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« Femme Karib » : Augustina Stout
Par Julia Mirabal Traduit par Alain de Cullant
La Caraïbe inconnue garde encore des histoires inédites comme celles-ci de ses femmes. D'où le nom de la série de découverte : « Femme Karib ».
Illustration par : Mario Carreño

La Caraïbe inconnue garde encore des histoires inédites comme celles-ci de ses femmes. Les voix des fondatrices et des spécialistes de nation ne sont pas toujours écoutées. Elles, les protectrices des traditions, de la terre où elles sont nées et qui refusent de perdre malgré les diverses métropoles. La femme est la nation caribéenne. D'où le nom de la série de découverte : « Femme Karib ».

Augustina Stout vie en Dominique, la dernière colonie des indomptables Indiens Karibs, persécutés et virtuellement exterminés après la conquête espagnole, les survivants sont réfugient là, sur la côte Est de la Dominique.

Pour moi, une femme représente beaucoup dans la Caraïbe, dans le monde, dans ce territoire caribéen. Je suis fière d'être une femme et je me sens unique.

J'ai trois enfants et les gens me respectent en tant que mère je suis, comme toutes les femmes du territoire caribéen et où que j’aille on me respecte.

Ma culture est très importante pour moi et c’est pour cette raison que je l’aime où que j’aille dans le monde je serai fière de ce que je suis.

Nous tenons préserver notre culture forte et vivante pour que tout le monde sache qu'il y a encore des Indiens Karibs et qu’ils vivent en Dominique.

Nous avons des liens avec les Caraïbes de l'Amérique du Sud, et nous avons également des contacts au Suriname, en Guyane, à Trinidad, au Guyana et à Belize.

Nous sommes allés récemment en Amérique du Sud et ceci a été une expérience extraordinaire pour moi.

J'ai beaucoup appris, je me suis fait de nombreux d'amis et j’ai trouvé des traditions que nous avions oublié, comme le pain et le vin du manioc, le tissus de parles, les vaisselles en argile et, aussi, une partie de la langue que nous avons perdu.

Maintenant je voudrai étudier la langue que nous avons perdue, la langue karib. 

Par exemple pour dire Bonjour, en langue karib, on dit  « MABRIKA » qui signifie « Comment vas-tu ? » et « NATARI » signifie jolie fille. « MABRIKA NATARI » signifie : « comment vas-tu jolie fille ? »

« KINOU KAY KARAHI » veut dire : « comment allez-vous ? »

Et je répondrai ; « ITI KAY KARAHI » c’est-à-dire : « je vais bien »…

La population du territoire karib est maintenant de 4000, presque 5000 personnes. Il est vrai que nous sommes assez modernisés, on se rend compte que la modernité gagne du terrain.

Maintenant, les enfants préfèrent les boissons gazeuses, la nourriture américaine, les macaronis au fromage, certains même ne veulent pas manger des plats traditionnels, comme le pain de yucca, la farine ou d'autres choses. Ils préfèrent ce qui vient d'Amérique, comme le pain de mie, ils boivent du Coca Cola…

Pour ma part, je suis fière de mes enfants et j’aime les conseiller, pour les éduquer, maintenant, dans la tribu karib.

Et j'espère qu'un jour ils étudieront notre culture, notre langue, nos traditions, de les préserver dans le sein du peuple karib, de la nation karib.

Quant à notre artisanat, nous faisons des tissus, des paniers et d’autres objets. En général, si vous allez sur les lieux de vente ici en Dominique, vous trouverez beaucoup d'objets différents.

Je les fais aussi, je fais des tapis, des bracelets, des mouchoirs…

En ce qui concerne la nation, nous élisons un chef tous les cinq ans et à la fin de ces 5 années s’il a bien rempli sa mission, il peut continuer. Mais s'il ne remplit pas bien son rôle on le révoqua, on vote contre lui et  un autre est élu.

Le chef est entouré de six conseillers provenant de différents villages. Ce territoire karib est composé de huit des villages : Concorde, Synécure, Bataka, Crayfish River, Saint Cyr, Salybia… Chacun de ces villages possède un représentant, un conseiller qui s’occupe d’un secteur différent, pouvant être le sport, l’éducation, la santé… Et si ces conseillers ne font pas bien leur travail ils sont révoqués et d’autres sont élus. Le rôle du chef est de protéger, de protéger le peuple Karib, de protéger notre terre, notre nation, parce que s’il ne le fait pas les étrangers viendront et occuperont sa place ; et nous-mêmes, peuple Karib, nous pouvons nous révolter et les combattre, car il n'a pas le droit de faire ceci, c'est-à-dire permettre que les étrangers s'installent ici…

Si nous permettons que cela continue, dans les prochaines années, il n’y aura plus de Karibs, plus de terres, car notre terre est gratuite. Ici, nous n'achetons pas la terre. Nous sommes un peuple libre, nous faisons ce que nous voulons. Nous construisons nos maisons où nous voulons, nous ne faisons pas d’emprunts à la banque. Nous construisons nos maisons sur notre terre et personne ne peut rien nous dire, qui que ce soit, à l'exception du chef.

Mais nos traditions spirituelles ont été perdues à cause de l’arrivée de Christophe Colomb. Les européens sont venus et ils ont dit que notre religion, nos traditions spirituelles n'étaient pas bonnes, que les leurs, la religion catholique, le catholicisme était le meilleur. Maintenant, nous essayons de faire revivre nos traditions spirituelles.

Personnellement, je ne vais pas à l’église. Je crois en ma propre spiritualité, la chose la plus importante dans la vie est d’être soi-même, d’avoir une haute estime de soi-même, que les gens le respectent.

Il y a beaucoup de choses que je voudrais faire dans ma vie. Je voudrais être un modèle dans ma collectivité, être un leader.

J’aimerai être un jour chef des Karibs, une femme chef des Karibs.