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Lettres de Cuba : Janvier  2015
Par Martha Sarabia Romero Traduit par Alain de Cullant
Le nouvel an 2015 commence avec une immense joie. Nos Cinq Héros sont de retour à la Patrie.
Illustration par : Raúl Corrales

Le nouvel an 2015 commence avec une immense joie. Le 17 décembre 2014, nos Cinq Héros sont de retour à la Patrie. Nos frères René, Fernando, Gerardo, Antonio et Ramón sont libres. Ils ont chanté avec Silvio Rodríguez et nous avons chanté avec eux. Pendant des années nous avons publié dans notre revue des articles, de la poésie de Tony Guerrero, les images de son œuvre, des extraits d’un roman écrit en France. Les nouvelles de présentation des livres, des expositions, des documentaires ont été diffusées dans le journal Cubarte. Le vendredi 12 décembre, lors de la présentation de la nouvelle version du Portail de la Culture Cubaine au Musée des Beaux-arts de La Havane, Alain de Cullant et moi, nous sommes devenus les « prisonniers 2176 et 2177 » dans le cachot, une installation crée par le notable artiste cubain  Kcho car « Nous sommes tous les Cinq ». Aujourd’hui, on voudrait remercier tous ceux qui ont lutté dans le monde entier pour leur libération.

Rencontres dédie sa section à notre Apôtre José Martí à l’occasion du 162e anniversaire de sa naissance le 28 janvier.

La docteur Graziella Pogolotti dans son article Le père de L’Âge d’Or  souligne que l’œuvre est un programme pédagogique, le complément concret du projet formulé dans Notre Amérique et que la pensée pédagogique de José Martí se manifeste dans la relation respectueuse avec la personnalité, l'intelligence et la sensibilité de l’enfance.

José Martí, un écrivain classique est l’intervention spéciale de l’écrivain et président de la Casa de las Américas Roberto Fernández Retamar lors de la clôture du Colloque International « José Martí, écrivain de tous les temps ».

Le chercheur Salvador Arias García, membre de notre Conseil Éditorial, analyse les critères de José Martí à propos de l’œuvre du musicien José White. Pour Martí, le violoniste atteint un relief singulier en conjuguant la maestria artistique de premier niveau avec son statut de Cubain, de Mulâtre et de partisan de l'indépendance de son pays.

Dans Interview la journaliste Astrid Barnet converse avec  Ibrahim Hidalgo Paz, chercher du Centre des Études sur José Martí. Un des historiens les plus importants du pays. Elle affirme qu’Ibrahim Hidalgo Paz est le résultat d´une formation sur les idées de Martí produite non pas seulement de son intérêt pour la lecture depuis son enfance mais aussi de son intelligence et de son stoïcisme personnel.

Lettres propose aux lecteurs des extraits du roman Esclave à Cuba (Biographie d'un cimarrón) de Miguel Barnet et traduit par Claude Couffon. Ce roman publié par Gallimard en 1967 est une des œuvres les plus emblématiques dans la bibliographie de Miguel Barnet, ethnologue et président de l’UNEAC (Unions des Écrivains et des Artistes de Cuba). La note de la contre couverture signale : Esteban Montejo  est un «cimarron», c'est-à-dire un esclave noir fugitif, dans la Cuba coloniale et sucrière. Il a cent quatre ans lorsqu'en 1963 Miguel Barnet, jeune écrivain et ethnologue de La Havane, le découvre grâce à un entrefilet de presse et décide d'enregistrer ses souvenirs au magnétophone. Ce n'est pas seulement la vie dans les barracones des plantations, la fuite dans les montagnes, les appels à l'indépendance, la guerre de Cuba contre les Espagnols qui ressuscitent au fil de la mémoire longue. Mais c'est Esteban qui se détaille, vieil original individualiste et charmant qui égrène les travaux et les jours, la sorcellerie, les jeux, les châtiments, les ingénieurs, les brigands, les révolutionnaires et les superstitions.

Trésors s’ouvre à la Caraïbe à travers la voix de Beverly Manley. Ces témoignages recueillis par notre collaboratrice la journaliste Julia Mirabal nous dévoilent la pensée de cette femme de la Jamaïque.  Beverly Manley exprime. « Les femmes caribéennes ont le tempérament de leaders, mais comme dans d'autres parties du monde nous n’avons pas encore pris les rênes ».

D’autre part, on publie l’article  Les Inédits de l’histoire  de notre collaborateur Jean Maxius Bernard, Docteur en Anthropologie Sociale et Conseiller Culturel de l’Ambassade d’Haïti à Cuba, Il accentue que «  L’histoire de la colonie et de la révolution de Saint-Domingue, relatée par des formalistes ou des forgeurs de fantôme, est en grande partie déformée et banalisée. » Il aborde l’étude intitulée « Familias, Agregados y Esclavos…» de deux historicistes cubaines, Maria de los Angeles Meriña Fuentes et Aisnara Perera Diaz qui présentent les faits vécus dans la Ville de Santiago de Cuba à l’époque coloniale. Ces écrivaines rapportent l’histoire des familles de nègres libres au sein desquelles se rencontraient des esclaves ou des domestiques classés ou enregistrés comme tels.

Arts réserve son espace à trois grands artistes cubains des arts visuels : Fidelio Ponde de León, Raúl Corrales et Roberto Fabelo.

Fidelio Ponde de León est né à Camagüey le 25 janvier 1895. Dans son article Les nostalgies de Fidelio, Maite López Pino considère que : « Fidelio Ponce de León, peut-être comme Van Gogh, a souffert de l'incompréhension de la société dans laquelle il vivait et il s’est réfugié dans son univers intérieur. »

Le critique d’art Nelson Herrera Ysla nous approche à l’œuvre de Raúl Corrales (1925-2006), un des grands noms de la photographie cubaine du XXe siècle, Prix National des Arts Plastiques en 1996. L’œuvre de Raúl Corrales continue à impressionner pour son esthétisme, son humanité et cette prodigieuse subjectivité.

Pour Ortelio Rodriguez Alba, la peinture de Roberto Fabelo est un mystère encore à découvrir. Les visages de Roberto Fabelo sont nés d’un cauchemar ou d'une imagination vorace. Ils poussent sans temps pour le geste amical, encrés dans leur douleur ou absorbés par leurs terribles obsessions. Ils prennent vie comme sortis d’un caprice…

Ces sont, au moins pour l’auteur, certaines des impressions que l’œuvre de Fabelo lui produit, si proche du surréalisme et, à la fois, surpassant n’importe quelle étiquette que nous tentons d'imposer à son style personnel.

Lire Martí  propose le poème Arabe, extrait de : José Martí. Vers libres. Édition bilingue établie par Jean Lamore, Prologue de Cintio Vitier. Paris, Harmattan/Éditions UNESCO, 1997.

Ce numéro est illustré avec les images du photographe Raúl Corrales. On peut apprécier aussi des galeries des œuvres de Fidelio Ponce de León et de Roberto Fabelo.