intégrer la Compagnie 108 à Holguín- c´était une compagnie légère de combat- celui que j´ai considéré une véritable école politique  et culturelle. Une vraie vie de campagne. Dans cette compagnie il n´y avait pas seulement des étudiants et des professeurs mais aussi des ouvriers et des paysans. Je me souviens que notre dirigeant était un militant du Parti Socialiste Populaire (PSP) appelé Milord, un homme qui possédait une vaste expérience par ses connaissances d´histoire et de politique qui à son tour nous incitait  à la lecture. Quelque temps après, vers la fin des années 60 et face à la situation de possible agression de la part du gouvernement des États Unis, notre bataillon –comme de nombreux bataillons du pays- est caserné. A ce moment nous sommes envoyés vers une zone de la chaîne montagneuse de l’Escambray pour combattre les groupes mercenaires qui s’y étaient installés (Lutte contre bandits). Sans aucun doute, toute cette expérience militaire a contribué au développement de mes lectures. Dont les œuvres littéraires soviétiques, Les Hommes de Panfilov, Les héros de la forteresse de Brest, Ainsi on trempait l’acier … et tant d’autres.

Vers la moitié du 1961, après la démobilisation militaire, j’étais pleinement convaincu de choisir mon chemin vers l’étude de l’Histoire. A cette époque on met en place un système  de bourses destinées aux jeunes démobilisés. Comme première option, j’ai choisie une bourse d’études liée au domaine de l’Electricité qu’avait lieu à l’école Hermanos Gómez (actuellement Instituto Técnico Militar), à La Havane. En revanche mes notes dans des matières comme les Mathématiques, la Physique et la Chimique n’ont jamais dépassé soixante-dix ou soixante-quinze points en même temps que je n’abandonnais pas mes lectures sur des sujets historiques. Quelques mois plus tard, j’ai saisi l’opportunité réelle –malheureusement liée à ma santé, notamment à l’asthme – je décide de déménager d’abord à Holguín puis à Santiago de Cuba. A ce moment là je m’inscris à l’Université de Oriente  dans la carrière Espagnol –Histoire (1961 – 1962). Plus tard, et à nouveau à La Havane, je m’inscris aux cours de L’École Nationale d’Instruction Révolutionnaire (ENIR) « Marx, Engels, Lénine ».  Dans cette époque je commence des études approfondies sur le marxisme à partir des œuvres telles Le Capital et La Dialectique de la Nature, ainsi que d’autres classiques. A l’ENIR je suis certifié Instructeur non diplômé.

Plus tard et de retour à Santiago de Cuba, je m’inscris dans la Maîtrise en Histoire à l’Université de Oriente  (année 1966 – 1967).  A l’époque, en tant qu’instructeur non diplômé, j’ai enseigné aux écoles de Médecine, Histoire, Mécanique, et au Pédagogique… Bref, je collaborais en tant qu’enseignant par tout dans l’Université de Oriente. Dans son sein j’ai rencontré le prestigieux intellectuel cubain Roberto Fernández Retamar, grâce aux fréquents déplacements afin de modérer des discussions, des conférences, des échanges et des débats culturels, et qui serait plus tard le directeur du Centre d’études sur José Martí (CEM).

Après avoir obtenu le diplôme en Histoire, en 1972, je travaille en tant qu’enseignant à l’école de Formation des Enseignants de Primaire Floro Pérez –anciennement Ecole Normale pour Enseignants de Santiago de Cuba – où j’enseignais les matières d’Histoire Moderne et d’Histoire Contemporaine, et où je côtoyais des excellents collègues.

Plus tard, ma vie change de cap, car je commence à travailler dans un bureau de projets historiques et de monuments, dirigé par le combattant révolutionnaire Arturo Duque de Estrada. Mon travail consistait en la réalisation de scénarios pour les musées. A ce sujet je me souviens du scénario que j’ai réalisé pour le premier montage du Musée de la Lutte Clandestine de Santiago de Cuba, pour lequel j’ai dû étudier beaucoup et faire beaucoup de recherches sur tout ce qui concernait la lutte révolutionnaire contre la tyrannie de Batista dans cette province – et ces études et recherches ont contribué dans l’actualité dans mon travail d’approfondissement dans l’histoire du Parti Révolutionnaire Cubain (PRC) et son côté secret -  et sur ses principaux dirigeants et combattants clandestins.

Je dois souligner que je me suis toujours définis comme un holguinero de naissance mais adopté par Santiago de Cuba. Je suis né –et je le dis toujours – à Holguín, mes premiers pas en tant qu’intellectuel dans le domaine de la culture sont partis de cette province, et à Santiago de Cuba, j’ai eu mon diplôme d’université et en même temps j’ai approfondis dans toute une série de recherches historiques.

A mon arrivée à La Havane en 1979, où j’habite depuis, avec ma famille, j’occupe un poste de scénariste (pendant une année) à la Rédaction de Cinématographie de l’Institut Cubain de Radio et Télévision (ICRT). Dans mon cas, je travaillais dans la section d’Histoire. Peu de temps plus tard, en 1980, j’ai l’opportunité de changer de travail pour le CEM. Concernant cette entrée je me souviens de mon travail, l’essaie  Origines de la pensée anti- impérialiste de José Martí, qu’a été corrigé (de façon très sévère) par l’écrivain et éditeur Ambrosio Fornet. Cette correction m’avait beaucoup aidé, car, plus tard, le directeur du CEM, Roberto Fernández Retamar, a décidé de le publier dans l’annuaire  de l’institution.

Pourquoi Martí ?

A l’époque où je suivais la quatrième année d’Histoire, à l’université de Oriente,  a lieu un séminaire-atelier (systématisé) sur la vie et l’œuvre de José Martí dicté par un prestigieux professeur Argeo Salas. Cet événement m’a captivé car notre Héros National a été étudié et ses œuvres ont fait l´objet de débats avec beaucoup de profondeur et rigueur scientifique et philosophique, tout en établissant le lien avec les questions de l’actualité nationale et internationale de l’époque. Cette période a été pleine de lectures de Martí, et l’importance de ce séminaire-atelier constitue le point de départ de mon travail de diplôme Origines de la pensée anti-impérialiste de José Martí, que plus tard à La Havane je rends à Ambrosio Fornet pour sa correction.

Recherche ou enseignement ?

Même si l’enseignement a un charme très particulier – et j’admire énormément mes collègues enseignants – dans mon cas, je ne pourrais pas dicter des cours de façon systématique. J’ai dirigé et dicté des formations initiales et continues au CEM, mais je reconnais que cela n’est pas être enseignant ou professeur. En ce qui concerne la recherche, et cela est lié avec les professeurs que j’ai eu pendant ma vie étudiante – dont, la Dr. Olga Portuondo, historienne de la Ville de Santiago de Cuba, les professeurs Ever Pérez, Argeo Pérez et Octaviano (Cuquito) Portuondo – chacun d’entre eux incitait à la recherche bibliographique et abordait les aspects fondamentaux des sujets non traités, des sujets troubles concernant les faits et les personnalités. Toute cette recherche de questions et  des problèmes peu connus ou inconnus sont devenus pour moi ce que j’appelle une véritable aventure intellectuelle. Produit de ce fait et de cette envie personnelle de perfectionner des méthodes, je décide de m’inscrire dans l’école des Lettres pour suivre le cours Techniques de recherche Bibliographique, dicté par le professeur Ricardo Repilado, très apprécié à l’université de Oriente pour son rigueur scientifique et son niveau intellectuel. Déjà avec ses outils de travail, l’aventure arrive à un point –identifié comme la muse chez les poètes – où elle devient une obsession.

Dans le cas du sujet Martí dans l’Histoire de Cuba, il est abordé comme si tout était déjà dit ou écrit sur lui. Or, ce n’est pas le cas. Dans mon cas, ce sont justement ces zones troubles ou peu connues que j’essaie d’aborder. De ce fait, par exemple, mes visites à l’Archive National sont fréquentes –accès ouvert aux spécialistes du CEM- et j’admire les professeurs qui occupent une bonne partie de leurs vacances à trouver des informations ou pour aller à la Bibliothèque Nationale José Martí. Dans cette institution,  la Collection Cubaine cumule un tel volume d’œuvres que ni deux ni trois vies seraient suffisantes pour aborder tout son contenu. 

De la même façon, je garde des souvenirs du premier CEM, situé au début dans la Bibliothèque Nationale, ainsi que de mes collègues. Tel l’intellectuel cubain Cintio Vitier, et son épouse Fina García Marruz, l’historien Luis Toledo Sande (le plus jeune du groupe), et de Roberto Fernández Retamar, intellectuel de vaste culture universelle, entre autres. Cintio et Fina se caractérisaient par une grande douceur envers les choses bien faites, et une grande sévérité envers les choses mal faites. Des années plus tard, quand le CEM s’installe dans son actuel siège, d’autres camarades ont rejoint le collectif, d’autres talents et de ce fait, une mine de richesse de connaissances.

Sur votre travail au sein du CEM jusqu’à nos jours…

A ce sujet je dois souligner un fait que je considère très important dans ma vie, lié à un projet de recherche de l’Institut de Géodésie et Cartographie (1981-1982) afin de travailler avec le CEM dans la réalisation d’un Atlas historico – biographique de José Martí. Projet pour lequel j’ai été choisi à l’époque par Roberto Fernández Retamar, directeur du Centre. Dans mon cas, jusqu’à ce moment là, j’avais étudié et fait des recherches sur plusieurs biographies de Martí, mais je n’étais pas connu comme un vrai critique ou pour avoir travaillé de façon systématique sur le sujet. De cette manière et pour la discussion et l’analyse de chaque carte (détaillée) j’avais l’habitude de me réunir lors de ateliers de travail avec l’excellent groupe de professionnels de l’Institut de Géodésie… tous les vingt jours. Ce collectif était dirigé de façon très certaine par un colonel appelé Yuis. Lors de ce projet je devais préciser les éléments concernant Martí qu’on pouvait transcrire sur une carte, et dans les cas où ce n’était pas possible, l’ajouter à la chronologie. De cette manière apparaît mon premier travail chronologique : à partir de la confection dudit Atlas (1). Cela m’a ouvert un grand domaine, déjà initié par l’historien Luis García Pascual (2), qui avait rédigé la première chronologie sur l’Apôtre et qui m’a servi de base pour ma recherche grâce à la rigueur de son travail et à la précision de chaque donnée apportée. De cette façon continuait mon aventure intellectuelle. Je savais en plus que Cintio Vitier avait une périodisation sur la vie de notre Héros National en ce qui concerne sa pensée politique. J’ai pris les deux travaux comme point de départ : celui de García Pascual et celui de Cintio, tout en essayant d’être le plus rigoureux possible dans ma recherche. Je n’oublie pas que le dit Atlas a été caractérisé par son niveau de détail, et par sa précision : Martí au Mexique, au Guatemala, aux États Unis…

Je n’abandonne jamais les études sur l’anti-impérialisme de Martí et le PRC, ce qui les menait de façon parallèle aux autres sujets, comme dans le cas de l’Atlas. De cette façon je publie des interviews et des articles  dans des journaux, des magazines, des livrets…jusqu’à l’apparition de la chronologie. La maison Editora Política était en charge de la mise en forme du livret sous le titre de Portrait biographique et chronologie minimale, qui comprenait un portrait de Martí écrit par Roberto Fernández Retamar  et une chronologie réalisée par moi-même. Il apparaît également Irruptions dans l’œuvre de José Martí, un travail que j’ai publié dans notre Annuaire, et qu’est un recueil de certains de mes articles.

De cette manière je découvre peu à peu mes domaines de recherc76yhe : la chronologie sur la vie et l’œuvre de l’Apôtre –recherche que je mène toujours – tout comme les sujets liés à sa pensée anti-impérialiste. Je voudrai préciser que chez lui on constate d’abord l’anticolonialisme, puis l’anti-ingérence et à la fin de sa vie, l’anti-impérialiste. Également que le Parti Révolutionnaire Cubain et le journal Patria. Je considère avoir travaillé considérablement dans tout cela.

D’un autre côté, parfois je suis agacé et triste de constater que certains camarades que commencent à écrire –et aussi des professionnels, mais dans une moindre mesure – le font comme s’ils étaient en train de tout découvrir maintenant, au point d’ignorer des publications et des travaux de recherche publiés depuis longtemps par des auteurs reconnus. A ce sujet je conseille à tous ceux qui souhaitent aborder le sujet du PRC et du journal Patria, de trouver la bibliographie spécialisée. Une bibliographie que comprend mes travaux mais non uniquement, mais aussi les travaux réalisés par d’autres historiens avec des œuvres très prestigieuses, tels Roberto Fernández Retamar,  Pedro Pablo Rodríguez, Diana Abad…Il faut leur montrer du respect, c’est une question d’étique, des principes et de dignité.

Êtes-vous une personne rigoureuse avec le temps et l’organisation dans votre vie ?

Si je ne suis pas rigoureux avec le temps et l’organisation dans ma vie je n’aurais pas pu faire la moitié, voire un quart de choses que j’ai réalisées. J’ai trois enfants à qui j’ai toujours prêtés une attention privilégiée, la même que je prête à mon foyer dans l’actualité. On peut faire tout cela –être un père, un époux, avoir une vie de famille – en même temps que la vie intellectuelle grâce à une organisation très stricte. Dans tout ce que je fais, j’essaie de mesurer le temps nécessaire et de l’analyser, en même je conçois une discipline de travail à partir d’un ordre rigoureux. Je pense que certains problèmes que nous avons dans l’actualité dans la vie économique de notre pays sont provoqués par l’absence d’organisation. C’est un problème assimilé par certains à des traditions ou des mœurs… mais il faut finir avec cela. Toutes les traditions ne sont pas bonnes, il y en a de mauvaises aussi. Comme c’est le cas d’une tradition (très mauvaise) provenant des temps de la colonie et reprise dans l’expression la loi s’observe, mais ne se respecte pas. A Cuba il y a des lois pour tout, mais malheureusement, certains fonctionnaires ne respectent que leur propre loi et cela affecte la vie professionnelle du pays.

Quel élément manquerait à votre travail actuel de recherche ?

Il me manque encore beaucoup de lectures et d’étude. Je dois davantage approfondir dans l’étude de la pensée politico – philosophique cubaine. J’ai un travail encore sans publier sur ce sujet pour cette raison, il concerne les antécédents historiques de la pensée de Martí : Varela, Luz y Caballero  et José Antonio Saco. C’est un domaine d’études et de recherche dans lequel, je répète, je dois encore approfondir. En même temps je dois reconnaître que j’ai des lacunes en ce qui concerne l’étape de la République, de 1899 avec la première intervention nord-américaine, jusqu’en 1959. Je pourrais le considérer comme une première période.

Vos commentaires sur les différends entre les trois Grands : Martí, Gómez et Maceo

Ces différends ont lieu entre 1884 et 1885, Martí a considéré que les méthodes employées pour la préparation de la guerre n’étaient pas les meilleures. Et en tant qu’homme honnête, bien élevé et convaincu de ses idéaux, il décide de se démarquer du Plan Gomez – Maceo. En ce qui concerne la façon de mener une guerre, ses perspectives, les idées de Gomez et de Maceo étaient erronées. Déjà en 1892 ce phénomène est dépassé, tout comme les avertissements contre Martí, de la part de Gomez et Maceo, sont résolues la même année. Il y a eu un rapprochement plus important entre Martí et Gomez –malgré l’écart d’âge- qu’avec Maceo. Ce dernier, du fait d’habiter le Costa Rica, a eu moins de contact avec Martí, mais en plus, lors de la préparation de l’expédition armée qui devait débarquer à Cuba, Maceo s’est senti mis à l’écart et agacé (à la dernière minute) lors que le commandement est confié à Flor Crombet. Cette situation est dépassée (en tant qu’agacement et irritation), à la Mejorana, et dans les jours qu’ont suivit la réunion dans le camp de Maceo. Il existe une mauvaise expression en même temps qu’un mauvais point d’analyse dans le sens où il faut rendre le caractère humain à nos personnages historiques, et je crois que c’est aux personnages de nous rendre notre humanité. C’est à nous de comprendre ces hommes, de comprendre leur grandeur, d´essayer de les suivre. Ils étaient des hommes avec une conviction patriotique tellement élevée, avec une formation et des principes d’éthique tellement ancrés et forts qu’ils ne pouvaient pas s’empêcher de parler avec la vérité. Et c’est dans ce point où se trouve la différence avec les temps actuels, où l’on trouve une grande quantité de simulateurs qui ne disent jamais ou ne montrent pas ce qu’ils pensent.

En ce qui me concerne, je me mets toujours dans des situations difficiles mais, dans ce sens, je suis un disciple de ces grands hommes. Il faut dire ce qu’on pense, et dire aux personnes ce qu’on pense d’elles ! Ces hommes faisaient comme cela. Et une fois cela fait, les différends disparaissaient, car l’honnêteté régnait. Et de cette façon ils continuaient leur vie et leur lutte pour la cause commune : l’indépendance de Cuba.

Je considère que la relation entre Martí, Gómez et Maceo était de ce genre. Une relation honnête et sincère où aucun des trois n’a perdu l’occasion de dire les choses telles ils les ressentaient.

D’un autre coté, quand j’ai fini le livre sur le sujet Trésorerie du PRC, sur le trésorier et patriote mambí, Benjamín Guerra, il n’y avait encore un seul livret ou de la bibliographie spécifique. En revanche, il était le deuxième homme du PRC. Entre 1892 et 1895 ont eu lieu des élections, résultant élus deux militants : José Martí y Benjamín Guerra. Cela donne la mesure de tout ce qui nous reste encore à étudier, et pour cette raison je ne me lasse jamais de rassembler de l’information au sujet de ce personnage historique en vue de réaliser (en première intention) une monographie minime.

Êtes vous heureux avec vos réalisations jusqu’aujourd’hui ?

Je suis heureux quand on publie un livre utile et bien sûr quand il est finalement épuisé. En revanche, après la publication, et après une révision, je me rends compte que j’ai pu être davantage exigeant avec les éléments grammaticaux employés, avec la langue. J’aurais voulu également approfondir dans le sujet de la culture populaire cubaine, en plus de lire et d’étudier un grand volume de livres scientifiques ; finaliser deux recherches liées aux origines de la pensée de Martí, avec son anticolonialisme, son anti-annexionnisme et son anti-impérialisme –en fonction de sa gradation dans le temps et l’espace-. En somme, j’ai beaucoup de matériel à l’attente d’être lu. J’ai encore beaucoup à faire !

 

Notes

(1) Chronologie sur José Martí, dont il a déjà publié deux en papier et deux en support numérique.

(2) Luis García Pascual. Travailleur brassier et historien autodidacte. Il employait son temps libre (de façon admirable) à l’étude et la recherche de l’œuvre de Marti.