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Lettres de Cuba: Novembre 2014
Par Martha Sarabia Romero Traduit par Alain de Cullant
Tous les deux ans, le 28 octobre, La Havane devient la capitale mondiale du Ballet.
Illustration par : Lázaro Luis García

Tous les deux ans, le 28 octobre, La Havane devient la capitale mondiale du Ballet car les prestigieuses compagnies, les danseurs et danseuses de renom offrent cet art au public cubain. Un art qui peut être considéré élitiste dans certains pays, mais pas à Cuba, grâce à la fondation de notre compagnie Ballet National de Cuba, un jeudi 28 octobre 1948, par Alicia et Fernando Alonso. 66 ans après ils ont accomplie l’historique mission de promouvoir un mouvement artistique professionnel devenu patrimoine culturel de la nation.

Rencontre ouvre la section avec l’article Pour Shakespeare, la danse  par Miguel Cabrera, l’historien du Ballet National de Cuba.  Le 24e Festival International de Ballet de La Havane, sous la direction d'Alicia Alonso, célèbre un anniversaire spécial pour la culture universelle : le 450e anniversaire de la naissance de William Shakespeare. La danse sous toutes ses formes, en particulier dans le ballet, pour être la plus ancienne de ses formes spectaculaires dans le monde occidental, a trouvé dans ses œuvres, qu’elles soient les tragédies, les comédies ou son œuvre lyrique, une richesse inépuisable pour la création. Le génie de Shakespeare a été présent dans le savoir-faire de la danse dans notre pays depuis près de deux siècles. Le legs de Shakespeare a toujours été présent dans l'histoire du ballet cubain.

La journaliste Julia Mirabal nous présente, dans la série de découverte sur les histoires des femmes de la région caribéenne, Euzhan Palcy, une cinéaste née en Martinique ayant une cinématographie engagée depuis sa création, une des rares réalisatrices noires dans le monde.

Le sentiment de solidarité prévaut dans la présentation de Carlos Alberto Más Zabala sur le livre de Michael Lapsley, Reconciliarse con el pasado, à propos de la longue lutte du peuple sud-africain pour son indépendance et son égalité raciale, de laquelle son auteur a été un de ses protagonistes. Le prête de l’église anglicane fait un travail patient et persuasif avec de petits groupes qui acceptent d’extérioriser leurs angoisses et leurs rancœurs au moyen de l’écoute, de la remémoration des traumatismes à travers le dialogue et avec l'aide du dessin qu’il appelle La Guérison des Souvenirs. Lapsley est également à la tête de la solidarité de son peuple en faveur de la libération des Cinq héros cubains de la lutte contre le terrorisme, détenus dans les prisons étasuniennes. Au mois d’octobre il a rendu visite, pour la 9e fois, à l’antiterroriste cubain, Gerardo Hernandez, qui purge depuis 16 ans une condamnation de deux peines à perpétuité plus 15 ans dans la prison de Victorville, en Californie.

Notre collaborateur Jean Maxius Bernard, Docteur en Anthropologie Sociale et Conseiller Culturel de l’Ambassade d’Haïti à Cuba, exprime les liens entre les fêtes champêtres et la religion populaire en Haïti. Il affirme « La religion populaire est l’expression concrète de la représentation cosmique du peuple et les fêtes champêtres, célébrées en hommage aux saints catholiques et aux « lwa » vodou, représentent les manifestations les plus grandioses de la religion populaire en Haïti. »

Interview   présente Viengsay Valdés, la « victoire » du Ballet National de Cuba du journaliste Fernando Ravsberg. Viegnsay est la première danseuse au Ballet National de Cuba, formée dès sa prime jeunesse dans l’école cubaine, qu’Alicia Alonso a fondée il y a 60 ans. Elle est une étoile qui a dansé sur les plus importantes scènes du monde. Dans le programme de ce festival on peut apprécier son talent dans les ballets La Belle au bois dormant et Le lac de cygnes parmi d’autres. La rédaction de la revue exprime un profond remerciement au journaliste Fernando Ravsberg qui nous a donné l’autorisation pour la publication de son travail.  Dans son courrier il a souligné être enchanté que son interview soit publiée dans ce numéro et il envoie ses vœux à notre grande danseuse.

Lettres publie des extraits de l’Autobiographie de Juan Francisco Manzano traduite et publiée par Alain Yacou. Paris, Karthala-CERC, 2004.

La note de contre-couverture signale : « L’œuvre de Juan Francisco Manzano intitulée Autobiographie est unique. C'est le seul témoignage de la main d'un esclave qui nous ait été conservé dans l'aire géographique caribéenne hispanophone au XIXe siècle. »

Grâce à la amitié de notre célèbre historien José Luciano Franco et du Professeur Alain Yacou, Directeur du Centre d’Etudes et de Recherches Caribéennes, laboratoire de IIIe Cycle de l’Université des Antilles et de la Guyane, on apprécie aujourd’hui la traduction et la publication de ce livre « Un esclave-poète à Cuba au temps du péril noir ; autobiographie de Juan Francisco Manzano (1797-1851) ».

Trésors propose les réflexions faites par la Dr Graziella Pogolotti à propos des caractéristiques et des faits propres de la ville de La Havane, la capitale de tous les cubains, dans son article « Habaneridad »

Le perron de l’Université de La Havane est un lieu historique car il est devenu une place importante lors des luttes estudiantines avant 1959, mais c’est un lieu aussi magique car les enfants rêvent un jour monter l’escalier pour y faire leurs études. Il est curieux de voir l’attente de centaines des diplômés pour se prendre en photos avec leur diplôme devant la statue de l’Alma Mater. Le journaliste Mario Cremata Ferrán dévoile aujourd’hui l’histoire de Chana Villalón : L’inspiration du sculpteur de l'Alma Mater, Mario Korbel (1882-1956), d’origine juive, qui est né dans l’ancienne Bohème. Il a choisi la jeune Chana Villalón, de laquelle il a pris le visage, la chevelure et le cou, pour réaliser son œuvre.

Arts rend hommage à l’actrice Hilda Oates, Prix National de Théâtre 2004 récemment décédée. Marilyn Garbey aborde, dans son article Hilda Oates : Le visage de María Antonia, la passion d’Obba Yuru, la présence de cette gloire du théâtre cubain dans deux œuvres d’Eugenio Hernández Espinosa. Elle a interprété le rôle principal lors des premières des mises en scène de Maria Antonia au début de sa carrière artistique en 1967 et en 2006, faisant ses adieux aux planches avec Las lamentaciones de Obba Yuru.

Le critique d’art Toni Piñera fait un éloge à María Eugenia Barrios  à l’occasion de ses 55 ans de vie artistique dédiés au bel canto avec des synonymes qui escortent son nom : amour, passion, professionnalisme, culture…

Lino Betancourt Molina raconte des anecdotes sur le musicien cubain Lorenzo Hierrezuelo qui a dédié toute sa vie à la musique cubaine en duos, trios et ensembles en tant qu'interprète et compositeur. Il a été lié professionnellement à Compay Segundo car, au début, le duo Los Compadres était intégré par Lorenzo Hierrezuelo « Compay primo » et Francisco Repilado, « Compay segundo ».

Le VIe Festival de Musique de Chambre vient de fermer ses portes avec un grand succès. Leo Brouwer a conçu un festival à son image, avec des musiques intelligentes, selon la devise du Festival, sans la moindre place pour la banalité, mais à la fois agréables et divertissantes

Selon le journaliste Pedro de la Hoz « Un Festival d'une telle ampleur n’est pas possible sans le pouvoir de convocation de Leo Brouwer. Mais il n'est pas possible sans le soutien logistique et financier du système institutionnel de la culture, qui a contribué à ce qu’un événement d'une telle complexité trouve sa meilleure place. Ce fut l'expression du respect et l'engagement de nos institutions avec celui qui est sans aucun doute le musicien cubain contemporain le plus reconnu universellement. »

Lire Martí publie Lettre de José Martí à Manuel Mercado, écrite à New York, le samedi 16 septembre 1882.  Extrait de : Martí, José. Il est des affections d’une pudeur si délicate…Traduites et annotées par Jacques-François Bonaldi. Paris, Mondadori, 2005. pp. 169-175.

Ce numéro est illustré avec les œuvres du plasticien Lázaro Luis García. On peut aussi apprécier deux galeries : Une sur la mise en scène du Ballet Shakespeare et ses masques lors de l’inauguration du 24 Festival International de Ballet de La Havane au théâtre Karl Marx et l’autre de la première danseuse Viengsay Valdés.