IIIIIIIIIIIIIIII
Lettres de Cuba: Octobre 2014
Par Martha Sarabia Romero Traduit par Alain de Cullant
Ce numéro est illustré avec les œuvres du peintre cubain Mario Carreño.
Illustration par : Mario Carreño

 La Havane accueille, jusqu’au 12 octobre, le 6e Festival de Musique de Chambre Leo Brouwer. Plus de 300 musiciens et artistes d'une douzaine de pays se présentent dans les théâtres, Martí, Mella et Karl Marx ou dans la Basilique Mineur de San Francisco de Asis, dans un rendez-vous dont la devise est : « Le mariage parfait des musiques intelligentes », mais qui veut toujours aller plus loin et fusionner tous les arts dans son programme comme l’exposition Pintura en acción, du célèbre peintre et sculpteur cubain Choco dans la Fábrica de Arte Cubano qui a ouvert les activités de cette sixième édition.

Après la clôture du Festival, les activités pour la Journée de la Culture Cubaine, le 20 octobre, commencent dans chaque endroit du pays pour fêter le premier chant de notre hymne national, à Bayamo en 1868.

La fête de la danse arrive du 28 octobre au 7 novembre à La Havane  avec le 24e Festival International de Ballet, un moment unique pour les échanges d'expériences entre les personnalités, les critiques, les experts et les impresarii de tout le monde. Miguel Cabrera, l’historien du BNC souligne que le festival fête son 54e anniversaire cette année, qu’il proposera 73 premières de chorégraphes nationaux et étrangers et que parmi les activités parallèles se trouve un cours spécial des techniques du ballet, conçu pour les professionnels, les maîtres et les étudiants de niveau avancé ainsi que des expositions, des conférences et un cycle de cinéma et de vidéo. On comptera une nouvelle fois avec la direction générale et artistique de la prima ballerina assoluta  Alicia Alonso, la principale promotrice de cet événement, dans lequel on attend la présence de près d’un millier d’invités.  Le festival est dédié à William Shakespeare à l’occasion du 450e anniversaire de sa naissance.

Rencontre ouvre cet espace avec la série de découverte : « Femme Karib » une proposition très intéressante de la journaliste Julia Mirabal qui explore la connaissance de notre région caribéenne à partir du témoignage des femmes. Elle souligne dans son article « Femme Karib » : Augustina Stout : « La Caraïbe inconnue garde encore des histoires inédites comme celles de ses femmes. »

Il y a quelques jours on a assisté à la première de Reembarque, le premier film de Gloria Rolando produit par l'Institut Cubain de l’Art et de l’Industrie Cinématographique (ICAIC). Susana Méndez Muñoz relate la rencontre avec la directrice du documentaire, un hommage au peuple d'Haïti et aux familles cubaines de descendance haïtienne, ainsi qu’un indiscutable tribut à la Révolution Haïtienne (1791 - 1804), la première de son type en Amérique Latine ayant obtenue son indépendance de la France, avec la proclamation de la République et l’abolition de l’esclavage.

Le Carnaval Haïtien : Une complexité socioculturelle de notre collaborateur Jean Maxius Bernard, Docteur en Anthropologie Sociale et Conseiller Culturel de l’Ambassade d’Haïti à Cuba, nous dévoile les caractéristiques spécifiques de ce fête en Haïti, patrimoine de nos peuples. Il exprime dans son texte : « Le carnaval haïtien présente en miniature toute l’existence du peuple haïtien : son histoire, ses connaissances, ses créations, ses moralités, ses vicissitudes, et même ses aspirations.»

Lettres  présente Les impures en français une collaboration de l’intellectuelle Zaida Capote Cruz à propos de la publication par la maison d’édition L’Harmattan, de Paris, en juin dernier, de l’un des romans cubains les plus lus depuis son apparition en 1919 : Las impuras, de Miguel de Carrión. L'édition française, avec une couverture du cubain René Silveira, a été réalisée par l’illustre hispaniste Jean Lamore, qui s’est chargé aussi de la traduction, et une présentation de Mélanie Moreau-Lebert

À propos de la publication d’un recueil de contes d’Alejo Carpentier avec des prologues et des annotations critiques à la charge d’Eduardo Becerra par la maison d’édition espagnole AKAL, la Dr Graziella Pogolotti dans son article Le retour aux contes d’Alejo Carpentier  affirme que : « L’œuvre de Carpentier garde les secrets qui se révèlent dans les ruisseaux qui alimentent un courrant mayeur et dans les lectures successives illuminées par des caractéristiques d'époque et par les perspectives esquissées à partir de chaque point de vue spécifique. »

Interview  présente l'arriêre arriêre petit-fils de Miguel Faílde qui est considéré le père du danzón au XIXe siècle. Au XXe siècle, le danzón est devenu la Danse Nationale de Cuba. Le journaliste Hugo García converse avec Ethiel Fernández Faílde, musicien, membre de l'Association Hermanos Saíz (AHS), âgé seulement de 22 ans, de grande taille, loquace et entreprenant, il est le directeur et flûtiste de l’Orchestre Typique Miguel Faílde, composé de 16 musiciens et il essaye de sauvegarder ce gendre au XXIe siècle avec toute sa splendeur.

Trésors  parcours les salles de la Basilique Mineure de San Francisco de Asís. María Victoria Pardo signale que cet ancien lieu de culte et de prière, aujourd'hui temple culturel par excellence, se trouve parmi les expressions le plus représentatives de la vocation humaniste et restauratrice du Bureau de l'Historien de la Ville de La Havane. Le grand programme culturel à l’occasion du 20e anniversaire de la Basilique Mineure de San Francisco de Asís, comme salle dédiée à la musique chorale et de chambre et comme Musée de l’Art Religieux commencera avec l'inauguration de l'exposition Révélations, du peintre, dessinateur et illustrateur Nelson Domínguez. Le Musée d'Art Sacré, unique en son genre à Cuba et inauguré le 4 octobre 1994, jour de San Francisco de Asís, thésaurise une exquise collection d’œuvres d'art religieux catholique, allant du XVIe siècle à l'époque contemporaine, comptant des images, de l’orfèvrerie, du mobilier, des pièces archéologiques et des peintures de différentes écoles ibéro-américaines, dont certaines appartiennent aux fonds du Musée National des Beaux-arts.

Arts invite à découvrir un documentaire sur le Viêt-Nam. Leandro Maceo révèle les expériences du tournage au Viêt-Nam de la reconnue actrice cubaine Isabel Santos en tant que réalisatrice de son second documentaire Viaje al país que ya no existe (Voyage dans le pays qui n'existe plus). C’est un hommage à Iván Nápoles, directeur de la photographie, qui, comme partie de son expérience dans le Noticiero ICAIC Latinoamericano, a filmé la guerre et la reconstruction du Viêt-Nam au côté de Santiago Álvarez dans les années 70.

Lino Betancourt Molina rend hommage au remarquable compositeur et arrangeur cubain Dámaso Pérez Prado qui a largement contribué à faire connaître au monde un des genres les plus populaires : Le Mambo.

Toni Piñera offre les détails de la création d’une de plus récentes œuvres de Moisés Finalé qu’occupe une place dans l'entrée de  la « Fábrica de Arte Cubano » : une pièce symbolique : la Vierge de la Fabrique.

Lire Martí  publie des Vers Libres : « Joug et étoile » traduit par Jean Lamore.

Ce numéro est illustré avec les œuvres du peintre cubain Mario Carreño.