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Un Léonard de Vinci au style Mick Jagger à La Havane
Par Mildrey Ponce Traduit par Alain de Cullant
Non seulement le grands maisons de production et en particulier le cinéma nord-américain sont les seuls capables de recréer des moments inspirés de la vie d'une personnalité historique comme Leonard de Vinci.
Illustration par : René Peña

Vinci, le nouveau projet de l'Institut Cubain de l'Art et de l'Industrie Cinématographique (ICAIC), se trouve actuellement en phase de tournage. Son directeur Eduardo del Llano est connu par une série de courts-métrages humoristiques sur la réalité cubaine, qu’il a filmé de façon indépendante.

 

Pour cette occasion Eduardo del Llano, qui est aussi le scénariste du projet, non seulement change de contexte en situant le film à Florence durant l'année 1476, mais il recrée un passage imaginaire du grand génie de la Renaissance Léonard de Vinci. En plus de l'époque et de la vie de l'auteur de la Mona Lisa, selon le directeur, ce moyen-métrage recherche l'utilité et les fonctions de l'art pour la société et dans ce sens, la beauté pour les personnes ordinaires.

 

Pendant une visite de Cubanow sur le plateau de tournage du film, dans la Forteresse de San Carlos de la Cabaña, Eduardo del Llano révèle quelques clés de son premier travail avec l'industrie du cinéma cubain.   

 

« L'idée part d'un projet dont j’ai été chargé il y a quelques années, celui d'écrire un scénario pour un film espagnol inspiré sur la vie du peintre. J’ai donc fait une recherche sur sa vie et sur son œuvre. Le projet a été interrompu postérieurement et je suis resté avec le scénario. J’en ai pris un passage, le moment où il a été emprisonné à l’âge de 24 ans, un point de départ pour recréer au moyen de la fiction ce qu'il est arrivé en prison. Le film, à son tour, permet de donner ma vision de la signification de la beauté et l'effet qu'il laisse dans nos vies ».

 

« Le film joue avec l'avantage de savoir qui a été Léonard de Vinci, c’est pour cette raison qu’il y a certains clins d’œil à l'œuvre postérieure du génie de la Renaissance », a signalé Eduardo del Llano.

 

Sur la complexité de recréer une scène et un moment historique si distant et différent à la Cuba d'aujourd'hui, le cinéaste a révélé :

 

« Non seulement le grands maisons de production et en particulier le cinéma nord-américain sont les seuls capables de recréer des moments inspirés de la vie d'une personnalité historique comme Leonard de Vinci. Ce film démontre que même si nous sommes cubains et malgré le manque de ressources matérielles, les figures universelles nous appartiennent aussi et que nous sommes capables de les aborder ».

 

« Nous utilisons un seul site, c’est pour cette raison que je suis obligé de me concentrer sur la direction des acteurs. Trois personnages interviennent seulement dans la majorité des scènes du film : Léonard est incarné par Héctor Medina, ses compagnons de cellule sont interprétés par Carlos Gonzalvo et Manuel Romero, Fernando Hechavarría assume le rôle du gardien de prison ».

 

Pour Héctor Medina, un jeune acteur de 21 ans, Léonard de Vinci est son second film, après le long-métrage Boleto al paraíso, du réalisateur Gerardo Chijona.

 

« Medina a résulté l'ingrédient qui manquait à ce projet, il est très facile à diriger et très créatif à la fois. Il est arrivé une semaine avant le début du tournage et pour l'aider dans sa préparation je lui ai fourni quelques vidéos de Mick Jagger, le chanteur des Rolling Stones. Léonard de Vinci a été bisexuel et homosexuel dans la dernière étape, et j'ai toujours pensé que Mick Jagger possède des manières ayant beaucoup de classe, c’est pour cela que j'ai proposé à Medina qu'il cherche par là pour construire le personnage. Le reste vient de son imagination », explique le réalisateur.

 

Sur la direction artistique et le défi qu’a signifié la production, le cinéaste a signalé :

 

« Vinci est un film sur la Renaissance dons nous avons veillé à fournir une tonalité qui s'approche de l'atmosphère de l'époque, entre le vert et le doré. Pour compléter le plateau nous avons utilisé des toiles qui ressembleraient à celles de cette époque afin de donner un aspect plus réel. Nous avons tenté que la caméra se déplace souvent pour que les scènes n'ennuient pas, car le film doit durer environ 45 minutes et que trois acteurs interviennent principalement dans les scènes ».

 

« Un des autre grands défis a été d'essayer d'approcher les personnages à la contemporanéité : afin que le public s'identifie avec eux ».

 

La musique du film sera composée par l’Argentin Osvaldo Montes, connu pour son travail dans des films tels que El lado oscuro del corazón et Cenizas del paraíso.

 

Le reconnu plasticien cubain Roberto Fabelo a été chargé de la création des peintures du jeune Léonard de Vinci.

 

Ce moyen-métrage compte une photographie du Prix National de Cinéma, Raúl Pérez Ureta, et une direction artistique de Carlos Urdanivia. La première est prévue pour la fin de l’année 2011.