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Le film « Boccaccerias habaneras » d’Arturo Sotto
Par Rolando Pérez Betancourt Traduit par Alain de Cullant
Le film « Boccaccerias habaneras » est une autre vision de notre vie quotidienne depuis un accent humoristique qui, par son vol artistique indéniable, remplira les salles de cinéma.
Illustration par : Ángel Silvestre Díaz

Le film Boccaccerias habaneras est en grande partie une autre vision de notre vie quotidienne saisie depuis un accent humoristique qui, par son vol artistique indéniable, remplira les salles de cinéma.

Il n’y a aucun humour lourd quand aux aspects critiques que pourrait avoir n'importe quelle société (et qui sont très connus dans notre cas), mais ces observations sont intégrées aux histoires humaines dont le but est de séduire depuis une sensualité allègre et imaginative.

Le recours de la jouissance fut utile à Boccaccio et le directeur Arturo Sotto reprend la source. Trois histoires partant de la rencontre d'un cinéaste - orphelin d'idées et interprété par le propre réalisateur - avec des personnes qui assurent thésauriser des expériences dignes d’être écoutées et payées en espèces sonnantes et trébuchantes.

Comme dans les comédies italiennes des années 1970, le spectateur sortira du cinéma en valorisant des préférences autour de ces trois « confessions intimes » qui, même si elles partent d’un même fil conducteur, ont été filmées sous différents tons narratifs sans pour autant négliger l'un des mérites du film, le scénario, aussi en ce qui concerne ses aventures que dans la construction des personnages.

S’il s’agit de goût je m’incline pour la première histoire, Los primos (Les cousins), et pour la troisième, La historia del tabaco (L’histoire du cigare), dans laquelle la débutante Yudith Castillo (talent et voix) devient une présence globale dans une trame où le suspense et l'érotisme s’entrelacent pour raconter les manigances d'une femme prête à conquérir un jeune nouvellement entré dans un fabrique de cigares.

L’histoire Los primos, qui commence Boccaccerias habaneras, dispose d'un humour corrosif et aborde les aspects de la société liée avec le pouvoir de ceux qui « ont le plus » sur la base de « l’invento » (la débrouillardise) et elle ridiculise également les personnes se dédiant à faire des festivités qui font pâlir le roi du mauvais goût. Ici il y a aussi une réflexion très sérieuse sur les réalités humaines et sociales qui ne sont pas loin des inspirations que Boccaccio a laissé chez de nombreux auteurs de la Renaissance pour le temporel de la question.

La seconde histoire, No te lo vas a creer (Tu ne vas pas le croire), ne manque pas de quelques bonnes passages mais l'intrigue résulte un peu rocambolesque et par moments une improvisation recherchée apporte moins que ce qui est désiré.

S'il n'y a aucun doute que tous ceux qui iront voir Boccaccerías habaneras ne seront pas déçus car le rire intelligent sera toujours un bon prix.